Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Venezuela : Montage, fraudes et cinéma autour de « l'aide humanitaire »

15 Juillet 2016, 16:45pm

Publié par Bolivar Infos

par Maryu Alejandra (Mission Vérité, 13 juillet 2016)

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

« L'aide humanitaire » est la fille incestueuse de la « crise humanitaire », toutes deux découlent des méthodes de Guerre Non Conventionnelle comme on l'a déjà décrit dans la Mission Vérité récemment.

Il existe certainement des mécanismes internationaux par lesquels on peut activer ou ouvrir la voie à une aide humanitaire. Pour cela, on doit accomplir des étapes spécifiques qui peuvent impliquer des organisations comme l'Unicef ou l'Organisation des Nations Unies (ONU). En ce qui concerne la seconde, nous donnons un exemple très récent et caractéristique.

En 2011, l'ONU a parlé d'avoir une présence humanitaire à Trípoli, la capitale de la Libye. Le 19 avril de cette année-là, ce pays d'Afrique étant sous l'attaque de l'OTAN et des forces d'opposition au président, le colonel Kadhaffi accepta « l'aide humanitaire » que propisait l'ONU. Le corridor humanitaire serait la ville de Misrata.

9 jours plus tard, la première grenade tombait sur Misrata. Là étaient postés environ 50 000 mercenaires qui ont financé et entraîné des corporations multinationales du pouvoir états-unien et européen parmi des terroristes d'Al Quaïda.

6 mois plus tard, le 21 octobre, sur le marché central de Misrata, la ville même que l'ONU avait proposée comme corridor humanitaire, on exhibait la cadavre de Muhammar Kadhaffi, sauvagement assassiné. L'exemple libyen est aujourd'hui crûment disponible.

Tintori et Olivares ont comme seule ressource politique la « crise humanitaire »

L'un de ceux qui développent cette campagne est le député de Primero Justicia, José Manuel Olivares. Il a fait campagne pour la donation de médicaments contre le cancer. A l'étranger, en parlant de ce dont beaucoup de patients de notre pays ont besoin, la nécessité d'acheter le traitement contre les différentes formes de cancer prédomine dans son discours. Ce qu'oublie toujours Olivares, c'est que l'Etat vénézuélien subventionne ces traitements dans tous les hôpitaux du pays.

Pour faire la promotion de « l'aide humanitaire », il est habituel de trouver Olivares se photographiant chargeant des caisses dont personne ne put discerner le contenu. C'est la première étape qui coprend une démonstration de la soi-disant bonne intention, de l'aide pour aider, et du travail politique désintéressé et soi-disant généreux.

Second exemple et seconde étape : remercier « tous ceux qui ont donné » bien que ceux-ci n'apparaissent pas sur la photo et que ce qu'ils ont donné n'apparaisse pas non plus. Ce qu'on voit à nouveau, ce sont d'énormes caisses. Un zoom fait voir que le soi-disant contenu des caisses est des médicaments, ce sont des seringues de 3 ml. Un cadeau que n'ont fait ni Roche ni Pfizer des Etats-Unis. Et c'est justement là qu'il faut s'arrêter pour poser la bonne question : combien de personnes aux Etats-Unis ou dans n'importe quelle partie du monde sont disposées ou ont la possibilité économique de donner des médicaments très chers ? Pour donner un exemple, seulement le médicament Rituximab coûte entre 1.300 et 45.289 dollars.

A la fin de la campagne de propagande pour des donations incessantes de médicaments, comment à apparaître les donateurs et les monceaux de petites caisses de médicaments. Ceux qui résident à Miami, solidaires non du Vénézuélien qui ne souffre d'aucune maladie mais de l'idée que le chauffeur de bus cesse de gouverner le pays et que de quotas en dollars reviennent pour recréer la patrie dans un Venezuela confortable.

Un reportage de l'AFP repris par La Patilla assure que de Miami, Floride, ils envoient des fournitures et des médicaments au Venezuela. Celle qui en est chargée a dit avoir même perdu le contact avec sa famille parce qu'elle se consacre uniquement à la collecte de ce dont les Vénézéuliens ont désespérément besoin et elle le fait parce qu'elle rêve de voir le chavisme chassé du pouvoir. Dans cette guerre, vous qui me lisez, vous continuez à être libre de croire dans la solidarité de la gusanera, je choisis le contraire.

Troisième et dernière étape. Ce sera gênant mais appeler au fait religieux est aussi,essentiel dans le discours de ces agents. Dans l'étape finale, ceux qui ont donné cessent d'exister, ils ne sont déjà plus des acteurs, seul reste l'individu s'attirant les bonnes grâces des bénéficiaires en utilisant seulement son nom, son image, sa bonne intention, son travail héroïque et sa cape blanche.

La façon d'agir de la femme du monstre de Ramo Verde dans cette tâche n'est pas très différente non plus bien qu'elle mette toujours en avant le soin des vêtements de marque et l'éclat blond d'une chevelure toujours bien coiffée.

Ils ont désigné Lilian Tintori pour faire connaître publiquement l'image d'un Venezuela qui a un besoin urgent de secours. Pour cela, son travail le plus récent est de faire lapropagande de ses tournées en ajoutant le HT #RescateVenezuela qui, en faisant du cinéma, montre que cet ordre du jour n'est même pas efficace pour ses propres plans. Dans la ville de Madrid, il y a quelques jours, on a vu de façon évidente son inefficacité complète en ce qui concerne la logistique et l'organisation pour coordonner son son garde-fou « d'aide humanitaire » illégal. Ceux qui disent vouloir résoudre les problèmes stratégiques du pays ne peuvent même pas organiser correctement une collecte de médicaments.

Quand Tintori est venue « secourir » Tucupita, elle a d'abord dit qu'on lui avait interdit l'accès (elle l'a dit aussi en arrivant à Valencia et à Mérida), que les militaires postés à la sortie du fameux « poste de contrôle ». ensuite, elle s'est photographiée abordant de petites barques sur le fleuve Orénoque et elle a avancé jusqu'à al capitale de l'état Delta Amacuro par bateau. Cela suppose qu'elle est hardie, expérimentée, invincible. Elle est arrivée accompagnée par 2 experts en guarimbas : Gabriela Arellano et Yon Goicoechea et en disant :

Quel fut le résultat du secours ? Le lendemain de son discours, un jour où elle n'a pas remis une seule tablette d'atamel, des pillages dans plusieurs commerces ont éclaté à Tucupita, faisant des dégâts à plusieurs Mercals.

Comme nous l'avons vu, les images que ces agents font circuler sur les réseaux en assurant qu'il y a une donation énorme de médicaments à l'étranger sont variées.

Ce qu'il n'y a pas, ce sont des chiffres clairs sur ce que c'est, qui les remettent et surtout d'où ils vont s'arrêter. Le marché noir pourrait être l'une des réponses.

Quelqu'un tire profit du résultat de cette collecte et pas précisément de façon politiquement ouverte, parce que si Lilian Tintori ou José Manuel Olivares remettaient chaque médicament qu'ils disent avoir collecté à l'étranger, ces photos satureraient les réseaux sociaux, occuperaient des heures de programmes de télévision et des dizaines de pages dans tous les médias que la droite contrôle.

Tintori et Olivares: des lobbyistes de la "crise humanitaire"

Tintori et Olivares font partie des principaux porte-paroles de la "crise humanitaire", tous deux font la promotion du mécanisme « d'aide humanitaire » de plusieurs façons. L'un renforce l'idée de la crise hospitalière en mettant l'accent sur des cas spécifiques d'enfants malades (la grosse campagne médiatique sur l'Hôpital J.M. de los Ríos en est une preuve) et l'autre parle de la nécessité d'ouvrir un « canal humanitaire ».

Ils se réfèrent à un corridor humanitaire mais ils le font sans le dire en toutes lettres. Ils le maquillent, le déguisent, le font sans même préciser ce que sera ce « canal » machin et ils le font de cette façon parce que, quand on parle de corridor humanitaire, c'est pour évoquer une étape préalablement établie par les organisations des Droits de l’Homme et le gouvernement du pays affecté pour la fourniture de médicaments, d’aliments, d'articles de première nécessité et pour le transport de blessés et de cadavres.

Dans cette campagne « d'aide humanitaire » sont aussi comprises des ONG, des étudiants des universités privées comme l'UCAB, des artistes vénézuéliens et internationaux, des chaînes de pharmacies comme Locatel et des services de livraison de colis internationaux.

Une fin gênante pour les aigris de toujours

Au Venezuela, la difficulté d'accès aux médicaments hautement performants est certaine, la nier serait faire sans nécessité une erreur politique. Ce que nous avons voulu montrer dans cette tribune, c'est dans quelles conditions cette pénurie survient, quels sont les facteurs commerciaux qui la provoquent et de quelle façon elle est utilisée par les médias pour renforcer le siège financier et politique que met en place le pouvoir global contre le Venezuela.

A cause de cela, malgré cette attaque soutenue, l'Etat vénézuélien, conscient de la nécessité de subvenir à la demande de ceux qui sont dépendants des médicaments, a employé des ressources pour importer des médicaments et a renfoncé l'industrie de fabrication et d'assemblage vénézuélienne de ceux-ci.

Si belle qu'elle soit, il faut voir « l'aide humanitaire » comme elle est : une stratégie de la politique d'opposition locale pour fixer dans l'imaginaire l'image d'un Etat qui a échoué au Venezuela et favoriser l’interventionnisme.

Quand on détaille les mécanismes d'une opération comme celle-là, c'est qu'on peut comprendre sa véritable portée. Si nous regardons les détails, ce véritable kit d'aide humanitaire que propose la droite comprend des mensonges, des guarimbas et l'inévitable intervention yankee, tout bien photographié et publié par les médias et les réseaux sociaux.

Le présupposé que brandissent Olivares et Tintori est une tromperie versatile qui peut être modelée et utilisée chaque jour dans des perspectives différentes. Comme ils l'ont fait, en fait, très lourdement.

Source en espagnol :

http://misionverdad.com/columnistas/crisis-humanitaria

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/07/venezuela-montage-fraudes-et-cinema-autour-de-l-aide-humanitaire.html