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Brésil : Les étrangers qui manifestent contre le coup d'Etat seront arrêtés

13 Mai 2016, 16:38pm

Publié par Bolivar Infos

Par Santiago Gómez, Desde Florianópolis / Resumen Latinoamericano/ APU. 11 mai 2016-

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

La Police Fédérale a ordonné les étrangers qui participent à des manifestations contre le coup d'Etat au Brésil. L'Université Fédérale de Minas Gerais a reçu une lettre de la Police Fédérale lui ordonnant de faire se présenter au commissariat une professeur étrangère qui a des activités politiques et syndicales. La persécution a commencé.

Le Statut de l'Etranger interdit aux étrangers de participer à toute activité politique et pour n'importe quelle raison sous peine d'être expulsés du pays. La Fédération Nationale des Polices Fédérales a diffusé une note de presse car elle a cru nécessaire de rappeler l'interdiction suite aux informations disant que des Vénézuéliens, des Argentins, des Paraguayens et des Péruviens seraient entrés dans le pays pour manifester contre le coup d'Etat contre la présidente Dilma Rousseff. Cette loi date d'avant la réforme de la Constitution de 1988 et était considérée comme non conforme à la Constitution.

Le 7 avril dernier, la Police Fédérale de l'état de Minas Gerais dont Aécio Neves qui affronta Dilma au second tour des élections fut gouverneur, a envoyé une note de presse au recteur de l'UFMG pour lui demander de faire se présenter la professeur italienne Barbato pour qu'elle rende compte à la justice de ses activités syndicales. La loi nº 6815/80 du Statut de l'Etranger stipule dans son article 107 que l'étranger admis surle territoire national ne peut avoir aucune activité de nature politique ni s'immiscer directement ou indirectement, dans les affaires publiques du Brésil, étant interdit en particulier :

1.d'organiser, de créer ou de conserver des sociétés ou toute entité de caractère politique bien qu'elles aient uniquement pour but la propagande ou la diffusion, exclusivement entre compatriotes, des idées, des programmes ou des règles d'action de partis politiques du pays d'origine.

2.D'avoir une action individuelle avec des compatriotes ou non pour obtenir, par l'action conjointe ou contrainte de n'importe quelle sorte l'adhésion à des idées, à des programmes ou à des règles d'action de partis ou de factions politiques de n'importe quel pays.

3.D'organiser des marches, des parcours, des actes et des réunions de toute nature ou d'y participer.

10 jours plus tard, la Fédération Nationale des Polices Fédérales a envoyé une note à la presse suite aux informations sur l'entrée « d'étrangers venus du Venezuela, du Pérou, d'Argentine et du Paraguay pour protester contre la destitution de la Présidente Dilma Rousseff de dimanche prochain 17 » dans laquelle elle rappelait l'interdiction de participer à des activités politiques et que la loi établit comme peine éventuelle l'expulsion du pays. Le syndicat des polices s'est occupé de rappeler à ses membres que « le contrôle migratoire des étrangers au Brésil est l'activité de police qui revient souverainement à la Police Fédérale. Les étrangers qui seraient trouvés en train de participer à des mobilisations contre la destitution de a présidente doivent être arrêtés et remis à la Police Fédérale ».

« Nous vivons, au Brésil, un moment de crise politique intérieure mais nous nous ne devons pas cesser de prendre osin de notre souveraineté. Des étrangers qui entrent dans le pays avec pour but particulier de participer à des manifestations politiques sont une menace pour le Brésil, une violation du Statut de l'Etranger et cela affecte les institutions de contrôle comme la Police Fédérale » a affirmé à la presse Luis Boudens, le président de la FENAPEF.

La loi que récupère le syndicat des policiers non seulement est une manifestation claire de son soutien au coup d'Etat contre la gouvernement de Dilma Rousseff mais est contraire à la réforme de la Constitution de 1988. Cette réforme a été réalisée par la démocratie qui a débuté en 1989 quand le Brésil a eu à nouveau un président élu par le vote du peuple.Selon l'avocate Karina Patrício, l'interdiction aux étrangers d'avoir des activités politiques faite par le Statut de l'Etranger n'est pas conforme à la Constitution parce qu'elle va contre les préceptes de la Constitution de 88 qui établit qu'aucune loi ne peut aller contre les droits civils et que l'activité politique en est un, clairement. L'article 5 établit que tous les Brésiliens sont égaux devant la loi, sans distinction de n'importe quelle nature, garantissant aux Brésiliens et aux étrangers résidant dans le pays la libre expression de ce qu'ils pensent.

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2016/05/12/brasil-ordenan-detener-extranjeros-que-se-manifiesten-contra-el-golpe/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/05/bresil-les-etrangers-qui-manifestent-contre-le-coup-d-etat-seront-arretes.html