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Brésil: Le Sénat approuve la poursuite du procès politique contre Dilma Rousseff

10 Août 2016, 12:23pm

Publié par Bolivar Infos

Telesur, 10 août 2016

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Le Sénat du Brésil a fait ce mercredi un autre pas vers la destitution de la présidente constitutionnelle Dilma Rousseff en acceptant, par 59 voix contre 21, l'accusation sur les irrégularités fiscales dans le budget 2015.

La session, qui a duré plus de 16 heures, a vu s'affronter les défenseurs de la destitution et ceux de Rousseff tandis que dans au moins 16 villes du Brésil avaient lieu des manifestations de groupes de gauche qui réclament le départ de Michel Temer du gouvernement en l'accusant de faire un coup d'Etat.

Le résultat de cette matinée a permis de voir que ceux qui souhaitent la destitution de Rousseff sont plus nombreux qu'il n'est nécessaire. Des parlementaires du Parti des Travailleurs (PT) ont annoncé qu'ils auront recours à la commission des droits de l'homme de l'OEA pour que le procès politique soit suspendu.

Le vote à servi à soutenir le rapport d'accusation contre Rousseff établi par le sénateur Antonio Anastasia du Parti de la Démocratie Sociale Brésilienne (PSDB) allié de Temer, qui a indiqué que Rousseff a violé la Constitution en réalisant des mouvements (d'argent) dans le budget sans l'autorisation du Congrès.

Les Brésiliens sont sortis dans les rues pour défendre Dilma Rousseff. « Les experts ont dit que la présidente n'a pas commis cet acte qui a été commis sous tous les mandats antérieurs. Cela n'est pas un procès technique parce qu'il n'y a pas de preuves. Le rapporteur a agi comme sous l'Inquisition, il a agi comme Torquemada, en créant des situations qui ne sont pas des preuves », a déclaré l'avocat de Rousseff, José Eduardo Cardozo.

La défense a soutenu qu'on veut appliquer le parlementarisme pour renverser une présidente élue.

Le vice-président du Sénat Tiao Viana, du PT, a déclaré que « le processus est vicié » parce qu'il a été engagé par Eduardo Cunha, bras droit de Temer, en décembre, alors qu'il était président de la Chambre des Députés et qu'il n'avait pas la protection de Rousseff en ce qui concerne des accusations de corruption dans le scandale Petrobras.

« On a monté un tribunal avec des cartes pipées, un coup d'Etat contre ceux qui ne supportent pas l'ascenseur social, qui ne supportent pas la défaite aux élections, qui ne supportent pas que l'ex président Luiz Inácio Lula da Silva ait été le leader mondial qui a réussi à montrer un pays plus juste qui a obtenu la réalisation des Jeux Olympiques de Río 2016", a soutenu Viana.

Roberto Requiao, du PMDB de Temer, est allé contre son parti en affirmant que le gouvernement par interim « est en train de vendre le pays au marché financier international », c'est pourquoi il a réclamé la fin du processus, le restauration de Rousseff et la convocation d'élections.

Requiao a dit que 35 des 81 sénateurs ne devraient pas voter puisqu'ils sont sur la liste d'Odebrecht, c'est à dire qu'ils font partie des personnes qui sont suspectées d'avoir reçu un financement illégal pour leur campagne ou des pots-de-vin de al part de la plus grande entreprise d’ingénierie du pays dont l'héritier est en prison et négocie un accord de dénonciations en échange d'une réduction de peine.

Marcelo Odebrecht, condamné en première instance, a accusé Temer, le chef de ses ministres Eliseu Padilha et le chancelier Serra d'avoir remis de l'argent illégal en liquide, selon les documents qui ont été révélés à la presse.

Gleisi Hoffman, ex chef de cabinet de Rousseff, du PT, pour sa part, a défendu la convocation d'un plébiscite pour organiser des élections générales anticipées pour tous les postes.

L'accusateur et créateur du texte sur les irrégularités dans le budget, le juriste Miguel Reale Junior, ex ministre du gouvernement rnando Henrique Cardoso, a dit que Rousseff est l'objet d'un rpocès « pour l'ensemble de son œuvre, pour avoir tenté de cacher la crise économique. »

Pour sa part, Lindbergh Farias, du PT, a affirmé que « ce jour est l'un des plus tristes de l'histoire parce que le coup d'Etat des oligarchies qui n'ont pas accepté la défaite électorale » a été établi et il a averti que si Temer est confirmé à la présidence, il aura l'immunité pour qu'on n'enquête pas sur ses relations avec Odebrecht, conséquence d'un mandat antérieur, en 2014.

(…)

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/news/Brasil-Senado-aprueba-continuar-juicio-politico-a-Dilma-Rousseff-20160810-0001.html

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/08/bresil-le-senat-approuve-la-poursuite-du-proces-politique-contre-dilma-rousseff.html