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Fidel Castro: Absous par l'histoire (+ vidéo en Esp.)

Publié le par Bolivar Infos

Fidel Castro: Absous par l'histoire (+ vidéo en Esp.)

 

1° décembre 2016 by cubanismo

 

C'était le 12 août, juste un jour avant les 90 ans du leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro. À cette occasion, la Table Ronde convoquait de prestigieux historiens cubains pour parler de sa pensée, de l'histoire et de son legs au monde.

 

Dans ses déclarations à la télévision, le président de l'Académie d'Histoire, M. Eduardo Torres Cuevas, commentait le fait que parler de la personnalité de Fidel Castro dans l'histoire de Cuba, signifiait également parler aussi de l'histoire, et qu'il était impossible de séparer la figure traditionnelle de celle-ci, de la pensée dans laquelle cette personnalité s'était formée. 

 

Il faut souligner que Fidel Castro est un profond connaisseur de José Marti. On peut voir que tout au long de ses années, son analyse du 10 octobre sur Guáimaro, de  la Protestation de Baraguá, des œuvres de Marti qu'il domine et interprète de manière si parfaite, témoigne qu'il ne s'agit pas d'un simple lecteur de Marti, mais bien d'un lecteur actif de celui-ci. En effet, Marti lui parle et l'interroge, et Fidel lui répond dans le même langage. C'est pour cela que la quatrième révolution qui s'était amorcée, avait Marti pour auteur intellectuel. Cela ne pouvait pas se passer autrement, car Marti résume la pensée révolutionnaire, selon M. Torres Cuevas.

 

Cela signifiait aussi que Fidel s'était transporté jusqu'aux racines profondes de la lutte mambise, et que la grande crise de l'armée professionnelle avait commencé à ce moment-là. Ainsi, il expliquait que: «Cette armée était préparée pour un autre type de lutte, et malgré cela, tout l'arsenal disponible n'avait pas pu arrêter la stratégie intelligente de la lutte de guérilla issue de l'héritage mambise.»

 

Je crois qu'aujourd'hui, nous devons nous sentir très orgueilleux d'une figure comme la sienne, de dimension universelle, et dont l'histoire en gardera l'empreinte, parce qu'il s'agit d'une pensée authentique et conséquente, qui ne s'est pas formée de manière abstraite, mais bien dans nos traditions révolutionnaires, dans nos traditions intellectuelles, dans notre culture en général”.

 

De son côté, Rolando Rodríguez s'est concentré sur les raisons ayant permis la formation de la pensée de Fidel Castro, même si celle-ci avait grandi dans les coulisses d'une république néo-coloniale.“Fidel nous a rendu l'orgueil d'être Cubains, et paradoxalement il en résulte que nous les Cubains, nous avons l'orgueil d'avoir un leader de taille universelle, un des grands hommes forgés par l'humanité.”

 

Pendant un quart de siècle, Cuba était éteinte, il n'y a avait personne pour la représenter. À partir de 1925 ont commencé à surgir quelques noms extraordinaires comme Mella, Guiteras, Rubén Martínez Villena. Mais lorsqu'est apparu ce jeune homme qui avait gagné le prix de l'oratoire, qui avait été éduqué dans un lycée jésuite, la rumeur courait qu'il allait être ou bien dangereux, ou bien quelqu'un de très grand», ajoutait M. Rodríguez.

 

D'un jour à l'autre, ce fils de propriétaire terrien, riche, etc, se convertit en un anti-impérialiste, se mit à étudier tout seul et devint marxiste. Et ce jeune homme finira par se retrouver au «Bogotazo», luttant en Colombie pour le peuple colombien à Cayo Confite pour la liberté devant l'oppression du tyran Trujillo, et deviendra l'homme qui dirigera l'assaut à la caserne de Moncada”.

 

Rodríguez se rappelle qu'au cours de ces années, il était très jeune mais qu'il savait déjà qui était Fidel Castro; que c'était un génie militaire et un génie fondamentalement politique. “Il m'a confié qu'il avait appris la guerre de guérilla dans les chroniques de Miró Argenter; et sans cheval, cet homme fut capable de dérouter en moins de 24 heures la dictature de Batista et en moins de 72 heures, gagner Girón. En pleine Crise d'Octobre, sa figure a brillé d'une manière incroyable; mais c'est un leader qui s'est fondu dans le peuple, et qui a fait que le peuple soit capable de vaincre tous les obstacles que se sont présentés devant lui.”

 

Ainsi, pour Rolando Rodríguez, aujourd'hui c'est un orgueil que le pays qui était méprisé sous la République néo-coloniale, ait pu conduire la science et le sport à des médailles inénarrables; nous sommes arrivés à être une puissance médicale, avec une pensée qui n'admet pas que l'économie soit la seule discipline pouvant conduire au socialisme, une pensée qui doit rester unie à l'idée que la conscience forge, à un degré extraordinaire, une nouvelle mentalité et un nom nouveau.

 

Fidel et les rapports Cuba- États-Unis.

 

Qu'est-ce qu'a représenté Fidel face à l'empire états-unien et pour le peuple américain? Qu'y a -t-il de vrai dans le mythe qu'on a essayé de créer sur Fidel comme ayant été l'obstacle aux rapports entre Cuba et les États-Unis? Ce thème avait été le sujet de thèse du jeune historien, M. Elier Ramírez Cañedo.

 

Pour M. Elier, l'une des raisons du pourquoi Fidel a réussi à survivre pendant onze  administrations états-uniennes, doit être recherchée dans le fait qu'après Cuba, le pays que Fidel connaît le mieux sont justement les États-Unis: “Il a toujours été en avant de la pensée des adversaires qui sont passés par la Maison Blanche; il a consacré à ce thème de très longues heures, en parlant avec des hommes politiques, des congressistes américains qui sont passés par Cuba. Il a un flair pas possible pour anticiper, toujours”.

 

Cela dit, l'historien affirme que les adversaires de la Révolution ont présenté Fidel comme l'obstacle de la normalisation et même, qu'ils le situent à l'origine du conflit entre les deux pays.

 

Selon sa démonstration, ceci est faux: “On sait que le conflit entre Cuba et les États-Unis est ancestral, et que Cuba et les États-Unis n'ont jamais eu de rapports normaux, ni au XIXe siècle sous la République néo-coloniale; et s'il y a quelque chose que montrent les documents déclassés des États-Unis, est que c'est bien Fidel Castro qui a voulu le dialogue et chercher à améliorer les relations depuis 1959 jusqu'aux dernières années qu'il dirigeait notre pays, à condition que la souveraineté de Cuba et ses principes ne soient jamais  sur la table des négociations”.

 

Pendant la Table Ronde, M. Elier Ramírez a détaillé les différentes tentatives de rapprochements menées par Fidel, depuis sa première visite aux États-Unis après le triomphe de la Révolution cubaine; il a également rappelé que lorsque les rapports diplomatiques se cassent en janvier 1961, ce n'est pas Cuba qui avait provoqué cet incident.

 

Pour sa part, l'historien Alberto Prieto a rehaussé le fait que  Fidel avait bien capté les différences existantes entre Cuba et le reste des pays dominés dans le monde, et qu'il avait lancé un nouveau concept selon lequel l'ennemi à dérouter était l'impérialisme et ses alliés internes. “En triomphant, la révolution a assuré deux idées: l'intégration latino-américaine dans le sens général comme force unificatrice des États face aux outrages perpétrés par les États-Unis, et la solidarité internationaliste révolutionnaire. En 1959, Fidel trace une stratégie dans les deux sens vers l'Amérique latine et l'Afrique”.

 

Mesa Redonda

http://cubanismo.net/cms/fr/articles/fidel-castro-absous-par-lhistoire-vid-o-en-esp