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Amérique Latine : la CELAC relève naturelle de l'OEA

Publié le par Bolivar Infos

 

par Iván Canelas Lizárraga

La prochaine réunion de la CELAC programmée pour le 20 mai en République Dominicaine sera très importante non seulement parce qu'elle doit défendre la démocratie vénézuélienne mais parce qu'elle devra aussi défendre le patrimoine naturel des 600 millions d'habitants qui vivent sur ces 50,5 millions de km2.

 

Pendant ces derniers mois où s'est développée la crise politique au Venezuela et où se sont une nouvelle fois confirmées les relations charnelles entre l'Organisation des Etats Américains (OEA) et l'idéologie d'ingérence de la droite la plus radicale des Etats-Unis, la thèse envisagée il y a plusieurs années qui dit que c'est la Communauté des Etats Latino-américains et Caribéens (CELAC) qui est appelée à remplacer l'organisation décadente actuellement dirigée par l'Uruguayen Luis Almagro dont on a souvent dit que « son temps était passé » est revenue sur la table de discussion.

 

Etant un espace multilatéral composé par les 33 pays qui se trouvent au sud du Río Bravo (frontière imposée par une guerre d'invasion perpétrée par les Etats-Unis contre le Mexique) jusqu'à la Patagonie (en Argentina, au sud du continent), la CELAC, considérée comme le fait institutionnel le plus important de la région en un siècle, fut constituée en 2011 et a comme caractéristique l’exclusion expresse des Etats-Unis.

 

L'un des concepts fondamentaux de sa création est que ce soient les nations latino-américaines et caribéennes qui résolvent leurs problèmes et définissent les règles de leur développement sans ingérence des Etats-Unis qui, dans de nombreux cas, cherchent à continuer à jouer le rôle de tuteur des décisions intérieures de ces Etats dans lesquels, pendant de nombreuses décennies, ils se ont impliqués dans d'innombrables actions politiques (coups d'Etat), militaires (occupations armées) et économiques (pillage des ressources naturelles) en violent ainsi les principes de base des relations internationales qui parlent d'autodétermination des Etats, de souveraineté et d'égalité souveraine entre les pays.

 

A cause de cela, la CELAC, au cours de ses 5 sommets présidentiels, a été qualifiée par plusieurs présidents d'Etats de « concrétisation de la volonté d'indépendance de Simón Bolívar » et d'« instance propre, renouvelée et crédible » qui doit être le garant authentique des intérêt des pays de la région latino-américaine et caribéenne pour qu'elle devienne un acteur « de référence dans la résolution des conflits. »

 

Pendant ces jours où l'ingérence non dissimulée dans les affaires intérieures du Venezuela a été mise en évidence, beaucoup de demandent : à quoi sert l'OEA ? Les intérêts de qui représente-t-elle ? L'OEA est-elle réellement un organisme indépendant ? Veille-t-elle de la même façon sur les intérêts de tous les pays ? Cherche-t-elle une intervention militaire états-unienne au Venezuela comme elle l'a fait au Panamá ?

 

Ces questions semblent avoir une réponse évidente, plus encore si on tient compte du rôle récent de Luis Almagro, discrédité même par l'ex président de son pays José “Pepe” Mujica qui semble travailler dans l'intérêt des Etats-Unis en attisant constamment le conflit et en prenant parti pour ceux qui cherchent à troubler l'ordre démocratique du Venezuela en renversant le président Nicolás Maduro, un fait envisagé dans le récent communiqué conjoint entre l'opposition vénézuélienne et la Maison Blanche qui parle d'en finir avec la crise ou ce qui, dans son langage, revient au même, avec le Gouvernement chaviste « rapidement. » (Là, la sagesse obligerait à se demander : l'opposition d'un pays conspirant avec le Gouvernement d'un autre...?)

 

Le rôle politique d' Almagro a crée à l'OEA une évidente crise de légitimité dont il sera très difficile de sortir sans supporter les graves conséquences de ne pas avoir appelé à la paix et au dialogue entre les parties qui s'affrontent au Venezuela et d'avoir, au contraire, transformé l'OEA qui a son siège à Washington en un argument de plus utilisé par l'extrême droite états-unienne pour justifier ce qui est arrivé le 3 mai dernier quand un projet de loi a été déposé au Sénat nord-américain, le même, qui cherche à durcir les sanctions contre le Venezuela et en plus veut financer les protestations de l'opposition, un autre clair exemple d'ingérence, avec rien moins que 10 millions de dollars directement sortis du porte-monnaie du peuple nord-américain.

 

Parmi les initiateurs de ce projet se trouvent les sénateurs républicains Marco Rubio et John McCain, l'ex candidat à la présidence qui, lors de sa campagne électorale, a été d'accord pour soutenir une une autre intervention militaire, cette fois en Irak, un autre pays pétrolier. Le projet ne cache rien quand il dit : « soutien aux actions de Luis Almagro à la tête de l'OEA » dans la crise vénézuélienne.

 

L'existence de ce document est justifiée par l'argument que la situation vénézuélienne découle d'une « crise humanitaire », un discours qui inévitablement nous ramène à d'autres, identiques, utilisés par les Etats-Unis pour intervenir dans d'autres pays : le danger du communisme au Vietnam, de l'islamisme extrémiste en Afghanistan ou l'existence en Irak d'armes de destruction massive qui jusqu'à présent n'ont pas été trouvées, pour donner quelques exemples qui ont camouflé les véritables intentions de « l'aigle impérial » qui ne sont autres que courir après les ressources naturelles à bas prix ou renforcer son influence militaire dans des zones géopolitiques importantes.

 

Pour cela, il ne faut pas perdre de vue qu'unis dans la CELAC, les 33 pays d'Amérique Latine et des Caraïbes sont le plus important producteur et exportateur d'aliments du monde. Ensemble, ils possèdent presque 30% de la superficie de forêts de la planète 33% des ressources en eau, ce qui signifie que c'est le continent qui a le plus de disponibilité en eau du globe.

 

De plus, le bloc de pays qui composent la CELAC est le principal exportateur de matières premières du monde à quoi il faut ajouter que les nations (Venezuela, Bolivie et Brésil) qui ont les plus importantes réserves de gaz et de pétrole du monde se trouvent en Amérique Latine. C'est pourquoi, là, il faut se poser 2 questions : Le Venezuela est-il le premier échelon d'un plan de domination échelonné ? L'OEA d' Almagro ne sera-t-il pas le Cheval de Troie utilisé par les corporations états-uniennes pour contrôler toute cette richesse ?

 

C'est pourquoi la prochaine réunion de la CELAC programmée pour le 20 mai en République Dominicaine sera très importante non seulement parce qu'elle doit défendre la démocratie vénézuélienne mais parce qu'elle devra aussi défendre le patrimoine naturel des 600 millions d'habitants qui vivent sur ces 50,5 millions de km2, de ces ressources. C'est pourquoi ici, il faut qu'en plus elle envoie un message clair à ceux qui, des Etats-Unis, ne se résignent pas à ne pas récupérer l'influence perdue dans la région mais veulent continuer à revendiquer une nouvelle version de la Doctrine du Destin Manifeste ou de la Doctrine Monroe sur ces peuples.

 

C'est pourquoi aujourd'hui, la CELAC va au feu pour la première fois depuis sa création parce qu'elle doit relever le défi historique de montrer au monde que la voie de l'unité prise il y a 6 ans à Caracas est sans retour mais qu'en plus, elle ne se résigne pas à continuer à être une espèce de colonie de ce qu'on appelle le « pays le plus puissant du monde. »

 

Conformément au règlement de fonctionnement des réunions de la CELAC, les décisions sont prises par consensus à condition qu'elle représente les 33 pays membres, ce pourquoi l'assistance des représentants de toute l'Amérique Latine et de toutes les Caraïbes est indispensable. Ces représentants devraient tous honorer la mémoire de Salvador Allende Gossens, ex président du Chili renversé par un coup d'Etat soutenu par les Etats-Unis (1973) qui a dit un jour : « Un jour, l'Amérique Latine aura une voix de continent, une voix de peuple uni. Une voix qui sera respectée et entendue parce que ce sera la voix de peuples maîtres de leur propre destin. »

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/opinion/CELAC-el-relevo-natural-de-la-OEA-20170511-0012.html

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/05/amerique-latine-la-celac-releve-naturelle-de-l-oea.html