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Equateur : Les Etats-Unis attaquent Rafael Correa à cause de ses liens avec Hugo Chávez

17 Juin 2016, 16:58pm

Publié par Bolivar Infos

Telesur, 14 juin 2016

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Les liens étroits de Correa avec Chávez qui était la cible de Washington parce qu'il s'opposait à ses intérêts mesquins préoccupaient beaucoup les Etats-Unis.

Maintenant qu'a été révélée une série de documents classifiés qui démontrent comment le gouvernement des Etats-Unis a mis en place des plans de déstabilisation en Equateur parmi beaucoup d'autres pays d'Amérique Latine qui contreviennent à ses mesquins intérêts de lucre, il en est révélé une autre qui montre comment Washington a commencé à mettre dans sa ligne de mire le président Rafael Correa à cause de son intention d'aider économiquement l'ex président du Venezuela Hugo Chávez.

Un des nombreux documents révélés par WikiLeaks à l'opinion publique révèle que depuis 2005 Washington considère Correa comme une menace pour ses intérêts dans la région.

Les documents ont été révélés par le journaliste fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, persécuté internationalement pour avoir exposé les sales manœuvres des Etats-Unis dans le monde. Il est exilé depuis environ 3 ans à l'Ambassade de l'Equateur à Londres.

Depuis 2005

Correa a commencé à représenter une « menace » pour les Etats-Unis depuis qu'il a été ministre de l'Economie en 2005 parce qu'il a voulu aider Chávez avec 500 millions de dollars pour qu'il paie une dette que le Venezuela avait avec le fonds Monétaire International et la Banque Mondiale.

La journaliste Linda Pearson qui a analysé les documents a déclaré que « l'administration de Correa a mis en place des politiques qui rompent avec la doctrine néolibérale que Washington a imposée en Amérique Latine ».

Washington a aussi fait des efforts secrets pour déstabiliser le gouvernement de Correa pour qu'il soit finalement renversé ou obligé de démissionner parce qu'il « a défié l'impérialisme états-unien en fermant la base d'opération de ce pays à Manta et en accordant l'asile politique à … Assange », a ajouté Pearson.

Washington se renseigne sur Chávez et Correa

En juillet 2005, Washington se rend compte que Correa arrive à un accord avec Chávez pour financer la dette du Venezuela pour l'aider à compenser la perte occasionnée par les fonds du FMI et de la MB.

Dans un câble envoyé à Washington par l'ambassade des Etats-Unis à Caracas, Correa est décrit comme « un idéologue sans aucune expérience politique ni gouvernementale ».

« Pire encore » selon la câble, « Correa s'identifie plus avec les politiques étatiques de Chávez qu'avec les positions des institutions financières internationales et les politiques économiques généralement acceptées ».

« Les membres les plus rationnels de l'administration Palacio, d'autre part, cherchaient des alternatives viables à Chávez ».

Les Etats-Unis, conscients de ne pas être populaires

Dans le message, on reconnaissait que le gouvernement états-unien n'était pas très populaire dans la région, c'est à dire qu'il existait « des sensibilités locales aux pressions du Gouvernement des Etats-Unis ».

Face à cela, l'ambassade des Etats-Unis représentée par Kristie Kenney a dit à Washington qu'elle travaillerait « en silence avec les forces anti-Chávez pour minimiser les effets de Correa jusqu'à ce que (le vice-président Alfredo) Palacio décide de le destituer de sa charge.

Les câbles diplomatiques révèlent aussi comment les Etats-Unis ont essayé de diriger le retournement de l'Equateur après la suspension en 2006 du président de l'époque Lucio Gutiérrez, accusé d'avoir ordonné la mort, les menaces, le harcèlement et la répression de plusieurs opposants à son régime.

Les documents filtrés confirment également les activités d'ingérence des Etats-Unis en Equateur grâce à l'Agence Internationale pour le Développement (USAID) qui a été expulsée de plusieurs pays à cause de ses actes d'espionnage et d'incitation à la déstabilisation de gouvernements qui s'opposent aux intérêts de Washington.

Palacio s'est rapproché de l'ambassade et de Kenney pour lui dire que lui aussi était préoccupé par l'amitié de Correa avec le Venezuela mais qu'avec l'aide de Washington, il pourrait faire quelque chose à ce sujet.

Correa démissionne

Finalement, Correa a démissionné en août 2005 après seulement 3 mois à la présidence mais non sans avoir auparavant nié l'accusation qu'il négociait avec Chávez la dette du Venezuela sans son approbation.

« Je crains que le véritable problème ne soit la forte pression qui cherche à bloquer toute relation avec un pays frère comme le Venezuela, ceci provoquant l'absence de crédibilité de mon travail en tant que ministre de l'Economie et des Finances », a écrit Correa dans sa lettre de démission.

Les câbles filtrés mettent aussi à découvert Kenney, qui dit dans un message adressé à Washington qu'elle avait cultivé « une longue liste de contacts et avait un excellent accès à des officiers de haut rang, au haut commandement militaire, aux leaders de la société civile et aux leaders d'opinion ».

Gutiérrez fut remplacé par Palacio qui est resté au pouvoir jusqu'aux élections présidentielles de 2006. Mais Palacio n'avait pas la confiance de Washington comme son prédécesseur.

« Il est difficile d'imaginer un Gouvernement équatorien auquel on puisse avoir un meilleur accès » qu'avec Gutiérrez, a écrit Kenney. « Ce ne sera pas aussi facile avec Palacio ».

L'ambassadrice a commenté : « Nous ne pouvons pas évaluer les dommages que l'arrivée politique (de Palacio) peut infliger aux initiatives économiques et de sécurité du Gouvernement des Etats-Unis en Equateur.

Correa arrive au pouvoir

Finalement, Correa est arrivé au pouvoir grâce aux élections démocratiques de 2007 et en 2009, il a ordonné à Washington de fermer la base militaire que le Pentagone avait à Manta, une ville portuaire d'où a été planifiée avec le président colombien de l'époque Álvaro Uribe une attaque en territoire équatorien contre un membre important des forces Armées Révolutionnaires de Colombie de gauche, Raúl Reyes.

L'attaque a même été réalisée avec des bombes intelligentes qui n'étaient utilisées que par les Etats-Unis. Ce fut la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour Correa. Mais déjà auparavant, les militaires états-uniens ont coulé plusieurs bateaux de pêche équatoriens en violant les lois internationales puisqu'ils ont foulé aux pieds la souveraineté nationale en contrevenant à leur mandat et à leur autorité dans le pays sous prétexte de lutte contre le trafic de drogues.

Plan Colombie

Sous le nom de Plan Colombie, les Etats-Unis ont aussi utilisé la base de Manta pour violer la souveraineté colombienne et ils ont provoqué l'expansion du conflit entre le gouvernement Uribe et les FARC, de sorte qu'ils arrivèrent jusqu'à l'intérieur du territoire équatorien, provoquant une véritable crise humanitaire caractérisée par le déplacement de dizaines de milliers d'Equatoriens.

Les fumigations de l'armée états-unienne sur les soi-disant cultures de drogues ont aussi occasionné de graves problèmes de santé à des milliers d'habitants des 2 côtés de la frontière.

Beaucoup de pays d'Amérique Latine ont condamné et rejeté la militarisation de la lutte anti-drogues et se sont rendus compte que le Plan Colombie n'était rien de plus qu'une excuse des Etats-Unis pour projeter leur pouvoir militaire dans la région.

L'armée a utilisé sans distinction le pesticide Monsanto, connu également sous le nom de Roundup qui est responsable de maladies rénales mortelles, de la maladie de Parkinson et de cancers.

Un des buts de l'USAID était de simuler la mise en place de programmes sociaux mais en réalité leur objectif était une guerre médiatique pour contrecarrer le rejet de la présence des militaires états-uniens grâce à des pots-de-vin accordés à des médias, à des intellectuels, à des écrivains et autres personnalités influentes.

Conclusion

Kenney s'est plainte que Correa mettait en place des programmes sociaux qui affectaient les intérêts des grandes corporations des Etats-Unis et que le succès éventuel de ceux-ci créeraient un mauvais précédent dans le reste de la région comme était en train de le faire Chávez.

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/news/Correa-enemigo-de-EE.UU.-por-nexo-con-Hugo-Chavez-en-2005-20160614-0026.html

URL de cet article :

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