Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Cuba-Etats-Unis : Le gouvernement des Etats-Unis prend une directive présidentielle de politique pour les relations avec Cuba

15 Octobre 2016, 13:33pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par: Rosa Miriam Elizalde (Cubadebate,14 octobre 2016)

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Ce 14 octobre pourrait passer dans l'histoire comme le dernier signal important de l'administration du président Barack Obama vers la normalisation des relations avec Cuba après que celui-ci ait pris une Directive Présidentielle de Politique (la PPD-43) qui pourrait aussi êtrepétré l'une des plus courtes si le prochain locataire de la Maison Blanche décide de l'abolir ou de la suspendre en janvier prochain.

 

Le document de 12 pages divulgué ce matin coïncide avec un discours de la conseillère à la Sécurité Nationale Susan Rice, au Centre Wilson de Washington DC, diffusé en direct sur Internet pais bloqué depuis les Etats-Unis pour les usagers cubains, et avec l'annonce du cinquième paquet de mesures d'Obama pour Cuba qui prévoit la possibilité de commercialiser aux Etats-Unis certains produits pharmaceutiques cubains.

 

Cette directive, qui a été divulguée simultanément avec une déclaration du Président, se prononce pour renforcer les changements que ce gouvernements a commencé envers Cuba le 17 décembre 2014 et pour « stimuler le développement d'un associé dans la région qui soit capable de travailler avec les Etats-Unis pour affronter des défis régionaux tels que le changement climatique, les maladies et les transactions illégales. »

 

Aussi bien le document qui donne des instructions à toutes les instances du gouvernements que la déclaration du Président reconnaissent qu'après 50 ans « d'une politique qui a échoué », les Etats-Unis ont travaillé avec Cuba pour parvenir au rétablissement des relations diplomatiques et à l'ouverture des ambassades,entre autres actions.

 

La Directive Présidentielle de Politique décrit la vision des Etats-Unis de la normalisation des relations avec Cuba conformément aux intérêts de la sécurité nationale états-unienne, évalue les étapes dans son avancement et décrit la situation stratégique actuelle et future, envisage les objectifs prioritaires de la normalisation entre autres indications qui mettent en évidence la reconnaissance du gouvernement cubain en tant qu'interlocuteur sérieux et responsable.

 

Dans le dernier demi-siècle de relations difficiles entre les 2 pays avec une hostilité permanente des Etats-Unis et un blocus qui continue à être en vigueur, une seule autre Directive Présidentielle a été divulguée, restée secrète jusqu'à ce que le Président Jimmy Carter la déclassifie pendant un voyage à Cuba, des années après la fin de son mandat, en mai 2002.

 

Jusqu'à présent, Carter avait été le seul Président des Etats-Unis à avoir exprimé par écrit, à travers une Directive Présidentielle, sa volonté d'avancer dans un processus qui s'achèverait par la « normalisation » des relations avec Cuba.

 

Les Archives de la Sécurité Nationale George Washington ont publié le texte intégral de cette Directive de Carter, du 15 mars 1977.

 

La Directive divulguée aujourd'hui, centrée sur l'avancement des relations entre les 2 pays, est publique, cette fois, et a une composante de plus qui reconnaît explicitement « la souveraineté et l'autodétermination de Cuba » bien qu'elle rende compte aussi du fait qu'il existe des différends entre les 2 pays.

 

« Nous prétendons aborder ces différends grâce à la participation et au dialogue et augmenter la compréhension entre nos gouvernements et nos peuples », ajoute le document.

 

Cependant, le texte ne cache pas que le but stratégique du gouvernement états-unien est de changer l'ordre constitutionnel à Cuba – un changement « dans le régime » comme les experts politiques ont nommé cette stratégie pour la différencier du « changement de régime » de l’administration Bush – ce qui correspond à ce qu'ont déclaré à plusieurs occasions les leaders de ce pays.

 

La déclaration de Susan Rice

 

Cubadebate n’a pas pu accéder en direct à la diffusion du discours de Susan Rice au Wilson Center qui était bloquée sur internet pour les usagers à Cuba. Nous avons élaboré notre compte-rendu à partir d'une copie publiée à la fin de la conférence sur la plateforme Medium.

 

Selon Susan Rice, conseillère d'Obama pour la Sécurité Nationale, la Directive Présidentielle est un « guide » pour tout ce qui dépend du gouvernement, « institutionnalise les progrès obtenus et guide la politique des Etats-Unis envers Cuba vers l'avenir. »

 

Elle a reconnu que dans le passé, il y a eu des plans secrets concernant Cuba élaborés aux Etats-Unis et « maintenant, nous avons décidé que cette Directive soit publique » et qu'elle remplace les Directives antérieures. Rice se réfère non seulement à celle de Carter mais à d'autres annonces de politique envers l'Ile émises sous l’administration Bush.

 

« Cuba est devenue un associé émergent dans la lutte contre le terrorisme, la trafic de drogues, la délit transnational et les menaces globales de la santé », a-t-elle admis tout de suite après.

 

Rice a rappelé qu'il y a exactement 54 ans, le 14 octobre 1962, un avion espion états-unien a pris des photos d'installations de missiles nucléaires soviétiques à Cuba, ce qui est connu sur L’ile comme la Crise d'Octobre. « Depuis lors, il y a eu des suspicions mutuelles et des relations profondément hostiles », a dit la Conseillère, oubliant que le différend a débuté en réalité en 1959 et que Cuba n'a jamais menacé, envahi ni mis les Etats-Unis sous blocus.

 

« Dans bien des sens, il est encore incroyable que nous soyons en train de parler de normalisation » des relations, a commenté la conseillère d'Obama pendant sa conférence au Centre Wilson. Elle a admis que « la politique antérieure envers Cuba était basée sur un point de vue de la Guerre Froide et sur des calculs politiques concernant notre intérêt national et ne fonctionnait pas. »

 

Elle a été catégorique : « Je veux être claire, les Etats-Unis respectent la souveraineté de Cuba et n'ont pas l'intention de lui imposer un changement de régime. » Cependant, plus loin, elle se contredit en affirmant que les Etats-Unis « ne peuvent rester assis en attendant que Cuba change sans nous impliquer. »

 

Les mesures, un paquet modéré

 

A la veille d'un vote à l'ONU lors duquel les Etats-Unis ont l'habitude une écrasante condamnation internationale de leur politique de blocus envers Cuba, le président Obama a aussi approuvé aujourd'hui une série de mesures et a déclaré qu'il était sûr que le processus engagé par son administration vers le normalisation des relations était irréversible.

 

Les nouvelles dispositions prévoient l'exportation de produits pharmaceutiques cubains et aussi que ces produits puissent obtenir l'approbation de l’Administration des Médicaments et des Aliments (FDA).

 

Bien qu'il faille encore du temps pour débrouiller l'écheveau juridique qui accompagne cette annonce, pendant une conférence de presse à laquelle assistait Cubadebate, la directrice de la Chancellerie cubaine pour les Etats-Unis, Josefina Vidal, a averti que les nouvelles mesures avaient certaines limites :

 

Elles sont destinées, essentiellement, à élargir les transactions autorisées dans des paquets antérieurs.

 

Les exportations des Etats-Unis vers Cuba ne s'étendent pas au-delà des ventes limitées autorisées auparavant et qui excluent les secteurs clefs de l'économie cubaine.

 

Les restrictions sur les importations cubaines aux Etats-Unis sont maintenues, en particulier celles qui proviennent du secteur de l'Etat, à la seule exception des produits pharmaceutiques qui sont autorisés par ces mesures.

 

De nouvelles mesures dans le domaine des finances n'ont pas été annoncées.

 

L'interdiction pour Cuba d'ouvrir des comptes dans des banques états-uniennes est maintenue.

 

Ces mesures en général profitent plus aux Etats-Unis qu'au peuple cubain.

 

La politique de sanctions enracinées dans le blocus est maintenue.

 

Mesures par secteur et leurs limites :

 

Santé :

 

Le développement de projets de recherche médicales conjointes à des fins commerciales ou non commerciales entre des personnes ou des entités des 2 pays.

 

Toutes les transactions relatives à l'obtention de l'approbation par l’Administration des Médicaments et des Aliments des Etats-Unis (FDA) de produits pharmaceutiques cubains. Ceci comprend la recherche et le développement du produit, les essais cliniques, le contrôle et l'approbation règlementaire et l'importation.

 

L'ouverture de comptes bancaires à Cuba par des personnes ou des entités états-uniennes liées aux activités mentionnées antérieurement.

 

Les limites :

 

On n'autorise pas l'établissement d'entreprises mixtes pour le développement et la commercialisation des produits pharmaceutiques.

 

Les transactions humanitaires :

 

L'attribution de bourses et de prix à Cuba ou à des citoyens cubains liés à la recherche scientifique ou à des activités religieuses.

 

La fourniture de services à Cuba ou à des citoyens cubains pour développer, réparer, conserver ou améliorer certaines infrastructures pour le bénéfice direct du peuple cubain (comme, par exemple, les transports publics, la fourniture d'eau, la gestion des déchets, la production d'électricité non nucléaire, la distribution de l'électricité, les hôpitaux, les écoles et les logements).

 

Les voyages :

 

L'élimination du plafond de 400 USD (dont 100 USD en rhum et en tabac) pour l'importation aux Etats-Unis de produits cubains acquis à Cuba ou dans des pays tiers pour leur usage personnel par les Etats-uniens.

 

L'envoi d'argent à des citoyens de pays tiers pour leurs voyages à destination de Cuba, leur retour de Cuba ou leur voyage sur place toujours à condition que ce voyage entre dans les 12 catégories approuvées par le loi des Etats-Unis.

 

La fourniture de services à Cuba ou à des citoyens cubains concernant la sécurité de l'aviation civile et la sécurité des avions commerciaux par des personnes ou des entités états-uniennes.

 

Les limites :

 

Les conditions pour obtenir une licence particulière pour l'acquisition de matériel pour la sécurité aérienne sont maintenues.

 

Le commerce :

 

L'exportation de certains biens de consommation vendus « en ligne » (par internet) ou par d'autres moyens, directement à des personnes éligibles à Cuba pour leur usage personnel. On n'explique pas en qui ça consiste.

 

L'importation aux Etats-Unis ou dans un pays tiers d'articles exportés ou réexportés précédemment de Cuba avec une autorisation des Départements du Trésor et du Commerce. On autorise aussi la réparation de ces articles. L'exportation ou la réexportation d'articles de remplacement ou d'articles qui ont été réparés ou conservés devra être autorisée séparément.

 

La signature de contrats éventuels par des personnes et des entités des Etats-Unis pour des opérations actuellement interdites par le blocus, toujours à condition que l'exécution du contrat soit expressément soumise à l'autorisation de l'OFAC ou d'une autre agence fédérale.

 

L'élimination de la restriction d'entrée dans les ports états-uniens pour le chargement ou le déchargement de marchandises des bateaux étrangers 180 jours après avoir mouillé dans un port cubain dans un but commercial toujours à condition que les articles transportés à Cuba ne soient pas désignés comme articles sous le contrôle du Département du Commerce (la liste des articles contrôlés a actuellement plus de 400 pages).

 

Le transport de marchandises par la voie aérienne par Cuba, ce qui complète la licence générale existante pour le trafic de marchandises par la voie maritime.

 

Dans ce chapitre se trouve une précision de l'OFAC qui signale que des produits liés à l'agriculture comme les pesticides et les tracteurs dont l'exportation et le réexportation par Cuba sont autorisées par le Département du Commerce ne sont pas sujets à des restrictions en terme de paiement.

 

Les produits agricoles continuent à être sujets au paiement en liquide et d'avance. Pour le dire autrement, il est possible d'acheter un tracteur mais pas un poulet ou du riz pour l'alimentation de la population sauf si on paie d'avance.

 

Source en espagnol :

http://www.cubadebate.cu/noticias/2016/10/14/emite-gobierno-de-eeuu-directiva-presidencial-de-politica-para-las-relaciones-con-cuba/#.WAHVK4SGcRE

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2016/10/cuba-etats-unis-le-gouvernement-des-etats-unis-prend-une-directive-presidentielle-de-politique-pour-les-relations-avec-cuba.html