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Brésil : Michel Temer avertit : « Je ne démissionnerai pas, s'ils veulent, qu'ils me renversent ! »

Publié le par Bolivar Infos

 

Le président a réaffirmé hier qu'il n'est pas prêt à démissionner à cause du scandale de corruption qui a amené son gouvernement au bord de l'abîme la semaine dernière. « S'ils veulent, qu'ils me renversent, » a-t-il déclaré lors d'une interview, tout en admettant qu'il a été naïf en recevant chez lui Joesley Batista, le patron de l'entreprise d'aliments JBS qui a enregistré une conversation compromettante avec lui.

 

L'ex président brésilien Fernando Henrique Cardoso a affirmé que sa force, le Parti de la Social Démocratie Brésilienne (PSDB) – allié pour l'instant au chef de l'Etat – croit qu'il serait bon de quitter le Gouvernement.

 

La ministre des Finances du Brésil, Henrique Meirelles, candidat du marché à une éventuelle succession à la présidence, a affirmé à des investisseurs que le calendrier de réformes économiques se poursuivra même s'il y a un changement de président. Alors qu'on attend qu'aujourd'hui, se réunisse la Commission de Justice de la Chambre des Députés qui discutera d'un amendement à la Constitution qui rende possibles des élections anticipées, la présidente du Tribunal Suprême du Brésil, Carmen Lúcia Antunes, a repoussé le vote sur un appel présenté par Temer jusqu'à ce que la valeur de l'enregistrement sur lequel le président donne son aval à des actes illicites avec l'entrepreneur délateur soit évaluée.

 

Acculé par plusieurs demandes de destitution et avec sa base alliée affaiblie, Temer, 76 ans, a donné sa première longue interview à un journal brésilien depuis que mercredi a éclaté la crise qui peut faire finir son mandat. « J'ai été naïf en recevant une personne à ce moment-là, » a-t-il dit lors de l'interview publiée hier par le journal Folha de S. Paulo, lorsqu'on lui a posé une questions sur sa responsabilité dans l'actuel séisme politique au Brésil 1 an après la destitution de Dilma Rousseff.

 

Temer cherche à éviter la tempête de rumeurs et d'incertitudes en appelant au calme. Pour cela, il espère approuver cette semaine certaines lois qu'il avait à l'ordre du jour au Congrès comme démonstration de force face à ceux qui le donnent pour mort. « Je reste serein, en particulier à propos de ce que j'ai déjà dit : Je ne démissionnerai pas. S'ils veulent, qu'ils me renversent. Parce que si je démissionne, c'est reconnaître ma culpabilité, » a-t-il déclaré dans l'interview accordée à Folha.

 

Le président a terminé la conversation avec un commentaire surprenant, en plaisantant sur les 2 discours récents, au ton ferme, qu'il a fait au pays pour clamer son innocence. « Je crois que les gens ont aimé ce nouveau petit modèle. Les gens pensent « enfin, nous avons un président, » a-t-il dit parmi les rires.

 

Accusé par le Cabinet du Procureur d’obstruction à la justice, de corruption passive et d'organisation criminelle, de nombreuses voix au Brésil demandent sa démission. Celle qui s’élève le plus fort est celle du collège des Avocats du Brésil (OAB) qui, cette semaine, présentera sa demande de destitution au Congrès, se joignant ainsi à une dizaine de demandes de députés pour porter un rude coup au président. Entretemps, le président essaie de conserver à flot les alliances de son parti de centre-droit, le PMDB et cherche à empêcher qu'une de ces demandes aboutisse. Jusqu'à présent, seuls de petits partis l'ont abandonné mais le soutien de son principal partenaire de gouvernement, le PSDB, chancèle. Cardoso glisse que ce n'est pas le meilleur moment pour quitter le bateau que, pour l'instant, conduit Temer bien qu'il ait dit que le PSDB ne peut pas affirmer non plus qu'il ne va pas changer de position. Cette force, également de centre-droite, est le principal allié du Parti du Mouvement de la Démocratie du Brésil (PMDB) et a été touchée par le scandale des enregistrements de l'entreprise frigorifique JBS sur lesquels il apparaît, en train de demander des pots-de-vin au sénateur Aécio Neves, suspendu de sa charge.

 

« Certains, au PSDB, ont cru qu'il fallait débarquer comme si nous n’avions rien à voir avec le Gouvernement. Je crois qu'il serait bon de partir en courant. Le plan économique a été très soutenu par nous, alors, le PSDB avait la responsabilité de ne pas donner un coup de poing sur l'épaule quand les enregistrements sont apparus, » a signalé Cardoso à la chaîne Bandeirantes.

 

Temer et Neves sont accusés par le procureur général Rodrigo Janot, de chercher à faire obstruction à l'Opération Lava Jato. La situation du PSDB est la clef pour que Temer arrive à gouverner parce qu'il l'aide à avoir la majorité simple au Congrès et occupe 3 ministères, celui des Relations Extérieures, celui de la Ville et le Secrétariat Général.

 

Tandis qu'on discute en coulisses, la nouvelle crise politique menace de rendre plus difficile la sortie du Brésil de la pire récession de son histoire. Les actions de JBS ont plongé hier à la bourse de Sab Paulo avec une baisse de 31,34%, entraînant la bourse qui a baissé de 1,54%.

 

Sur une mer de mécontentement, le ministre des Finances brésilien a essayé de donner un peu de tranquillité. « Il est clair que la politique économique sera maintenue et très probablement aucun changement politique ne changera les fondamentaux de l'économie, » a affirmé Meirelles lors d'une téléconférence avec des investisseurs de JP Morgan. Le ministre de l'Economie a dit aussi que la crise politique repoussera de quelques semaines la vote de la réforme du système de retraites, principal point de l'ordre du jour économique du Gouvernement brésilien parce que le Gouvernement n'a pas les voix nécessaires à la Chambre des Députés. La reforme cherche à modifier l'âge de la retraite et les conditions pour toucher la pension sous prétexte que le déficit prévisionnel conduirait les coffres de l'Etat à la faillite.

 

Meirelles est vu par la presse comme un éventuel président « fusible » s'il est élu par le congrès en cas de chute de Temer.

 

(Extrait de Pagina 12)

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.cubadebate.cu/noticias/2017/05/23/michel-temer-si-quieren-que-me-derriben/#.WSUvtTPpMRE

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