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Venezuela : Para-politique et terreur

Publié le par Bolivar Infos

 

Dans une note antérieure publiée hier, nous alertions sur le fait qu'en ce qui concerne les actions de l'opposition vénézuélienne, toute hypothèse extrême est non seulement confirmée mais rapidement dépassée par la réalité.

 

Mais le plus probable, étant donné sa déambulation entre l'extrémisme et la stupidité politique et la complicité de Gouvernements et d'instances internationales, c'est que nous assistions à une recrudescence de ses actions terroristes. Aujourd'hui, 24 heures plus tard, les 2 alertes ont été corroborées de façon regrettable.

 

Et il semblerait, après l'évident échec de sa convocation pour le 20 avril, le lendemain du 19 où ils avaient menacé de faire le plus grande mobilisation de l'histoire vénézuélienne et après aussi qu'ait été mis en évidence une fois de plus les plans pour provoquer des morts et en rendre responsable le Gouvernement – comme l'affaire de l'assassinat de la jeune Paola Ramírez dans laquelle est impliqué un militant du parti Vente Venezuela de María Corina Machado - Caracas a vécu une nuit de terreur à moitié réelle mais surtout virtuelle (étant donné le déploiement des réseaux sociaux nationaux et internationaux qui l'ont accompagnée en l’amplifiant) quand des bandes criminelles en ont pris définitivement la tête et sont sortis brûler et piller tout sur leur passage dans des zones très ciblées de la ville.

 

A ce sujet, au-delà des pillages de certains commerces dans la zone d'El Valle ainsi que d'autres foyers jusqu'à San Bernardino, l'attaque de l'hôpital mère-enfant d' El Valle, créé par le Président Chávez pour soigner les accouchées à faibles ressources, se détache par son caractère indubitablement terroriste. 54 enfants et leurs mères ont dû être évacués devant cette attaque organisée par des bandes qui ont même essayé de brûler l'établissement. Cela constitue plus qu'un délit simple, un crime contre l'humanité qui tombe sous le coup de la loi qui régit ce domaine car il est clair qu'attaquer un établissement de santé même en situation de guerre déclarée – ce qui n'est pas le cas – est un crime contre l'humanité.

 

Ce n'est pas la première fois que cela arrive. Déjà à plusieurs occasions, la droite a attaqué des établissements de santé et des écoles avec des enfants à l'intérieur. En 2013, quand l’actuel gouverneur Capriles Radonski a donné l'ordre à ses troupes de choc de sortir dans la rue « décharger leur rage » parce qu'il n'acceptait pas sa défaite face à Maduro, 11 personnes sont mortes – même une petite fille – et plusieurs modules d'assistance de santé ont été attaqués, surtout quand le journaliste d'extrême droite Nelson Bocaranda a dit dans un twitt que dans ces centres se trouvaient des urnes électorales cachées qui prouvaient la fraude.

 

Et en 2014, quand les actions de terrorisme de rue organisées par Leopoldo López et María Corina Machado qui ont coûté la vie à 43 personnes dont 10 étaient des fonctionnaires de l'ordre public, ces mêmes bandes criminelles ont lancé des bombes incendiaires sur un lieu de soin de jour (maternel-préscolaire), ce qui aurait pu s'achever en une grande tragédie si les pompiers n'étaient pas intervenus au bon moment.

 

Maintenant, nous avons un nouveau cas, dans lequel une maternité entière a dû être évacuée pour éviter un malheur qui n'est pas survenu grâce à l'action des pompiers, de al Garde Nationale Bolivarienne et de la communauté organisée qui est sortie défendre le centre de santé.

 

Géographie politique de la violence

 

Une chose qui doit être claire pour évaluer à sa juste valeur ce qui est en train de se passer, c'est de connaître les zones dans lesquelles cette vague de violence a été mise en scène.

 

En premier lieu, il faut dire que les zones de violence continuent à être généralement les mêmes qu'en 2014, avec la particularité que les actions ne sont pas simultanées comme celles d'alors mais consécutives (un jour dans l'une, un autre jour dans l'autre et ainsi de suite), ce qui peut révéler d'une certaine manière moins de pouvoir de mobilisation. Cependant, elles ont été plus violentes et plus préparées, ce qui dit beaucoup sur leur caractère peu spontané.

 

En plus des zones classiques da la classe moyenne haute de Caracas et de ses environs (Chacao, Santa Fe, San Antonio de los Altos, etc...) qui sont des bastions traditionnels de la droite, se détachent des secteurs de la classe moyenne basse qui s'y sont joints comme ils l'ont fait en 2014. Nous parlons essentiellement d' El Paraíso et de Montalbán, dans le sud-ouest, ainsi que de la partie basse d'El Valle. Dans le cas des 2 premiers, on doit tenir compte qu'il s'agit de zones traditionnellement liées à des familles appartenant à des structures de la IV° République et à des groupes de pouvoir comme c'est le cas en particulier d' El Paraíso où habitent beaucoup de militaires à la retraite liés à l'ancienne Garde Nationale. C'est la même chose à Montalbán.

 

La partie basse d' El Valle a des caractéristiques similaires, même pour les secteurs de faibles ressources qui ont bénéficié des politiques du logement des anciens partis parce qu'ils étaient des militants de ces partis et ou des fonctionnaires publics. Cela fait que ces partis ont des sympathisants parmi une grande partie de ceux qui habitent ici mais pas tous, bien sûr.

 

A cela, il faut ajouter un facteur qui ne peut pas être sous-estimé, c'est que la partie haute des quartiers d' El Valle communique avec ce qu'on appelle Côte 905 qui, comme chacun sait, est un secteur qui est devenu un repaire du para-militarisme d'origine colombienne mais devenu vénézuélien qui se consacre à des activités d'enlèvement, d'extorsion de fonds et à d'autres formes d'économie criminelle comme la contrebande et ce qu'on appelle le « bachaquerisme » (achat de biens de première nécessité pour la revente et ou la contrebande ). Et à son tour, ce secteur (la Côte 905) communique avec El Paraíso et Montalbán ainsi qu'avec d'autres zones comme El Cementerio. Le député de Primero Justicia José Guerra, dénoncé par des personnes arrêtées pour les actes de vandalisme de l'incendie de al Direction Exécutive de al Magistrature dans la municipalité de Chacao, est justement député de cette zone et a été accusé plusieurs fois de jouir de la complicité de ces groupes. Aux élections législatives de 2015, des familles chavistes ont été menacées de mort si elles votaient et plus d'une a dû déménager parce qu'elles étaient victimes d'attaques et d'assassinats caractéristiques du para-militarisme colombien. A cette heure de la matinée du 21 avril, alors que nous écrivons cette note, on rapporte que de nombreuses personnes arrêtées sont sans papiers et de nationalité colombienne. C'est un scénario dans lequel le président colombien Juan Manuel Santos a intensifié sa position hostile au gouvernement vénézuélien et ce n'est pas une donnée sans importance.

 

Naissance définitive de la para-politique vénézuélienne ?

 

Ainsi les choses, en suivant le modèle uribiste-santiste du mariage entre politique et para-militarisme (ce qu'en Colombie, justement, on appelle « para-politique »), il semblerait qu'au Venezuela, la droite soit arrivée à un point de non retour puisque, décidément, elle se place à la limite de la loi et de l'insurrection en utilisant des troupes de choc mercenaires qui se mélangent aux jeunes fanatisés de droite et aux personnes qui, souvent de bonne foi et croyant exercer leur droit légitime à protester, finissent par être impliqués dans ces faits et dans certaines affaires jusqu'à en être les victimes.

 

Un mélange dangereux entre le scénario colombien et le yougoslave, le syrien et le libyen, dans lequel des groupes délictueux et des bandes de contrebandiers finissent par céder la place à des politiciens sans scrupules et fanatiques de droite pour surfer sur le malêtre social. Un mélange qui, cependant, n'a pas encore pu allumer définitivement la mèche d'une explosion sociale face à l'action opportune des autorités et à al résistance de la population attachée à la paix.

 

Article publié dans CELAG

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/opinion/Una-noche-de-parapolitica-y-terror-20170421-0048.html URL de cet article :

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