Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Venezuela : La bourgeoisie puissante se plaint de la crise avec le garde-manger plein

8 Juillet 2016, 16:23pm

Publié par Bolivar Infos

RT, 7 juillet 2016

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Le contraste est grossier : alors que des milliers de Vénézuéliens font de longues queues pour acheter des aliments subventionnés, les classes les plus puissantes s’épargnent les efforts avec leurs énormes quantités d'argent pour que la nourriture arrive à leur garde-manger en se faisant livrer.

Alessandro Garofalo Reuters

Ils en savent pas ce que c'est de passer toute la journée dans une queue pour se procurer des aliments subventionnés, achètent par caisses tout ce dont ils ont besoin et se paient même le luxe de se déplacer en petit avion privé pour fournir leur garde-manger dans les Caraïbes. C'est la haute classe vénézuélienne qui ne souffre de la crise que sur les réseaux sociaux.

Un reportage de la BBC publié mercredi parle de cet autre pays « où les anniversaires continuent à être fêtés avec du whisky de 18 ans d'âge, où une jeune fille de 15 ans amène les musiciens J. Balvin et Farruko à sa fête et où une dame organise avec ses amies un concert privé de Luis Miguel. »

Alors que la plupart des Vénézuéliens font de longues queues pour obtenir des aliments de première nécessité subventionnés, la classe supérieure peut donner d'énormes quantités d'argent aux « bachaqueros », c'est à dire à ceux qui font de la contrebande sur ces produits pour les revendre avec jusqu'à 1000% de bénéfice.

Les gens riches ont de tout. Ils n'ont pas besoin d'aller au supermarché, ils appellent et on le leur apporte à la maison.

Les modalités de vente des « bachaqueros » « haut de gamme » vont des offres sur les réseaux sociaux et sur les groupes de whatsapp jusqu'aux sites internet comme Mercadobook où on peut acheter sans problème les produits du panier de la ménagère en se faisant livrer, souligne une note du journal « El Impulso ».

Beaucoup de personnalités du monde du spectacle vénézuélien qui, à l'étranger, soutiennent des campagnes pour dire que dans le pays, il y a une « crise humanitaire » exhibent leurs messages de satisfaction sur les réseaux sociaux pour avoir fait leurs achats sans passer une minute sous la chaleur dans les queues gigantesques pour acheter du lait, de la farine de maïs, du sucre, de l'huile, du beurre ou le reste des produits de base. Oui, de base, parce que les autres ne manquent pas.

Cependant, ceux qui peuvent acheter les produits en se les faisant livrer les paient jusqu'à 3200% plus cher que le prix officiel. Un reportage publié par le site internet Mensaje Directo rapporte que, par exemple, la viande de première qualité est vendue entre 7 000 et 7 300 bolivars et à 250 bolivars le kilogramme quand elle est subventionnée.

Ces dernières semaines, des photos ont traumatisé les secteurs les plus puissants du pays et ont été censurées dans la grande presse en Espagne. Le chef d'entreprise basque Agustín Otxotorena a mis en évidence que les plus riches ne souffraient pas de la crise en publiant plusieurs photos des étagères approvisionnées des supermarchés haut de gamme regorgeant de jambons espagnols, de charcuteries et de très vieux whiskys.

« Il y a plus de pénurie de produits subventionnés, c'est ce que j'ai dit. Les gens riches ont de tout. Ils n'ont pas besoin d'aller au supermarché, ils appellent et on les leur amène chez eux. (…) qui souffre le plus ? La classe moyenne et moyenne-basse parce que jusqu'à présent, ils n'avaient pas besoin des aides sociales,» a-t-il dit récemment dans l'interview de RT.

Otxotorena a payé cher son « audace ». En plus de la censure du journal ABC, qui se caractérise par ses violentes critiques contre le Venezuela qui « limite » soi-disant la liberté d'expression, le chef d'entreprise a reçu des menaces sur Twitter, Facebook et même dans son entourage familial.

La réaction était attendue. Les secteurs les plus fortunés du pays sont ceux qui se sont toujours opposés au gouvernement d'Hugo Chávez et maintenant, ils s'opposent qu Président Nicolás Maduro.

Les personnalités les plus importantes de cette bourgeoisie qui d'un côté font de « l'activisme politique » sous la bannière d'une soi-disant « crise humanitaire » et collectent des aliments et des médicaments lors de leurs fréquents voyages à l'étranger, de l'autre se pavanent sur les couvertures des revues de société pour exhiber leur mode de vie ostentatoire comme le fait la femme de Leopoldo López, Lilian Tintori, ou Dora D'Agostino, la femme du président de l'Assemblée Nationale (AN), Henry Ramos Allup.

Ainsi, pendant que la majorité souffre des assauts d'une crise économique provoquée par la chute des prix du pétrole dans un pays qui vit de la rente pétrolière, les privilégiés de toujours gardent leur statut et continuent leur chemin bien que, comme d'habitude, ce soient les premiers à s'indigner.

Source en espagnol :

https://actualidad.rt.com/actualidad/212434-pudiente-burguesia-venezolana-queja-crisis

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/07/venezuela-la-bourgeoisie-puissante-se-plaint-de-la-crise-avec-le-garde-manger-plein.html