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Venezuela : Réponse aux intellectuels de gauche qui ont signé un manifeste contre le Gouvernement

Publié le par Bolivar Infos

 

par Enrique Dussel1

Je crois que dans ce cas, il faudrait être très prudent parce qu'effectivement, nos grands Gouvernements qui ont pris des positions populaires peuvent aussi, comme tout parti politique et n'importe qui, commettre des erreurs. Mais critiquer le Venezuela et son Gouvernement dans cette situation stratégique suppose inévitablement qu'on soutient les groupes d'opposition.

 

Dans n'importe quel pays, une opposition est normale et se justifie mais pas quand elle est organisée, comme c'est la cas du Venezuela en ce moment, par l'Empire grâce à une campagne internationale qui occulte les fruits d'un processus politique qui, évidemment, si Hugo Chávez avait vécu, aurait été beaucoup plus important parce qu’il avait une personnalité très forte en ce qui concerne son peuple. Son absence a des conséquences sur un gouvernement qui doit aussi apprendre.

 

Mais il faut aussi être prudent dans sa critique si on ne connaît pas la complexité de al situation parce que celui qui critique ce Gouvernement va être responsable de la montée éventuelle d'un Gouvernement de droite qui serait désastreux pour le Venezuela comme cela a été prouvé lors du coup d'Etat contre Hugo Chávez. Dans les premières heures, le nouveau président privatisa le pétrole vénézuélien et relit le pays à la disposition des Etats-Unis. Ve qu'a montré la tentative de coup d'Etat contre Hugo Chávez, c'est que grâce à cela, à cette position si évidente de la droite, il a récupéré le pouvoir et a été investi d'une grande autorité par le peuple.

 

Il a expliqué « qu'une certaine gauche pourrait donner des raisons d'être accusée, dans l'avenir, d'avoir soutenu un Gouvernement néfaste du type du Gouvernement de Macri en Argentine, ou de Temer au Brésil, ce qui serait très triste pour les intellectuels de grande envergure.

 

Je crois enfin que nous devrions garder une certaine distance dans notre jugement. Je ne demande pas non plus que certains approuvent la Révolution et donnent tous les arguments en sa faveur comme l'a fait, par exemple, Atilio Borón. Mais je ne peux pas être d'accord avec quelqu'un qui, de l'extérieur, donne un jugement négatif sur un processus qui est en ce moment complètement instrumentalisé par la médiocratie dirigée depuis les Etats-Unis contre un pays qui a les plus grandes réserves de pétrole du monde sous l'Orénoque et qui, par conséquent, est très convoité par l'empire qui tire toutes les ficelles pour faire quelque chose comme un « coup d'Etat pacifique » d'une nouvelle sorte. Pas comme il a fait en Syrie, en Irak ou en Libye mais d'une façon plus latino-américaine ou nord-américaine mais dont nous voyons qu'elle est très organisée.

 

Je veux attirer l'attention sur la fait qu'il faut conserver le respect pour le processus vénézuélien et faire que ce Gouvernement jeune puisse aussi grandir même si, évidemment, en ce moment, il est bloqué comme a été bloquée pendant 50 ans l'expérience cubaine. La gauche doit être très attentive aux événements historiques et en pas se diviser artificiellement à cause d'une certaine définition du mot « démocratie » que les médias imposent ou proposent.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

NOTE de la traductrice :
1Enrique Dussel est né en 1934. Philosophe, historien et théologien d'origine argentine naturalisé mexicain, il est l'un des fondateurs de la Philosophie de la Libération et l'initiateur de la théologie de la Libération.

Source en espagnol :

http://albaciudad.org/2017/06/filosofo-enrique-dussel-sobre-venezuela/

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