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Cuba : Washington contre Fidel guérilléro (II et fin)

13 Août 2016, 08:22am

Publié par Bolivar Infos

Telesur, 11 août 2016

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Le 5 juin 1958, le paysan Mario Sarol, cultivateur de café de la Sierra Maestra, était arrivé en courant au campement rebelle voisin et avait montré à Fidel Castro des morceaux des missiles qui avaient mis sa maison en morceaux peu avant. Sur ceux-ci, on pouvait lire USAF (Forces Aériennes des Etats-Unis). Sarol avait le spires inquiétudes concernant le sort de sa femme et de ses 5 fils car quand l'attaque s'est produite, il était dans le séchoir à café et en retournant chez lui, il a trouvé tout détruit et aucune trace d'eux. Heureusement, il s'étaient sauvés en se cachant dans une mine.

L'Armée Rebelle, conduite par Fidel Castro, était l'âme de la Révolution Cubaine. Emue par ce fait, le commandant écrivit à sa plus proche collaboratrice Celia Sánchez: « en voyant les missiles qu'ils ont tirés sur la maison de Mario, je me suis juré que les Américains vont payer très cher ce qu'ils font. Quand cette guerre sera finie, commencera pour moi une guerre beaucoup plus longue et plus importante : la guerre que je vais faire contre eux. Je me rends compte que cela va être mon véritable destin. » Comme on l'a déjà dit, en mars de cette année-là, Washington avait annoncé un embargo sur les armes envers Batista qu'il violait quotidiennement depuis la a Base Navale de Guantánamo en réapprovisionnant les avions qui attaquaient le territoire rebelle.

Quand Fidel rédigea ces lignes, la grande offensive de la tyrannie contre le bastion de la Sierra Maestra commençait juste. 14 bataillons et 7 compagnies indépendantes attaquaient, à partir de plusieurs points différents, le gros de l'Armée Rebelle qui ne dépassait pas les 300 combattants à ce moment-là. Batista considérait comme acquis que maintenant, on en finirait avec les « hors-la-loi ». En réalité, il y avait bien de quoi si on analysait froidement l'énorme asymétrie entre les adversaires en nombre d'hommes et en équipements, sans considérer d'autres désavantages pour l'armée révolutionnaire.

Mais ni Batista et ses généraux ni la mission militaire des Etats-Unis dans l'état major de la dictature, ni leurs chefs au Pentagone ne pouvaient imaginer alors qu'une force irrégulière soit capable de repousser, de décimer, de vaincre et de mettre en fuite ce considérable groupe de troupes d'une armée professionnelle en à peine 2 mois et demi de dure bataille. Il est certain que, dans la guerre révolutionnaire, le facteur subjectif est déterminant. L'Armée Rebelle était composée par le peuple, elle était hautement motivée par des idéaux et elle a été préparée méticuleusement pour cette épreuve du feu et dirigée magistralement par Fidel pendant ces journées héroïques qui donnent le vertige, comme jusqu'à la fin de la guerre. Elle avait, une chose décisive, le soutien de la population paysanne, de larges secteurs du peuple, du Mouvement du 26 Juillet et des autres organisations révolutionnaires. Au contraire, le moral des troupes de la dictature était bas et elles étaient mal dirigées.

Batista et les Etats-Unis pouvaient encore moins supposer que la défaite de l'offensive de la tyrannie se transformerait en puissante et foudroyante contre-offensive qui amènerait les troupes rebelles avant que l'année ne s'achève à s'emparer des zones rurales et suburbaines et à commencer à prendre les grandes villes depuis l'Oriente jusqu'au centre de Cuba.

Il n'y a aucun doute que le facteur surprise fut très important pour le triomphe de la révolution et pour empêcher une intervention des Etats-Unis dans le conflit, essentiellement sous la protection de l'OEA. Les chercheurs cubains José Luis Padrón et Luis Adrián Betancourt ont fait un travail solide sur Batista et ses derniers jours au pouvoir. Là, on voit un président Eisenhower atterré face à l' écrasante avancée des rebelles, le remue-ménage frénétique, maladroit et affolé de son gouvernement pour empêcher la victoire de la Révolution grâce à une sortie « sans Batista et sans Castro » et la tentative échevelée pour mettre en place une troisième force composée par l'opposition non armée et les officiers de l'armée non liés à la dictature.

En un clin d'œil, Santa Clara, Santiago de Cuba et tous les centres urbains des anciennes provinces d' Oriente et de Las Villas tombèrent aux mains de l'Armée Rebelle. La dictature fut renversée et Batista prit la fuite avec ses acolytes. Même alors, Washington tenta d'imposer une junte « civi co-militaire » qui n'avait encore ni Etat ni armée à diriger. Encore moins de peuple. Et ce fut ce peuple qui, à l'appel de Fidel, se lança en totalité dans la grève générale révolutionnaire, couronnement de la victoire des armes rebelles et symbole jusqu'à présent du lien étroit entre les masses et al Révolution Cubaine.

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/bloggers/Washington-contra-el-Fidel-guerrillero-II-y-final-20160811-0001.html

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/08/cuba-washington-contre-fidel-guerillero-ii-et-fin.html