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Venezuela : Pourquoi ils n'appliqueront pas la Charte Démocratique contre le Venezuela

3 Juin 2016, 16:40pm

Publié par Bolivar Infos

Franco Vielma, Mission Vérité, 2 juin 2016

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

L'objectif essentiel des actions de Luis Almagro sollicitées par la MUD, soutenues par les Etats-Unis, pour que soit appliquée la Charte Démocratique Inter-américaine contre le Venezuela ne s'est pas concrétisé. Il a échoué. Ce nouvel épisode du bras de fer international s'est même achevé en favorisant la position du Gouvernement vénézuélien de prendre la voie du dialogue intérieur avec la médiation de l'UNASUR.

Enhardis par le retour au pouvoir de la droite en Argentine et par le gouvernement de fait au Brésil, deux glissements qui représentent un changement de situation dans la région, les acteurs du front extérieur contre le Venezuela ont commencé en confiance l'invocation de la fameuse charte. Mais les pays membres ont déterminé par consensus (à l'exception du Paraguay qui n'a pas voté) la reconnaissance de l'ordre constitutionnel vénézuélien et du dialogue entre les parties que l'UNASUR accompagne, une initiative qui est venue, précisément, du gouvernement vénézuélien.

Évidemment, les choses sont tranchées. Le calcul d'un vote éventuel semblait confus et ceux qui promouvaient la voie de la Charte Démocratique avaient besoin des 2/3 des voix pour qu'elle soit approuvée. L'application de la Charte a été rejetée au cours du débat et on a pris des voies alternatives qui ont produit un document où on invite au dialogue pour résoudre de l'intérieur les situations de conflit qui, en théorie, sont celles sur lesquelles est basée la demande d'application de al charte. Le Venezuela a encouragé cette initiative dans le cadre de ce débat.

Le résultat du débat

La résolution adoptée lors de la session du Conseil Permanent de l'OEA a ratifié l'esprit des actions que le gouvernement vénézuélien est en train de mettre en œuvre et auxquelles a MUD a participé avec réticences. L'ambassadeur représentant permanent du Mexique à l'OEA Luis Alfonso de Alba Góngora a souligné que tout Etat a le droit de choisir son système politique sans ingérence. En ce sens, il a lu un document dans lequel on souligne :

  1. Le soutien du dialogue ouvert et incluent entre le Gouvernement, plusieurs acteurs politiques et des leaders internationaux influents pour préserver la paix.

  2. Le soutien de l'initiative des ex présidents d'Espagne, José Luis Rodríguez Zapatero; de la République Dominicaine, Leonel Fernández et du Panamá, Martín Torrijos pour la reprise d'un dialogue efficace entre le Gouvernement et l'opposition et la récupération de l'économie et de la paix nationale qui en découlerait.

  3. Le soutien aux différentes initiatives de dialogue national dans le cadre de la Constitution et du respect des droits de l'homme.

  4. Le soutien à tous les efforts de compréhension entre les parties.

Le rapport remis par Almagro pour appliquer par une initiative particulière la Charte Démocratique soumettait le Venezuela aux sanctions consignées dans cet instrument mais en plus, contenait un ensemble d'obligations que le Venezuela devrait remplir pour « correspondre » à l'ordre démocratique. Les obligations allaient de nommer un autre TSJ, de libérer ceux qu'ils appellent des « prisonniers politiques » jusqu'à organiser (en violant les règles mêmes du CNE) le referendum révocatoire contre le président Nicolás Maduro cette année.

Le referendum révocatoire

Le referendum révocatoire est la cerise sur le gâteau des sujets sur lesquels s'exercent les pressions de ceux qui veulent l'application de la Charte. Dans le cadre du débat, incorporer l'organisation du referendum révocatoire cette année en tant que condition aurait été la pierre d'achoppement. Cela signifie avancer avec le document consensuel ou couper la possibilité d'une solution puisqu'ils n'avaient pas le nombre de voix suffisant pour imposer ni la charte ni ce sujet. Il était assez paradoxal de voir que des pays comme le Mexique, le Chili ou le Paraguay, où il n'existe pas de referendum révocatoire, dire que le Venezuela doit l'organiser sinon, il nous ne sommes pas démocratiques.

Le résultat est que ce sujet du referendum révocatoire a été absent de la résolution finale. Le referendum révocatoire n'est même pas nommé dans la résolution. Cela fait voir de manière tactique que les institutions vénézuéliennes fonctionnent selon la façon dont elles ont été établies, sans conditions imposées par des instances internationales. Le CNE seul pourra déterminer les suites à donner à cela.

Ce qui aurait pu devenir une partie bloquée a fini par un consensus basé sur une proposition alternative faite par l'Argentine dans laquelle tous ont été « d'accord ». alors, ça a été la seule solution acceptable pour ceux qui, par un vote, auraient perdu.

Il faut souligner que Luis Almagro était absent pour des raisons qu'il n'a pas expliquées à ce moment-là, de cette longue session du Conseil Permanent de l'OEA qu'il avait lui-même suscitée puisque la rencontre était basée sur la discussion de son rapport et de son invocation de la charte. La proposition argentine de « favoriser le dialogue intérieur au Venezuela » en a déconcerté plus d'un. Henry Ramos Allup l'a qualifiée « d'hypocrite » et de « très mauvaise » car « il attendait autre chose » de Macri.

La droite vénézuélienne s'est résignée à limiter les dégâts et ils ont annoncé comme une victoire que ce sujet de la crise vénézuélienne a été discuté à l'OEA et que le Gouvernement vénézuélien « à la fin, reconnaît » en signant ce document qu'il y a une crise. Ils rêvent de livres sterling et ils se contentent de pennies. Une formule classique pour que les naïfs soient contents car le gouvernement vénézuélien n'a pas nié les situations intérieures, en effet, il met en place des rencontres avec des instances internationales comme l'UNASUR elle-même pour chercher un soutien international pour trouver des solutions à la situation vénézuélienne.

La Charte ne s'applique pas pour plusieurs raisons

L'une d'elles est que le Venezuela conserve un niveau de soutien très important malgré les revers en Argentine et au Brésil. Ce foyer de soutien reste en particulier dans l'axe ALBA-Petrocaribe et a réussi à rester sans tache, solide. Le Venezuela est un acteur clef de la géopolitique régionale, influent. Ils ne pourront pas nous traiter comme une colonie.

En second lieu, la Charte et une autre sorte de pressions ont été proposées selon un ordre du jour de déstabilisation programmé dans notre pays et cet ordre du jour est venu au jour, exposant une OEA de plsu en plus faible en tant qu'institution. Dans l'hypothèse où ils auraient eu le nombre de voix nécessaire, ils auraient appliqué la Charte en créant des précédents que plusieurs pays ne voulaient pas voir établis, sans parler de la rupture du fil constitutionnel et, de plus, à l'initiative du Secrétaire Général sur demande d'une partie de l'intérieur d'un pays. Cela a toujours été irrecevable car c'était le couteau sus la gorge de plusieurs pays.

Voyons une hypothèse : Que se passerait-il si c'étaient les pays de l'ALBA qui pratiquaient une diplomatie interventionniste ? Que se passerait-il si la Bolivie demandait d'appliquer la charte Démocratique contre le Mexique à la demande des familles d' Ayotzinapa ? Quel serait le dommage politique qu'aurait cette seule intention pour Peña Nieto ? La création de précédents a été la seconde raison de cet échec. Ils ont appliqué cette initiative si maladroitement qu'ils n'ont pas tenu compte du style.

Une autre question importante est que la direction chaviste avait visé plus loin il y a longtemps, il y a des années lumières. Ils ont été beaucoup plus diligents, efficaces et pertinents que la bureaucratie « très bien payée en dollars » de l'OEA à Washington. Tous les rapprochements de la droite vénézuélienne avec Almagro n'ont pas fonctionné étant donné la rapidité avec laquelle le Gouvernement vénézuélien a interagi avec les acteurs politiques qui soutiennent l'initiative USASUR-Zapatero-Fernandez-Torrijo. La formule politique de la discussion vénézuélienne était déjà en route, le dialogue politique et économique s'est appliqué lors d'une réunion préparatoire en République Dominicaine et aussi bien le chavisme que la MUD avaient déjà reconnu un groupe-interlocuteur.

Tandis qu' Almagro rédigeait un rapport de plus d'une centaine de pages pour nous faire monter sur une vague, les conditions élémentaires du dialogue avaient déjà commencé à être réunies grâce à une action rapide et habile du chavisme. C'est pour cela qu'au lieu d’appliquer la Charte, l'OEA n'a pas eu d'autre remède que de ratifier l'initiative de dialogue engagée par Maduro avec le soutien de l'UNASUR et des ex présidents. Mieux encore, maintenant, ils appellent instamment la droite vénézuélienne à rester dans le dialogue étant donné qu'il y a des secteurs dans la MUD qui sont clairement réticents envers cette initiative ou qui posent des conditions avant de commencer. Pour la MUD, maintenant, ce sera moins élégant, politiquement parlant, de donner des coups depieds dans la table. C'est comme le petit merdeux piquant une crise devant la maîtresse pour qu'elle se fâche contre Jaimito et qui finit grondé par et obligé de s'asseoir à côté de Jaimito.

La chavisme gagne un autre bras de fer sur le front extérieur en ayant des acteurs factuels très puissants ouvertement contre lui et cela signifie beaucoup dans le monde dans lequel nous vivons, dans les conditions géopolitiques qui persistent. La position des Etats-Unis a été pratiquement celle d'auditeur au Conseil Permanent de l'OEA, assistant à la déroute de l'initiative interventionniste après avoir agi sans succès auprès des rabatteurs. Ils n'ont plus eu qu'à signer le consensus.

A nous, les Vénézuéliens (sans distinction politiques), il nous reste à réfléchir sur les terribles efforts qu'a fait le président Maduro pour préserver la paix dans notre pays. Le nombre de vies qu'il a sauvées est inestimable grâce à sa capacité de combattre simultanément de nombreuses menaces successives et profondes. L'ordre du jour politique chaviste navigue en eaux profondes et jusque dans les mares (comme l'OEA) pour protéger la stabilité nationale face à toutes les tourmentes, face à ceux qui cherchent infatigablement à la détruire. Remettre sur la bonne voie de la politique les monstres purschistes partisans de l’affrontement n'est pas chose facile et nous devons accepter que par cela, on sauve des vies.

Source en espagnol :

http://misionverdad.com/trama-global/por-que-no-aplicaron-la-carta-democratica-contra-venezuela

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/06/venezuela-pourquoi-ils-n-appliqueront-pas-la-charte-democratique-contre-le-venezuela.html