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Cuba : Washington contre Fidel guérilléro (I)

13 Août 2016, 08:24am

Publié par Bolivar Infos

Telesur, 3 août 2016

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

La connaissance de tout ce que les Etats-Unis ont fait pour empêcher le triomphe de la Révolution Cubaine est très importante pour la formation politique des nouvelles générations de Cubains et de Latino-caribéens. Parce que son soutien tenace à la dictature de Fulgencio Batista et ses manœuvres fébriles pour faire échouer la guerre de libération conduite par Fidel Castro, corroborent sans équivoque le caractère profondément anti-populaire et anti-démocratique du système impérialiste états-unien et de sa politique étrangère interventionniste.

Washington s'est engagé à fond avec la dictature de Batista.

De la même façon, ils confirment le point de vue colonial et annexionniste des élites de ce pays envers Cuba qui remonte à la prise et à l'occupation de La Habana par les Anglais (1762). L'historien cubain Ernesto Limia a travaillé sur les importantes affaires que la bourgeoisie des 13 colonies d'Amérique du Nord ont faites dans la capitale cubaine, affaires qui ont contribué de façon notable au développement économique de la future puissance et ont été le prologue à sa domination rapide de l'économie de l'île dans la première moitié du XIX° siècle.

Washington s'est engagé à fond avec la dictature de Batista. Il n'y a pas encore de preuve qu'il ait été l'organisateur du coup d'Etat (1952), qu'il l'ait conçu et imposé mais il y en a que son ambassade et sa mission militaire à La Havane connaissaient en détails les plans de conspiration en marche dans les forces armées et, d'office, cette information a dû arriver au Département d'Etat, à la CIA et au Pentagone. Cependant, la Maison Blanche du général Eisenhower n'a rien fait pour alerter le gouvernement d'un pays ami, élu selon les règles de la démocratie représentative, ce qui était son devoir selon les règles du droit international et aussi pour des raisons morales, surtout si on considère la constante auto-proclamation par la puissance qu'elle pratique et défend, par excellence, la démocratie.

Bien plus, la campagne des médias des Etats-Unis pour légitimer le coup d'Etat et le tyran devant l'opinion publique du pays et à l'étranger a été extraordinaire comme on peut le voir facilement en regardant les principales publications et les câbles des agences de presse pendant les semaines qui ont suivi le soulèvement militaire. Une tendance uniquement brisée par les reportages révélateurs sur la guérilla dans la Sierra Maestra et l'interview de Fidel publiés dans The New York Times en février 1957 par l'illustre reporter et écrivain Herbert Matthews, qui, évidemment, a été écarté de la scène quand son amitié et son respect sincères pour la Révolution Cubaine qui allait triompher et son leader sont devenus évidents.

Bien que les cercles du pouvoir de ce pays et leur mission militaire à Cuba aient sous-estimé Fidel et l'Armée Rebelle, le Pentagone lui-même et la CIA n'avaient pas idée de la grande menace et des possibilités révolutionnaires qu'impliquait pour sa domination sur l'île une guerre de guérilla menée avec le soutien du peuple et ils ne pouvaient pas imaginer le leader génial du point de vue stratégique et tactique qui la conduirait. Ils lui ont même apporté pendant une grande partie du conflit un soutien politique et militaire par l'intermédiaire des programmes intitulés Aide Mutuelle.

C'est en mars 1958, après 15 mois de guerre, que sous la pression de l'opinion publique, du Congrès et de certains médias, Washington décida un embargo sur les armes de l'infréquentable dictature de Batista quand il avait déjà à son actif un sillage de suppression des libertés démocratiques élémentaires, de répression de la protestation populaire, des milliers d'assassinats, la pratique systématique de la torture et d'horribles crimes de guerre.

Mais, oh, cynisme ! Il a violé son propre embargo depuis le jour même de son entrée en vigueur en fournissant systématiquement des bombes, des missiles et des munitions aux membres des forces aériennes du régime de fait, précisément sur les aérodromes de la Base Naval de Guantánamo. Partant de là, les avions mitraillaient et bombardaient – parfois avec du napalm – non seulement les forces rebelles de la colonne 1 et le Front II Frank País sur la large zone de l'Oriente cubain où ils opéraient mais ils mitraillaient et bombardaient aussi la population paysanne dans laquelle ils ont provoqué la mort d'enfants, de vieux et de femmes.

C'est pour arrêter cette ignominie et mettre en évidence le crime commis par les Etats-Unis que les troupes du Front II, commandées par Raúl Castro, organisèrent la célèbre Opération Anti-aérienne à la fin du mois de juin 1959 qui, grâce à la capture de 49 civils et membres de l'armée des Etats-Unis, obtint l'arrêt des bombardements.

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/bloggers/Washington-contra-el-Fidel-guerrillero-I-20160803-0006.html

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/08/cuba-washington-contre-fidel-guerillero-i.html