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Colombie : Clefs géopolitiques de l'annonce de La Havane

26 Juin 2016, 10:32am

Publié par Bolivar Infos

Par: Javier Calderón Castillo / CELAG, 25 juin 2016

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Le 23 juin 2016 passez dans l'histoire comme l'aube de la paix qui annonce la fin de la longue guerre civile colombienne suite à l'annonce importante de la concrétisation des très importants accords entre le Gouvernement et les FARC-EP : le cessez-le-feu et la fin bilatérale et définitive des hostilités, le démantèlement des groupes paramilitaires et criminels et le mécanisme d'approbation populaire du traité de paix complet.

Les médias alternatifs ont largement expliqué l’annonce de La Havane mais les médias hégémoniques – et la droite – ont cherché à réduire au minimum l'importance et la signification de ce qui s'est passé à La Havane. Ils se sont consacrés à montrer que l'une des parties abandonnera les armes, comme si cela avait été le seul message. Contrairement à ce qu'affirme cette propagande médiatique, le 23 juin a d'autres significations importantes pour le débat de tout le camp démocratique et populaire du continent. Voyons :

L'OEA et le décadent Almagro sont restés complètement en marge de la médiation et de l'accompagnement de ces accords et de tout le processus de paix, rendant obsolète son rôle en tant qu'organisme régional et la conception panaméricaine qui l'inspire. Par contre, la CELAC et L'UNASUR ont démontré leur maturité pour assumer le rôle de médiateurs dans la résolution des conflits et des différends politiques à l'intérieur des frontières des pays membres, un rôle basé sur le respect des processus nationaux avec, en son centre, l'idée d'être une région de paix. Le traité de paix définitif en Colombie aura l'empreinte de la nouvelle époque en permettant le renforcement des institutions d'intégration régionales émergentes alors que l'OEA agonise.

Le rôle de Cuba a une autre signification importante. La Havane est devenue la capitale de la paix sur le continent et le président Raúl Castro le représentant de la dignité Cubaine. Ce pays a joué un rôle déterminant dans le processus de paix en prenant des positions fermes pour favoriser le dialogue et la compréhension du peuple colombien en donnant des preuves du profond caractère démocratique de son gouvernement révolutionnaire. Seuls les représentants de la pensée arriérée du maccarthysme de la guerre froide comme Uribe, Macri ou Capriles continuent leurs diatribes qui justifient le blocus criminel. L'avancée de Cuba sur l'échiquier géopolitique est indéniable dans leur bras de fer avec les Etats-Unis et leurs alliés redoutés.

L'appartition sur la scène de Ban Ki-moon représentant l'ONU et de Danilo Medina représentant la présidence tournante de la CELAC doit être ce qui fait entrevoir la non répétition de la violence. Elle représente l'apprentissage des expériences passées comme al leçon néfaste du premier cessez-le-feu bilatéral signé par le Gouvernement et par les FARC-EP en 1984 qui ne provoqua pas la paix mais le génocide de 5 000 militants colombiens de gauche et 32 ans de plus de guerre. Dans l'accord, les références à l'engagement de l'Etat à démanteler les factions paramilitaires qui continuent à agir dans tout le pays et à défendre la vie des militants insurgés qui vont être rendus à la vie civile sont explicites ainsi que les références au devoir du gouvernement d'arrêter la violence systématique contre l’ensemble du mouvement populaire colombien. Le président a symbolisé ces engagements avec un stylo à bille fabriqué avec une balle de fusil qu'il a ensuite offert au plus haut commandant des FARC-EP.

Le soutien transversal qui provoque la paix en Colombie et le rôle important du président Nicolás Maduro en tant que l'un des principaux amis de toujours de la paix a été particulièrement symbolique. Pied ad Córdoba a écrit sur twitter un beau message soulignant qu'en ce jour historique, elle se souvenait de tous les hommes et de toutes les femmes qui ont travaillé pour la paix à l'époque où il était même interdit de le faire, en évoquant le rôle central joué par le groupe « Colombianos y Colombianas por la paz » et par le soutien inconditionnel du dialogue exprimé en de nombreuses occasions et en de nombreux discourspar le commandant Hugo Chávez, à l'époque de la néfaste violence de l'uribisme. Beaucoup d'anonymes, beaucoup de sacrifices personnels, beaucoup d 'efforts nationaux et internatioanux ont été faits pour pouvoir dire aujourd'hui : C'est la fin de la guerre !

Deux absences très significatives provoquent l’inquiétude : l’absence du vice-président de Colombie Vargas Lleras qui est le principal candidat du parti de Santos à la candidature aux présidentielles de 2018 et également très absent du débat public sur la paix. Un homme connu pour ses positions autoritaires de droite qui se consacre à sa campagne présidentielle sans manifester son engagement envers l'accomplissement du traité de paix. Des raisons pour commencer à analyser son rôle aussi bien local que régional et pour voir se profiler un différend politique contre ses actions ambigües et néolibérales envers la paix. L'autre absence a été celle de l'ELN. Celle-ci oblige à penser à redoubler la pression sociale pour que la paix soit complète et à empêcher qu'à cause de l'inflexibilité du Gouvernement et de l'ELN les rêves de paix de la majorité soient brisés.

Cette annonce a été celle du début de la démocratie colombienne qui aplanit le chemin pour la construction de la paix et pour la conquête de la justice sociale par le peuple. Dans les discours de Santos et de Timochenko, les différentes positions politiques ont été claires. Des positions qui expriment deux visions du pays, qui représentent aussi deux positions différentes sur l'avenir de l'Amérique Latine. On en a fini avec les arguments pour stigmatiser les postulats de al gauche colombienne. Le pays entre dans une étape dans laquelle le camp du peuple pourra avancer vers l'objectif de vaincre le néolibéralisme. La possibilité de chercher un gouvernement constituant d'un nouvel ordre social qui passe par-dessus la caste de l'oligarchie. Les clefs géopolitiques de l'annonce du 23 juin nous permettent de voir plus clairement les temps qui viennent pour transformer la Colombie, des temps vertigineux et importants.

Source Fuente: CELAG

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/opinion/El-anuncio-de-la-Habana-en-clave-geopolitica-20160625-0020.html

URL de cet article :

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