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Brésil : Qu'est-ce qui attend le peuple après la destitution ?

15 Mai 2016, 10:48am

Publié par Bolivar Infos

Telesur, 14 mai 2016

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Des analystes expriment leur inquiétude concernant la gestion du gouvernement de Temer et déclarent qu'il faut que la population « réveille sa conscience démocratique ».

Des analystes internationaux considèrent qu'après l'approbation du procès politique contre la présidente brésilienne Dilma Rousseff, la nation s'expose à une période de transition qui pourrait détruire beaucoup des bénéfices sociaux obtenus pendant les périodes de gouvernement du peuple.

Le spécialiste Beto Almeida a dit dans une interview exclusive accordée à Telesur que pour le peuple et en particulier pour les mouvements sociaux de gauche, les prochaines semaines seront des semaines d elutte constante et obligatoire dans la rue pour faire voir aux Brésiliens et au reste du monde à quoi ils sont exposés après l'exclusion du pouvoir de la Présidente.

Il a rappelé que celui qui est à présent président par interim, Michel Temer, a annoncé un programme de gouvernement et un cabinet ministériel qui non seulement pourrait porter atteinte aux réussites sociales obtenues ces dernières années mais pourrait aussi agir au détriment des souhaits des plus de 54 millions d'électeurs qui ont élu un gouvernement populaire et non néo-libéral.

Il a déclaré que les conquêtes de la masse des travailleurs se voient menacées car Temer a fait savoir à diverses occasions qu'il fera des changements importants dans la politique intérieure du Brésil. Sans compter qu'en ce qui concerne la gestion des relations avec les autres pays, il y aura aussi un ordre du jour différent.

La complicité des institutions

La docteur et avocate internationaliste Carol Proner a attiré l'attention sur le regard aveugle du pouvoir judiciaire du Brésil qui n'est pas intervenu, n'a pas donné son avis ni même pris position au sujet des éventuels vices qui accompagent le processus de destitution.

Elle a déclaré qu'il faut réveiller la conscience démocratique du pays car celui qui va petre chargé de l’administration du pays n'a pas été élu parle peuple.

« Si on analyse bien ce qui est en jeu, alors certaines accusations officielles contre la présidente ont été aussi commises par Temer (...) parce que s'il a été dans le gouvernement de Rousseff, il a signé des papiers et approuvé des décrets, il est possible qu'il soit co-responsable au sens comptable », a soutenu la spécialiste.

Processus de transition

Proner a déclaré que le Brésil commence un processus de transition dans lequel le vice-président assume les fonctions de président par interim et pourra faire des changements importants pour les citoyens qui sont es pus touchés après la destitution.

« Il cherche à mettre en place de nouveaux ministères et un gouvernement différent de celui du projet de Rousseff (…) Une autre sorte de gouvernement sans élections se met en place et il est de plus en plus clair qu'il s'agit d'un coup d'Etat doux qui utilise les forces des institutions, la Bureau du Procureur Général et le pouvoir judiciaire complètement pour miner peu à peu les forces d'un Etat caractérisé par l'inclusion sociale », a-t-elle dit.

En ce sens, elle a souligné qu'il est important de prendre en compte l'exemple du Brésil « aprce qu'il s'agit d'une interférence entre le institutions des élites, du capitalisme même et un Gouvernement pour réaliser des accords sans attendre les élections parce que lors d'élections, il pourrait y avoir encore un gouvernement du peuple et non un gouvernement néo-libéral ».

Proner a déclaré qu'à son avis, le désespoir de la droite brésilienne face aux 4 mandats successifs de gouvernements d'inclusion a fait que la droite a fait pression pour la destitution.

La composition politique pourrait créer un modèle dangereux qui menace les bases sociales de la nation et c'est ce qui motive la réflexion des mouvements sociaux, selon l'analyste qui, en outre, a déclaré que « ce ne sont pas seulement 180 jours sans Rousseff qui se profilent. Ce pourrait être beaucoup plus étant donné l'ordre du jour intérieur qui cherche à organiser un retard pendant le procès politique ».

« Le problème, c'est qu'on cherche à attribuer la corruption seulement aux partis, aux leaders et aux mouvements de gauche (…) C'est une façon de criminaliser la gauche (…) de politiser la corruption quand la présidente a été l'organisatrice de la lutte contre ce délit et a renforcé les corps de police et les institutions judiciaires. »

Pour l'avocate, Temer a à l'ordre du jour d'en finir avec les programmes sociaux, en particulier ceux qui concernent la santé et l'éducation. Elle arrive à cette conclusion en analysant les discours du leader qu'elle décrit comme « antisociaux ».

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/telesuragenda/Brasil-tras-el-impeachment-20160512-0046.html

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/05/bresil-qu-est-ce-qui-attend-le-peuple-apres-la-destitution.html