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Brésil : Le procès politique est une élection indirecte

Publié le par Bolivar Infos

Granma, 29 avril 2016

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Brasilia – Le présidente du Brésil, Dil­ma Rousseff, a dénoncé vendredi le fait que le procès politique contre elle n'est rien d'autre qu'une élection indirecte qui cherche à détruire les acquis sociaux obtenus ensemble avec le peuple brésilien.

Lors d'une rencontre avec les professionnels de la santé du programme social Plus de Médecins, la présidente a assuré que ceux qui organisent la procédure contre elle cherchent à arriver au pouvoir en laissant de côté le vote de 54 millions de citoyens.

La chef de l'Etat a qualifié de ridicule l'accusation contre elle et a affirmé qu'elle a travaillé en faveur de la majorité des Brésiliens.

« Ce que nous, nous avons fait, c'est de garantir les programmes sociaux, il y a en réalité une procédure contre qui est un coup d'Etat », a-t-elle noté.

Rousseff a rejeté l'accusation de la droite sur le détournement de fonds publics et a assuré que sous son Gouvernement ona rems l'argent aux programmes sociaux pour s'occuper des besoins du peuple.

De même, elle a réaffirmé qu'elle lutte pour garantir les conquêtes historiques de la population brésilienne et que la démocratie est importante.

« J'ai la certitude que la démocratie sera toujours du bon côté de l'histoire », a-t-elle déclaré à la fin de son allocution.

La défense de Dilma Rous­seff a présenté ses attendus devant la commission spéciale du Sénat Fédéral brésilien qui continue à siéger pour décider s'il approuve ou non le procès politique.

La commission a entendu l'avocat général de l'Etat José Eduardo Cardozo et les ministres des Finances Nelson Barbosa et de l'Agriculture Katia Abreu qui ont insisté sur el fait qu'il n'y apas de base légale pour engager une procédure contre Rousseff.

Barbosa et Abreu ont présenté des arguments techniques tandis que Cardozo se chargeait de a partie la plus politique de la défense et réaffirmait que c'est un coup d'Etat qui est en marche.

Cardozo a insisté sur la nullité d'une procédure qu'il a considérée comme « viciée » dès le départ.

L'avocat général de l'Etat a dit que la « nullité d'origine » réside dans le fait que le président de la Chambre des Députés Eduardo Cunha à qui la Constitution accorde le pouvoir d'initier une procédure contre un président, a agi par « vengeance » en acceptant les plaintes.

Cunha, adversaire de la présidente et accusé de corruption a engagé les démarches quand le Parti des Travailleurs (PT) a soutenu l'ouverture d'un procès contre lui, a soutenu Cardozo.

« C'est un détournement de pouvoir clair qui rend nulle la procédure dès le début » et la trandforme en « coup d'Etat », a assuré Cardozo bien que les démarches pour un procès politique soient dans leur phase finale.

Un des arguments qui, à son avis, peuvent amener à « annuler » la procédure est que celui qui instruit l'affaire à la commission du Sénat, Antonio Anastasia, appartient au parti d'opposition de la Social Démocratie Brésilienne (PSDB) ainsi que l'un des signataires de la plainte.

« Le PSDB présente la plainte et le PSDB instruit cette procédure, ce qui porte atteinte aux garanties dûes à la défense et devrait amener à une suspension immédiate », a-t-il déclaré.

L'accusation s'appuie sur des manœuvres comptables qui ont modifié les budgets par des décrets et ont permis d'accumuler des dettes et de contracter des crédits à la banque publique bien que la législation l'interdise et sans que cela ne soit reflété dans les bilans du Gouvernement.

Cardozo a insisté sur le fait ue cela, au pire, peut supposer une « faute administrative » insuffisante pour une destitution et pour la énième fois, a souligné qu'un « impeachment sans délit est un coup d'Etat ».

La commission du Sénat qui analyse ce cas établira un rapport qui sera soumis au vote le 6 mai prochain.

Si le rapport recommande l'ouverture du procès politique et est approuvé par plus de la moitié des 21 membres de la commission, la balle sera dans le camp du Sénat qui, vers le 10 mai, se prononcera en session plénière à ce sujet.

Au cas où une majorité simple des 81 sénateurs approuverait la procédure, Rousseff devra abandonner sa charge pendant les 180 jours que peut durer le procès et sera remplacée par le vice-président Michel Temer.

Si Rousseff est finalement destituée, Temer terminera le mandat qui s'achève le 1°janvier 2019.

Source en espagnol :

http://www.granma.cu/mundo/2016-04-29/rousseff-juicio-politico-es-una-eleccion-indirecta-29-04-2016-19-04-26

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/04/bresil-le-proces-politique-est-une-election-indirecte.html