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Brésil : Et maintenant, quoi ?

12 Mai 2016, 17:35pm

Publié par Bolivar Infos

Telesur, 11 mai 2016

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Au moment où j'écris, il ne manque que quelques heures pour que le coup d'Etat parlementaire, judiciaire et médiatique au Brésil soit consommé comme au Honduras ou au Paraguay. Peu importe que la plupart des intellectuels, des artistes et des mouvements sociaux aient manifesté contre pendant des semaines, qu'aucune personnalité prestigieuse du Brésil ou du monde ne l'ait soutenu.

Brésil : Et maintenant, quoi ?

L majorité du Sénat du Brésil approuverait ce matin, malgré l'absence de fondement juridique, le procès politique ou impeachment, contre la présidente Dilma Rousseff. Elle, et il faut insister là-dessus, n'a pas commis de « délit de responsabilité », un présupposé requis par la Constitution pour ouvrir un procès politique.Le procédé est tellement évident et scandaleusement grotesque que même la fétide OEA et son oscillante Commission Inter-américaine des Droits de l'Homme ont émis des réserves. Non, le dévouement et l'ardeur de son secrétaire général pour servir l'impérialisme contre le Venezuela sont clairs.

En supposant que la présidente ait fait la faute qu'on lui impute, cela ne dépasserait pas une petite infraction administrative qui ne mérite pas une mesure de cette importance, de l'avis d'éminents avocats brésiliens. Les protagonistes de cette conjuration atroce et décadente : une Chambre des Députés et un Sénat dont la majorité est composée par des profiteurs et des ignorants, des représentants non des intérêts de leurs électeurs mais des intérêts des grandes affaires : ceux de l'agro-business, ceux qui plaident pour l'industrie des armes et les entreprises de sécurité privée ou la pittoresque et obscurantiste confrérie des pasteurs et des activistes de Pentecôte.

Presque tous liés à de grandes transnationales comme Monsanto y Syngenta ou à de gigantesques empires financiers comme celui de George Soros, Goldman Sachs et d'autres de la même espèce, des gestionnaires – avec la complicité ou la protection de Washington – de coups d'Etat, de guerres civiles et de la démolition de pays.

Il faut ajouter une fournée de juges vénaux et un Tribunal Fédéral Suprême qui servent, sauf exceptions, qui les paie le mieux. Une autre force décisive, et c'est le véritable état major du coup d'Etat, au niveau national, la revue Veja, membre du réseau de médias Globo et les journaux O Estado de Sao Paulo et Folha de Sao Paulo. Au niveau international, une grande partie de la mafia des médias a participé au lynchage de Dilma, de Lula et des gouvernements du PT mais la palme revient aux Britanniques Financial Times et The Economist et à l'Etats-unien The Wall Street Journal. Leur nom dit tout.

Il faut faire un peu d'histoire. Le gouvernement néolibéral de Fernando Enrique Cardoso a laissé à celui de Lula une profonde crise économique, une inflation débridée, une dette publique astronomique, un tissu social déchiré, un Etat désorganisé, des inégalités en augmentation et des injustices abyssales qui affectent le pays depuis des siècles. L'injuste distribution de la terre en est une. Une autre, la loi électorale qui empêche la participation du peuple. Pour le syndicaliste et pour Dilma, il a été très difficile de gouverner.

Pour faire avancer leur ordre du jour social, ils ont réalisé une alliance et des accords avec des secteurs et des partis bourgeois et des convenencieros et dans ces conditions, ont affronté une attaque féroce de la droite et de la grande presse oligarchique qui a tenté de priver Lula de ses droits en 2005. Malgré tout, la gestion du PT a obtenu 3 fois l'aval des électeurs lors de 3 élections présidentielles successives, y compris la réélection la plus plus fustigée de Dilma en 2014, avec une marge plus juste que lors des électiosn antérieures mais atteignant le très respectable chiffre de 54 millions de voix, plus de 3 millions de plus que son rival Aécio Neves.

Face à la réalité du coup d'Etat, il reste beaucoup à faire. Il faudra lutter comme l'ont dit Lula et Joao Pedro Stedile et toutes les personnalités du Mouvement des Sans Terre, du Bloc Brasil Popular, Brasil sin Miedo, de la centrale ouvrière CUT, de la UNE et de l'intéressant soulèvement de la Jeunesse. Les putschistes manquent de consensus sauf dans l'élite et dans le secteur fasciste de la classe moyenne.

Il faut bien profiter des 180 jours que e Sénat a pour finir le procès contre Dilma. Persuadet avec des manifestations massives le nombre de sénateurs nécessaire pour imposer son acquittement au vote final. Ouvrir un débat national sur la monstruosité qui est en train de se dérouler et sur le projet d'un pays désiré, capable de conduire à la défaite du coup d'Etat mais aussi à une Assemblée Constituante avec une réforme agraire, une réforme politique et une loi sur les médias qui permette un élargissement important de la démocratie.

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/bloggers/Brasil-y-ahora-que-20160511-0004.html

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