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Argentine : Macri est-il le président le plus corrompu au monde ?

Publié le par Bolivar Infos

 

Par Dr. Alberto Grille (Cubadebate, 6 janvier 2017)

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Selon le dossier de l'affaire pénale 3.899/16 dans la juridiction du juge fédéral argentin Sebastián Cassanello,intitulé « Macri, Mauricio s/infraction à l’article 303 du Code Pénal » et la dernière plainte déposée par le député national de Neuquen Darío Martínez, le président argentin possède directement ou par l'intermédiaire de prête-noms un réseau d'au moins 50 sociétés off-shore non déclarées dans 11 paradis fiscaux : 29 au Panamá, 3 à Hong Kong, 4 en Uruguay, 3 dans l état de Floride (Etats-Unis), 4 aux Bahamas, 1 à Londres, 1 à New York, 1 à Belize, 1 à Dubaï, 2 aux Iles Caïman 1 à British Island.

 

Ce nombre impressionnant de sociétés secrètes a été tout d'abord créé par son père et ensuite par ses frères et lui-même entre 1976 et 2015. 30 d'entre elles ont été fondées dans les 15 dernières années et bien que le président Macri, au début, ait essayé d'enlever de l'importance à leur découverte en affirmant qu'elles n'étaient pas en activité et ne réalisaient pas de mouvements, les 2 premières qui ont été connues, en particulier, Fleg Trading LTD (société off-shore ayant son siège aux Bahamas) et Kagemucha SA (société off-shore ayant son siège au Panamá) dont l'existence a été connue après la révélation des Panama Papers et dont il est vice-président, les preuves accumulées jusqu'à présent démontrent qu'à travers elles, des transferts de plusieurs millions de dollars ont été réalisés vers d'autres sociétés occultes appartenant aussi au groupe de la famille pour blanchir de l'argent mal acquis et ne pas payer d'impôts.

 

Toutes les déclarations officielles de patrimoine de Macri sont fausses. Celles qu'il a faites à Buenos Aires dont il a été le chef du Gouvernement pendant 8 ans ne coïncident pas avec ses déclarations faites simultanément devant les bureaux fédéraux. Ainsi, l'Etat national argentin possède des informations sur la patrimoine du président différentes de celles qu'il a données à la ville sans qu'on puisse encore préciser à qui il a menti. Ou pour mieux dire, à qui il a menti le plus parce que dans aucune des 2 déclarations n'apparaissent ses dizaines de société off-shore et que le montant déclaré ne correspond à aucun de leurs mouvements passés ou présents.

 

Dans l'exercice 2014, Macri a déclaré devant le Bureau Anti-corruption d'Argentine posséder pour 52 millions de pesos argentins de biens, ce qui, au change officiel, représente quelques 6 millions de dollars. Cependant, 2 mois auparavant, en qualité de chef du Gouvernement, il avait informé le Secrétariat Général de la Ville de Buenos Aires qu'il possédait 68 millions de pesos et 2 millions de dollars. Un an plus tard, dans l'exercice 2015, sa dernière déclaration, Macri a déclaré au Bureau Anti-corruption qu'il avait pour 110 millions de pesos de biens, c'est à dire, une augmentation de plus de 100% de son patrimoine dans cette dernière année et pour la première fois, il a admis avoir « des investissements aux Bahamas », pour un total de 18 millions de pesos argentins, un peu plus d'1 million de dollars au change actuel de 15 pesos pour 1 dollar.

 

Cette augmentation fabuleuse justifie à peine un patrimoine total de moins de 8 millions de dollars, un chiffre très inférieur à ce qu'on suppose qu'il a réellement. Deux faits presque anecdotiques suffisent à démolir ses déclarations officielles de patrimoine. En 2005, Macri a divorcé de sa seconde femme, Isabel Menditeguy avec qui il a été marié 11 ans. La séparation lui a coûté, selon ce qui a été dit à ce moment-là, la bagatelle de 25 millions de dollars et cela grâce à son fantastique pouvoir de persuasion qui comprend l'espionnage de son ex-femme parce que le montant initial demandé par Menditeguy dépassait les 70 millions.

 

Un autre fait qui réfute sa propre déclaration est la confirmation de l'existence d'un compte off-shore, le numéro 2048080 de la Banque suisso-Italienne de New York appartenant au président argentin d'où il a fait au moins 2 virements, un de 9.145.000 dollars et l'autre de 45.660.000.

 

Les suspicions, procédures et condamnations contre le clan Macri sont anciennes et ont fait école en Argentine. Déjà au temps de la dictature, les entreprises du groupe ont bénéficié de la nationalisation de la dette privée qui a été réalisée grâce aux assurances de change créées par le directeur de la Banque Centrale de l'époque, Domingo Cavallo, en 1982. Cette nationalisation de la dette de plusieurs millions qui a favorisé les principales entreprises argentines pour des millions de dollars, le clan Macri en a bénéficié à tel point qu'il a même inventé une dette fictive grâce à des auto-prêts.

 

Des années plus tard, en 1986, le chef du département de la Dette Extérieure de la Banque Centrale, Carlos Melconian, aujourd'hui président de la Banque Nation d'Argentine, a signé et envoyé à la direction de la banque le rapport 480/161 dans lequel on demandait l'annulation de l'enquête sur la dette privée contractée à l'étranger à la fin de la dernière dictature civique et militaire. Les commissaires aux comptes de la Banque Centrale menèrent cette enquête à bien parce que cette dette était considérée comme « des crédits frauduleux et d'une légalité douteuse » déclarés par des entreprises privées et évalués à au moins 6 000 millions de dollars. Parmi les entreprises dénoncées figuraient des entreprises étrangères et argentines dont Pérez Companc, Bridas et Sideco Americana SA, du groupe Macri. »

 

Quelques années plus tard, en 1995, Cavallo, alors ministre des Finances de Carlos Menem, a émis le décret 493 connu comme « décret Sevel » ou « moratoire Sevel » pour effacer les intérêts et les amendes pour dette d'impôt accumulées qui auraient été payées avant juillet 1995. Quelques jours plus tôt, Sevel, concessionnaire du groupe Macri dont les patrons étaient Franco et Mauricio et qui accumulait 55 millions de dettes d'impôt, avait respecté exactement les conditions pour bénéficier de cette exonération au point que, selon ce qu'écrit le journaliste Raúl Dellatorre dans l'édition de Página 12 du 20 mars, le décret est connu à la Faculté sous le nom de la concession.

 

A cause de l'évasion de Sevel, qui comprend la création d'entreprises off-shore en Uruguay, Macri a été accusé de contrebande et son père d'évasion fiscaleLes démarches de cette mise en examen se sont achevées par un scandale parce que la Cour Suprême de l'époque de Carlos Menem, présidée par l'associé d'Eduardo Menem Julio Nazareno, natif de La Rioja, a rejeté Mauricio et son père Franco de façon si honteuse que la décision est devenue l'un des motifs pour lesquels les magistrats responsables ont fini devant les tribunaux et destitués.

 

En novembre 2015, quand Macri est arrivé à la présidence après avoir vaincu le candidat du Front pour la victoire Daniel Scioli, il avait un casier judiciaire inégalé par aucun président jusqu'à présent. Plus de 200 plaintes et mises en examen. On ne connaissait pas à ce moment-là les Panama Papers. Il est possible que le prestigieux journaliste du journal La Nación Hugo Alconada Mon, qui faisait partie du consortium international qui enquêtait sur les révélations ait su que Macri était impliqué. Cependant, plus attaché à identifier les comptes qui compromettaient Cristina Kirchner et attentif à ne pas porter préjudice à la campagne de Macri, ce journal garda le silence jusqu'en 2016.

 

Quelques semaines plus tard, Alconada Mon lui-même publia que la justice allemande enquêtait sur un mouvement suspect des frères de Macri qui ont clôturé un compte secret quelques jours avant les élections et ont ordonné de transférer des millions de dollars sur un autre compte secret en Suisse, accompagné d'une minute surprenante qui ordonnait de détruire la documentation en Allemagne. Pourquoi ? Peut-être étaient-ils avertis de ce qui arrivait avec les papiers de Mossak Fonseca et dans ce cas, qui les en a informés ? Ce sont quelques-unes des questions que nous pouvons nous poser.

 

Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut plus cacher que Macri n'est pas seulement un président de droite engagé dans une restauration du néolibéralisme des années 90, c'est l'une des personnalités politiques les plus corrompues au monde et, si cette réalité ne porte pas encore atteinte gravement à son image publique en Argentine, c'est parce qu'il existe une énorme connivence des grands médias qui tout en occultant la réalité économique et les affaires qui planent sur le président actuel, se préoccupent chaque jour d'enquêter sur la fortuen de l'ex présidente Cristina Fernández à qui on n' a jamais trouvé un compte à l'étranger et dont la patrimoine a évolué entre 2003 et l'année dernière de 7 millions à 64 millions de pesos argentins mais avec un dollar qui a varié de 2,7 pesos à plus de 15, ce qui fait une augmentation réelle en 12 ans de 65% pour arriver à un chiffre qui, dans la vie de un Macri est de la petite monnaie, le cinquième d'un divorce.

 

Avec le temps, il faudra incorporer les nouvelles affaires qui se sont produites depuis qu'il est à la présidence comme le transfert par décret de plus de 45.000 millions de pesos argentins à l'entreprise IECSA pour l'enfouissement du train Sarmiento,des travaux qui devaient être réalisés seulement si les privés poursuivaient leur financement. Depuis 2007, IECSA appartient à Angelo Calcaterra, cousin germain de Macri.

 

Auparavant, l'entreprise était à Mauricio mais il l'a vendue ou transférée à son cousin en 2007, quelques mois après qu'il soit devenu chef du Gouvernement de al Ville de Buenos Aires et qu'il ait obtenu par décret pour IECSA, l'entreprise la plus importante de son groupe, d'énormes travaux de tubage du fleuve Maldonado. Il va de soi que la vente de IECSA au cousin a été une façon d'occulter la participation de Mauricio à l'entreprise qui ensuite deviendrait l'une des principales adjudicataires de travaux de la ville que gouvernait son patron. Maintenant, IECSA touche des millions en vertu d'un décret signé directement par Mauricio.

 

Le procédé est tellement évident qu'il lui sera difficile d pouvoir préserver son impunité mais il est connu également que le Pouvoir Judiciaire argentin et le Bureau Anti-corruption sont engagés à empêcher le retour de Cristina et à garantir pour des années la viabilité du Gouvernement. Ainsi, dans la dernière semaine de 2016, Cristina a été inculpée dans 3 affaires parmi lesquelles on trouve la réouverture inattendue par la Cour de Cassation de la plainte concernant le défunt procureur Alberto Nisman qui avait été rejetée par 5 instances pour absence de délit.

 

De même, le Bureau Anti-corruption et sa directrice, l'ex députée macriste Laura Alonso, sont accusés au pénal de s'être présentés en tant que plaignants seulement contre d'ex fonctionnaires kirchnéristes et d'avoir ignoré la cinquantaine de fonctionnaires du Gouvernement actuel accusés par la Justice.

 

(Extrait de Caras y caretas)

 

Source en espagnol :

http://www.cubadebate.cu/especiales/2017/01/06/es-macri-el-presidente-mas-corrupto-del-mundo/#.WHCdZHd7QRE

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/01/argentine-macri-est-il-le-president-le-plus-corrompu-au-monde.html