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Colombie : Les FARC-EP expulsent des guérilléros dissidents

Publié le par Bolivar Infos

 

Resumen Latinoamericano, 15 décembre 2016.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Les FARC ont justifié leur expulsion par la « conduite contradictoire » des commandants par rapport à la « ligne politique et militaire » du groupe.

 

Les experts l'avaient prévu, le gouvernement le craignait, les FARC elles-mêmes le soupçonnaient : le phénomène de la dissidence dans la guérilla qui a signé la paix avec l'Etat colombien après plus d'un demi-siècle de conflit n'est pas seulement une hypothèse. La preuve la plus importante en est arrivée mardi quand les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple ont annoncé qu'elles avaient décidé d'expulser 5 commandants.

 

Dans un communiqué, les FARC ont informé que Gentil Duarte, Euclides Mora, John Cuarenta, Giovanny Chuscas et Julián Chollo (tous ces noms sont des noms de guerre) qui accomplissaient des tâches de commandement dans le groupe insurgé dans la zone Orientale ont été séparés des rangs de cette guérilla.

 

Le texte lance aussi un appel aux combattants à ne pas suivre ces hommes qui étaient leurs chefs immédiats et leur demande de revenir dans les rangs des FARC où, disent-ils, « ils seront accueillis à nouveau par leurs camarades ».

 

Qui sont-ils ?

 

Selon un rapport du Centre de Ressources pour l'Analyse des Conflits (CERAC), Gentil Duarte, qui était commandant du front dans le Bloc Oriental, est le plus célèbre des chefs expulsés par les FARC. En tant que membre de la délégation de paix des FARC à La Havane, il avait été choisi pour « corriger » la direction du Premier Front de ce même bloc. Il est entré en dissidence avant les autres. Sa désertion a été la plus importante pour le groupe rebelle.

 

Ariel Ávila, sous-directeur de al Fondation Paix et Réconciliation a dit à BBC Mundo: « je crois que les FARC vont chercher à convaincre Gentil Duarte de revenir parce que c'est l'un de ses dirigeants historiques. »

 

Le second en importance est John Cuarenta.

 

Pour sa part, Euclides Mora est allé, comme Duarte, à La Havane et Giovanny Chuspas a été chef de front dans le Bloc Oriental. Julián Chollo opérait dans le département de Guaviare, selon Ávila.

 

Pourquoi ont-ils été expulsés ?

 

Le communiqué des FARC dit : « Cette décision est motivée par leur conduite récente qui les a amenés à entrer en contradiction avec notre ligne politique et militaire. »

 

Gabriel Ángel, membre des FARC, a donné quelques indices sur son compte Twitter (retwittés plusieurs fois par Timochenko, le plus haut dirigeant de cette guérilla) : « Ceux qui ont été expulsés parlaient de continuer la lutte armée, pour continuer à faire des siennes. Ils mentaient au nom de la Révolution. Expulsés : accommodements, vols envers le mouvement, abus envers la population, tout caché sous un faux langage radical. »

 

Il y a des versions qui suggèrent qu'ils ne respectaient pas le mise en œuvre des accords de La Havane: certaines étapes en vue du déplacement des guérilléros dans les zones de regroupement auraient dû avoir commencé mais ils ne le faisaient pas.

 

Jorge Restrepo, directeur du CERAC, a dit à BBC Mundo qu'il ne s'agissait pas d'un problème de trafic de drogues ou d'extorsion mais de non accomplissement de la préparation de la démobilisation et du désarmement. Ávila, pour sa part, a signalé qu'au moins dans certains cas, les dissidents sont partis avec des armes, des hommes et de l'argent, abandonnant leur poste. Il a précisé : « La raison de cela n'est pas économique, c'est une question juridique. » Il évoque le retard dans la mise en place des accords de paix qui a provoqué des doutes et de l'insécurité chez certains membres des FARC.

 

« Les FARC avaient calculé que pour le 1° novembre, ils seraient tous dans les zones de regroupement, » a-t-il dit. La défaite au plébiscite du 2 octobre a tout retardé.

 

Comment cela affecte-t-il le processus de paix ?

 

Pas tellement le processus actuellement mais la sécurité dans le pays en général puisqu'il est probable que certains dirigeants surgissent et cherchent à construire des organisations criminelles. « Malgré l’impact négatif de cette situation sur l'après-conflit » signale le rapport du CERAC, « la notification publique qu'ont faite les FARC à propos de leurs déserteurs garantit un contrôle efficace du cessez-le-feu bilatéral. »

 

Pour sa part, le ministre de la Défense Luis Carlos Villegas a dit qu'il y aurait une offensive des forces de l'Etat contre les dissidents des FARC.

 

Pendant ce temps, les experts continuent à avertir que le phénomène de la dissidence peut continuer, le Gouvernement continue à le craindre et les FARC le soupçonnent certainement.

 

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2016/12/16/colombia-quienes-son-los-comandantes-guerrilleros-disidentes-expulsados-por-las-farc/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2016/12/colombie-les-farc-ep-expulsent-des-guerilleros-dissidents.html