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Venezuela : La Grève générale fait partie de la guerre économique

Publié le par Bolivar Infos

 

Mission Vérité, 28 de octobre 2016

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Le conflit politique et économique vénézuélien se décante, baisse les masques et met à leur place les principaux acteurs de l'anti-chavisme.

 

Ce qu'ils font avec les mains, ils le défont avec les pieds

 

Toute la couche discursive construite pendant 3 ans avec les mains pour cacher les manœuvres putschistes de l’anti-chavisme a été défait ces jours-ci : ils ont dit que l'Assemblée Nationale « résoudrait les problèmes économiques du pays » et ils ont fini par tenter un coup d'Etat parlementaire.

 

Lorenzo Mendoza a affirmé, ni plus ni moins, que son intérêt n'était pas la politique et qu'il utilisait même son entreprise comme arme économique mais il a assisté, très content, à la marche de l'opposition du 26 octobre dernier, acceptant précisément tout le contraire. Dans des moments et des situations de forte conflictualité politique comme la situation actuelle, les Entreprises Polar diminuent leur production pour porter atteinte à la vie quotidienne de la population à des fins politiques. Sa photo à la marche de l'opposition n'est pas gratuite.

 

La même chose est arrivée avec la soi-disant intention de ne pas aller à Miraflores « jusqu'à la prestation de serment d'un nouveau président », selon ce qu'a déclaré Freddy Guevara, comme avec la négation permanente du fait que l'idée de « Grève générale » était une invention du député Diosdado Cabello.

 

« Nous ne faisons pas de guerre économique, c'est une invention du gouvernement mais nous convoquons à la paralysie du travail, de l'économie, à la paralysie financière et commerciale au Venezuela pour accentuer la crise au Venezuela, en cherchant à exacerber les volontés de déstabilisation et le climat d'instabilité politique. »

 

Les masques ont fini par tomber. L'ordre du jour de coup d'Etat perpétuel contre le chavisme ne peut plus être occulté ou effacé. Tous se montrent comme ils sont véritablement et ont toujours été, maintenant en haute définition, en 3 D et sur écran géant.

 

Ce qu'il y a derrière l'appel à la « grève générale »

 

Bien que ce qu'on appelle « grève générale », convoqué par la MUD, à laquelle les réseaux sociaux et les médias privés ont fait une large publicité hier, n'ait pas été effective ce matin, il faut révéler ce qui se cache derrière cet appel.

 

De grands cartels économiques du pays comme FEDECAMARAS et CONINDUSTRIA ont dit qu'ils ne se joindraient pas directement à la grève mais que si certaines de leurs entreprises (en majorité des corporations transnationales) décident de se paralyser et d'interrompre le processus de production de médicaments et d'aliments, ils ne s'y opposeraient pas.

 

CONINDUSTRIA louvoie entre la contradiction de « ne pas soutenir », la « grève générale » convoqué par la MUD et de soutenir ceux qui décident de la respecter. Soi-disant, ils ne font pas de sabotages de la production et de la distribution mais si les entreprises qu'ils représentent le font, ils ne s'y opposent pas. C'est à dire qu'ils sont parties prenantes du sabotage et de l'appel à la « grève générale ».

 

Cependant CONINDUSTRIA (qui concentre 60% de l'appareil de production et de distribution des biens essentiels du Venezuela) a réinventé ses façons de faire grève contre le gouvernement. Depuis 2012, comme le rapporte une enquête réalisée par Mission Vérité, 40% des entreprises affiliées à CONINDUSTRIA ont diminué leur production, justement quand elles ont reçu 16% de devises de plus pour l'augmenter.

 

Le dernier rapport de CONINDUSTRIA sur la production du secteur privé au Venezuela pour cette année est identique à celui présenté ci-dessus : une réduction de 40% dans les inventaires et dans les entreprises affiliées.

 

Il y a 3 ans de grève et de diminution continue de la production de biens essentiels et ils soutiennent les entreprises qu'ils représentent qui suivent la grève convoquée par la MUD. Face à cela, la thèse de la guerre économique ne semble plus une invention de propagande du gouvernement.

 

Erreur : faire « de la politique » au Venezuela sans connaître le Vénézuélien.

 

L'appel à la « grève générale » cherchait, au-delà de son expression sur le front patronal, à ce que les gens restent enfermés chez eux, n'aillent pas travailler, n'amènent pas leurs gamins au collège et ne fassent ni démarches personnelles ni démarches professionnelles. Cela fait aussi partie de la stratégie de guerre économique qui, dûment propagée par les médias avec tellement de ressources asymétriques, envisage de porter atteinte ou/et de saboter le quotidien économique – y ajoutant des acteurs avec diverses capacités – du pays pour que les secteurs anti-chavistes en profitent politiquement.

 

Avec cette convocation à une « grève générale », ils cherchaient à étendre le rayon d'influence et d'atteinte de la guerre économique en la déplaçant dans la rue et vers les personnes directement concernées et victimes à la fois.

 

Bien que la grève ait échoué, le recours à la guerre économique s'allie au discours anti-politique et fait partie de son portefeuille d'opérations illégales contre le pays. Ils l'ont affirmé eux-mêmes. Ce nouveau scénario de conflit, dans le domaine politique, financier international et constitutionnel les oblige à pousser cette stratégie de guerre jusqu'à ses ultimes conséquences car ils dépendent du fait que cette situation se perpétue et se maintienne le temps qu'il faut pour qu'ils capitalisent le mécontentement qu'ils ont provoqué.

 

Mais ils ne connaissent pas le Vénézuélien ordinaire, la plupart du temps pauvre : un patacaliente1, qui regarde devant lui, travailleur et jongle avec les difficultés, qui ne reste pas enfermé et ne cessera pas de résoudre son quotidien parce qu'un conclave de fils de riches l'exige.

 

Des commerces, des transports publics, des services et des entreprises publiques et privées, aussi bien dans les zones distinguées de l'est que dans les zones populaires de l'ouest de Caracas, continuent de fonctionner comme chaque vendredi. Le pays continue à être en mouvement contre la démence de la mUD. Personne ne suicidera son commerce un vendredi – quand on vend le plus - ni le produit de sa quinzaine, les tickets et les heures supplémentaires parce que Freddy Guevara l'ordonne.

 

Les difficultés économiques qu'impose la situation actuelle donne une rapidité particulière au quotidien ? Trouver un repas pour le week-end ou pour aujourd'hui, amener et reprendre les enfants au collège, s'occuper de ses affaires personnelles et chercher à arrondir ses fins de mois sont les raisons principales qui ont fait échouer ce nouvel appel à paralyser le pays.

 

La MUD, derrière cet appel, démontre qu'elle est déconnectée du pays et qu'elle rêvait de lui imposer un théâtre de l'absurde : ne sors pas pour chercher à manger pour le week-end, ne travaille pas et perds le salaire de ce jour-là, n'envoie pas tes gamins en classe, qu'ils n'aient ni déjeuner ni dîner, ne sors pas de chez toi.

 

C'est à dire, deviens un organisateur actif de ta propre asphyxie économique. Oui, Luis.

 

Le Vénézuélien ne cessera pas de vivre et ne restera pas chez lui, déprimé, parce que la MUD lui demande de se mettre à genoux.


1Militant et penseur de gauche depuis sa jeunesse, c'est un "pata caliente" (qui ne tient pas en place, un voyageur), très critique des réalités du pays. (http://context.reverso.net/traduction/espagnol-francais/pata+caliente?utm_source=reversoweb&utm_medium=contextresults&utm_campaign=resultpage)

 

Source en espagnol :

http://misionverdad.com/la-guerra-en-venezuela/paro-nacional-la-mud-acepta-que-aplica-la-guerra-economica-a-venezuela

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2016/10/venezuela-la-greve-generale-fait-partie-de-la-guerre-economique.html