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Argentine: Le coup d'Etat du 24 mars 1976, une blessure non guérie

25 Mars 2016, 11:21am

Publié par Bolivar Infos

Par: Orestes Pérez Pérez (Cubadebate, 24 mars 2016)

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Visiter le "Parc de la Mémoire" face au Río de la Plata dans le nord de la Ville de Buenos Aires, érigé à la mémoire des victimes du terrorisme d'Etat est émouvant et bouleversant.

Ses murs impressionnants sur lesquels sont inscrits les noms des milliers de personnes arrêtées, disparues ou assassinées pendant ces années mais surtout lors de la dernière dictature militaire (1976-1983) sont une preuve de la douleur qui envahit encore toute la société argentine.

Aujourd'hui, 24 mars, c'est le 40° anniversaire du coup d'Etat qui a endeuillé toute l'Argentine et marqué définitivement son histoire à venir. Les historiens et ceux qui étudient cette étape la considèrent comme la plus obscure de l'histoire nationale.

Dans la matinée de ce jour tragique, les Forces Armées renversèrent le gouvernement de María Estela Martínez de Perón, le seul élu démocratiquement qui restait dans le Cône Sud et instaurèrent une Junte Militaire dirigée par le Lieutenant Général Jorge Rafael Videla, l'Amiral Eduardo Emilio Massera et le Brigadier Général Orlando R. Agosti, qui a gouverné le pays jusqu'en 1983.

Pendant ce premier jour et pendant plusieurs années, des centaines de travailleurs, de syndicalistes, d'étudiants et de militants politiques furent enlevés chez eux, sur leur lieu de travail ou dans la rue. On instaura l'état de siège et la loi martiale et des patrouilles militaires furent implantées dans toutes les grandes villes. On estime que 9 000 personnes ont été assassinées et que 30 000 ont disparu.

Les images émouvantes de ces années ont parcouru le monde. la censure de fer qui a été établie n'a pas réussi à l'empêcher. Des films argentins comme "L'histoire officielle" du directeur Luis Puenzo et "La nuit des crayons" (une série de 10 enlèvements et assassinats d'étudiants du secondaire survenus dans la nuit du 16 septembre 1976 et dans les jours suivants à La Plata (capitale de la province de Buenos Aires) du réalisateur Héctor Olivera, maintes fois primés, racontent des épisodes de ces années noires.

Le gouvernement des Etats-Unis n'était pas étranger à ces événements. Les historiens eux-mêmes estiment que le coup d'Etat avait été préparé minutieusement depuis 1974 et que le Département d'Etat états-unien en était infirmé 12 mois avant qu'il ne se produise.

Peut-être dans les prochains mois connaîtra-t-on des détails sur ces événements si - comme l'a annoncé récemment le président nord-américain Barak Obama lui-même - des centaines de documents de cette époque sont déclassifiés.

Le Congrès de la Nation Argentine n'instaura le "Jour National de la Mémoire pour la Vérité et la Justice" (loi 25.633) que le 2 août 2002 et le 24 mars comme jour du souvenir des victimes de la dictature.

5 ans après, le 7 novembre 2007, après plusieurs polémiques et désaccords, fut inauguré le "Parc de la Mémoire" qui - sur 20 hectares - héberge le Monument aux victimes du Terrorisme d'Etat, surtout celles de la longue dernière dictature militaire. a la cérémonie étaient présents des autorités nationales et de la Ville de Buenos Aires et des représentants des organismes des droits de l'homme.

Actuellement, il y a des commémorations dans tout le pays dans lesquelles des groupes de droits de l'homme, des étudiants, des habitants des quartiers, des artistes et le public en général se réunissent pour se souvenir des événements qui ont marqué l'histoire de cette nation. Des grand-mères et des mères de disparus cherchent encore les êtres qui leur sont le plus cher.

Les ex fonctionnaires de l'ambassade de Cuba en Argentine Crescencio Galañena Hernández et Jesús Cejas Arias furent victimes de cette politique. Ils furent enlevés au croisement des rues Arribeños et La Pampa, dans le quartier de Barrancas de Belgrano, le 9 août 1976, seulement 5 mois après le coup d'Etat militaire, torturés et ensuite assassinés.

Jesús et Crescencio ont été prisonniers dans le centre de tortures et d'extermination “Automotores Orletti”, à Buenos Aires, où étaient amenés la plupart des étrangers enlevés dans le cadre du Plan Cóndor et leur corps ont été retrouvés en 2012 dans un endroit inhabité près de l'aéroport de San Fernando, à 20 kilomètres au nord de Buenos Aires et rapatriés à Cuba.

source en espagnol:

http://www.cubadebate.cu/noticias/2016/03/24/golpe-de-estado-del-24-de-marzo-de-1976-una-herida-sin-curar/#.VvT0MYTQkRE

URL de cet article:

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/03/argentine-le-coup-d-etat-du-24-mars-1976-une-blessure-non-guerie.html