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Venezuela : Création de brigades chavistes pour défendre les territoires

Publié le par Bolivar Infos

 

par Marco Teruggi,

L'analyse d'une carte du Venezuela peut donner les clefs pour comprendre ce que sont les mouvements insurrectionnels en cours. Il existe des corridors centraux où se déploie la droite comme la principale 5 qui relie San Cristóbal et Caracas, des villes très importantes comme Socopó, Barinas, Barquisimeto, Valencia, San Antonio de los Altos, Los Teques, Caracas et des endroits stratégiques dans chacune de ces villes comme les institutions de l'Etat, les postes de police, les centres d'approvisionnement en aliments, les transports publics, les logements des chavistes, aussi bien des dirigeants que de niveau moyen ou de base.

 

Il s'agit d'une dispute de territoire, de développer des mouvements pour occuper des positions -pour l'instant temporairement - pour porter des coups, assiéger, terroriser et tuer. C'est une partie de la phase 2 qui diffère de la première – qu'on pourrait résumer par des guarimbas classiques – par l'action d'éléments paramilitaires et la recrudescence des assassinats. Les attaques de corps de sécurité par des groupes avec des armes à feu en sont l'épicentre.

 

Face à cette situation, des initiatives populaires se sont mises en marche pour protéger aussi bien les endroits appartenant au peuple que ceux appartenant à l'Etat, en particulier ceux qui ont été ou peuvent être éventuellement la cible d'attaques. Ainsi, dans 2 points du pays – il pourrait y en avoir plus – se sont formées de nouvelles formes d'organisations pour faire face à cette nouvelle situation. C'est le cas à Guasdualito, état d'Apure, avec les Brigades de Défense du Peuple Hugo Chávez (BDP-HC), et Socopó, état de Barinas, avec le Front de Défense Intégrale Hugo Chávez (FDI-HC).

 

Guasdualito

 

Apure, un état frontalier avec la Colombie, n'a pas été jusqu'à présent l'épicentre de violences. Il y a eu des tentatives comme al semaine dernière à San Fernando mais la situation est restée relativement calme. Pas parce que c'est une zone hors des axes prioritaires pour la droite mais parce qu'il existe un développement du mouvement populaire chaviste qui a permis de prévenir et de dissuader les attaques. Mieux encore : sur ce territoire, en particulier dans la municipalité de Páez où se trouve Guasdualito, le para-militarisme est présent depuis longtemps. Sa présence a été dénoncée. Les morts en sont le pire témoignage.

 

C'est dans ce cadre que sont nés il y a une semaine les BDP-HC. « C'est une organisation de défense de la Révolution avec les communes qui patrouillent dans les installations du peuple. Ici, c'est tranquille parce que nous n'avons pas cessé de faire attention, nous avons protégé avant qu'il se passe quelque chose pour qu'il n'arrive pas ce qui est arrivé à Barinas. Ici, plus personne ne va venir nous sauver, nous devons nous sauver nous-mêmes, » explique Jesús Francisco Hernández Rangel, membre d'une commune et sergent de la Police Bolivarienne.

 

La colonne vertébrale des brigades, c'est les communes – toute la municipalité Páez est couverte par des communes. Toutes les nuits, elles tournent pour surveiller la zone qui comprend le PDVAL, un lieu d'approvisionnement en nourriture destinée aux Comités Locaux d'Approvisionnement et de Production où se trouvent aussi les camions qui la distribuent et les bus de l'Etat. Nourriture et transport : 2 éléments vitaux dans le cadre d'une guerre. C'est pourquoi il sont été l'objet d'attaques dans presque toutes les manifestations insurrectionnelles du pays. Dans l'état de Bolívar, 51 bus ont été brûlés en une seule nuit.

 

Aux Brigades participent aussi des mouvements populaires comme le Courant Révolutionnaire Bolívar et Zamora, La Police Populaire Bolivarienne, les Forces Armées Nationales Bolivariennes. Il s'agit d'un bloc chaviste qui prévient, patrouille, fait du travail de renseignement. Ils connaissent le lieu stratégique d'Apure, l'entrée récente à Guasdualito d'un groupe de 20 paramilitaires, la proximité avec l'état de Táchira – arrière-garde du para-militarisme – le plan national en marche.

 

Socopó

 

A Socopó, il y a eu la terreur, des destructions pendant plusieurs jours. Ce n'est pas le hasard, il s'agit de l'un des points stratégiques du déploiement paramilitaire. Il se trouve entre San Cristóbal et la ville de Barinas, sur la route principale 5 et possède une caractéristique très importante pour les militaires : un pont qui peut couper l'accès complètement à tout transport, en particulier celui qui approvisionne Caracas en légumes .

 

Les dates clefs ont été le 10 et le 20 avril et le 22, le 23 et le 24 mai. Chaque jour a été plus violent que le précédent avec le point critique de l'attaque avec armes à feu du poste de police par un franc-tireur – 4 heures d'affrontement – qui s'est achevé avec 6 policiers blessés par balles et un édifice incendié et détruit avec une pelleteuse. Si les policiers ne sont pas morts, c'est parce qu'ils ont réussi à s'échapper, l'idée était de les assassiner. C'est dans cette situation où des groupes cagoulés avec des armes à feu parcourraient les rues pour obliger les commerçants à fermer leurs magasins et pendant la nuit coupaient la lumière pour provoquer des pillages et des destructions que s'est créé le FDI-HC.

 

Cette initiative est née pour 2 raisons principales. La première, la nécessité de protéger le chavisme : les menaces envers les dirigeants ont débuté ce même 20 avril avec des motos parcourant les rues avec une liste de chavistes à tuer. La seconde, la nécessité de mettre en mouvement une meilleure organisation, capable de prévenir les actions de la droite. Et si les corps de sécurité servent à cela, il est également certain que le chavisme, en tant que réseau organisé dans les territoires, sur les lieux de travail, possède une capacité d'intelligence populaire et de lecture directe du terrain. Ce qui est important, dans ce conflit, c'est d'anticiper les mouvements des bras militaires de la droite qui, dans le cas de Socopó sont financés par des éleveurs, des commerçants et soutenus par le maire et les conseillers d'opposition.

 

Le Front de Défense est né comme réponse à la nécessité de résister aux avancées des paramilitaires. Là, comme dans le cas des Brigades de Guasdualito, le message est le même : il faut activer l'unité chaviste par l'action du peuple, sa mise en mouvement pour résister à un plan de prise de positions de la droite sur le territoire du pays.

 

Jusqu'à présent, aucune tentative du Gouvernement n'a pu freiner – même partiellement – le plan de la droite qui est dans sa seconde phase. Quelle sera la troisième ? Face à cela, avec une analyse des schémas en marche, des initiatives comme celles-là ont commencé à naître. L'appel – prononcé par chacun de ceux qui en font partie – est à reproduire dans tout le pays. La guerre n'est pas une métaphore politique pour désigner l'action de la droite. Elle est réelle. A Socopó, tout le monde le sait, 2 batailles ont déjà eu lieu.

 

Le chavisme, en tant que mouvement populaire enraciné dans les territoires, a le pouvoir – grâce à son parcours, ses niveaux d'organisation, son expérience historique – d'assumer la tâche historique de résistance active. C'est ce que disent les membres des Brigades et du Front de Défense.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2017/06/05/venezuela-nacen-brigadas-chavistas-para-defender-los-territorios/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/06/venezuela-creation-de-brigades-chavistes-pour-defendre-les-territoires.html