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Venezuela : Violences le 5 juillet à l'Assemblée Nationale, nouvel appel au coup d'Etat

Publié le par Bolivar Infos

 

Bien que les violences physiques ce 5 juillet au Palais législatif Fédéral, siège de l'Assemblée Nationale aient fait 10 blessés parmi lesquels 5 députés : 3 révolutionnaires (un grièvement) et 2 travailleurs, cet acte de violence, le plus grave, a été omis par tous les médias privés. Devant l'Acte d'Indépendance, le député Julio Borges a à nouveau appelé les militaires à faire un coup d'Etat contre le Président Nicolás Maduro et a garanti le « pardon » à ceux qui l'accompliraient.

 

Tôt dans la matinée, le Salon Ovale a été utilisé aussi bien par les députés de l’Assemblée Nationale que par le Gouvernement pour commémorer le 206° anniversaire de la Signature de l'Acte d'Indépendance étant donné que dans cet impressionnant salon, sous l'oeuvre de Martín Tovar y Tovar qui représente la Bataille de Carabobo et décore son immense coupole, se trouve le Livre des Actes original du premier Congrès du Venezuela qui contient cette Déclaration.

 

Les révolutionnaires réalisent une manifestation officielle

 

A 8H30 du matin, le vice-président Tareck El Aissami a dirigé dans ce salon une manifestation organisée par le Gouvernement. Il faut rappeler que le Salon Ovale est sous la responsabilité du Ministère de l'Intérieur. C'est ce qu'a rappelé Ernesto Villegas, le ministre de la Communication et de l'Information.

 

Le discours officiel a été fait par l'historien Mario Sanoja, membre de l'Etat Major de la Culture : « La Révolution Bolivarienne n'est pas un événement temporaire qui est arrivé par hasard. Au Venezuela, il y a un processus de rébellion qui date de 500 ans et qui s'accélère au XIX° siècle, » a-t-il dit pour parler de al rébellion des Noirs et de al révolution sociale d'Ezequiel Zamora qui s'adressait aux paysans et aux démunis, germe de la révolution d'Hugo Chávez.

 

« De là la signification du fait de donner plus de pouvoir au peuple par la création des communes et de toute sorte d'organisation populaire et de l'importance, pour y arriver, que l'Assemblée Nationale Constituante (ANC) qui sera élue le 30 juillet prochain pour renforcer la Constitution soit renforcée. »

 

Le vice-président s'est aussi adressé à l'auditoire en signalant que « le 30 juillet, nous seront sur un seuil vertueux parce que nous allons décider souverainement de al composition de notre nouvelle Assemblée Nationale Constituante qui engagera les pas définitifs pour sceller l'indépendance de ce XXI° siècle. »

 

Il a souligné que la lutte pour l'indépendance du Venezuela fait partie de l'héritage du Président Hugo Chávez consigné dans le premier objectif du Plan de al Patrie. « Ca n'a pas été un hasard s'il a mis comme premier objectif historique de notre processus révolutionnaire l'indépendance parce que de là, les autres droits du peuple s'enchaînent, » a-t-il déclaré.

 

« Nous sommes au moment de l’accouchement, non seulement il y en a assez autoproclamer notre indépendance mais nous devons aussi la forger dans la bataille, dans les rues. Nous devons déployer nos forces, nos pouvoirs créateurs, » a-t-il souligné.

 

Soutenus par le peuple

 

Le vice-président a été accompagné par un grand nombre de personnes représentant des communes et des mouvements sociaux qui ont célébré la présence du Gouvernement au Palais Législatif Fédéral.

 

Les opposants étaient très nerveux bien que tout se soit déroulé pacifiquement jusqu'à ce moment-là. Luis Floride, un député de l'opposition, a twitté à 8H42 : « Des collectifs commandés par Benavides, Reverol, El Aissami prennent l'Assemblée Nationale. Le Venezuela va récupérer son indépendance et la sauver de ces escrocs. »

 

Les révolutionnaires se sont retirés à 9H16 sans aucun incident. Florido a twitté : « Le calme est revenu au Palais Législatif Fédéral » en même temps qu'il partageait des images sur Periscope et dans une courte vidéo, les qualifiait de « trafiquants de drogues » et les accusait d'avoir brisé le protocole : « Pendant un moment, j'ai pensé qu'ils allaient emmener l'Acte d'Indépendance. »

 

Cependant, il a signalé qu'ils « se sont retirés dans la paix. »

 

Appel au coup d'Etat

 

Mais l'acte de violence le plus grave qui sot arrivé ce 5 juillet n'a pas impliqué de coups de poings ou des tirs d'armes à feu. Une fois que le Gouvernement s'est eu retiré, l'Assemblée Nationale est entrée au Salon Ovale où elle a réalisé sa propre commémoration.

 

C'est le député Julio Borges qui s'est identifié lui-même comme Président de l'Assemblée Nationale mais qui a été déclarée « dans l'illégalité » par la Tribunal Suprême de Justice en août de l'année dernière, qui a fait le discours.

 

Là, il a déclaré : « Aujourd'hui, il y a 206 ans, après cette décision souveraine et irrévocable d'être une république civile, il y a parmi nous un dictateur dont le régime nous fait détourner le cours de notre existence constitutionnelle. »

 

Sans le mentionner, il a dit du Président Nicolás Maduro que c'est « un dictateur qui cherche à imposer une fraude envers la Constitution pour la détruire par la violence des armes et ce que (Juan Germán) appelait « la souveraineté de la poudre. »

 

Immédiatement, Borges a à nouveau demandé aux militaires vénézuéliens de faire un coup d'Etat en leur offrant « le pardon » et « toutes les garanties » s'ils le faisaient.

 

« Le Venezuela réclame la libération des consciences dans les Forces Armées Nationales. C'est le moment de sauver la République et de servir la Constitution. Et les soldats courageux qui inscrivent leur nom dans l'Histoire pour défendre la Constitution peuvent compter dès maintenant sur toute la reconnaissance, sur tout le pardon et sur toutes les garanties de la part de cette Assemblée Nationale, du peuple du Venezuela et de la communauté internationale, » a-t-il dit en incitant ouvertement à faire un coup d'Etat militaire contre Nicolás Maduro.

 

« Je le dis dans l'espoir que très vite, par les luttes du peuple du Venezuela et de toutes ses institutions, nous cohabiterons civiquement avec une républqiue civile. »

 

Ensuite, peu après 11 heures, Inés Quintero, directrice de l'Académie Nationale d'Histoire du Venezuela a fait un discours sur la Journée de l'Indépendance et a poursuivi la session dans la Palais Législatif Fédéral.

 

Violences

 

Après la fin de la première cérémonie à laquelle ont participé le vice-président El Aissami, des centaines de révolutionnaires qui étaient entrés au Palais Législatif Fédéral sont sortis de celui-ci mais sont restés dans ses environs pacifiquement, criant des slogans et envisageant de remettre un document.

 

Jorge Navas, un dirigeant révolutionnaire, a assuré à une station de radio privée qu'ils feraient un sit-in devant l'Assemblée Nationale pour condamner les dernières convocations à des marches et à des barrages réalisées par les députés de la Table de l'Unité Démocratique (MUD).

 

« Il faut mettre fin à l'impunité, on ne doit pas permettre qu'on provoque le chaos et l'anarchie dans le pays, » a déclaré Navas. « C'est pourquoi le peuple est spontanément dans la rue pour manifester son mécontentement envers les députés. »

 

Peu après midi, des personnes cagoulées qui ont été identifiées comme des révolutionnaires sont entrés de force au Palais Législatif Fédéral, ont lancé des explosifs de fabrication artisanale et ont frappé plusieurs personnes. Il y a eu de la violence des 2 côtés. Une vidéo du journaliste Luis Hugas, de La Iguana, montre ce qui s'est passé.

 

L'opposition a assuré que 5 députés et 2 agents de sécurité du Parlement ont été blessés. Les parlementaires blessés seraient Nora Bracho, Luis Padilla, Jose Regnault, Americo De Grazzia et Armando Armas.

 

Le Ministère Public a commissionné le 106° procureur de la Zone Métropolitaine de de Caracas (AMC), Aramay Terán, pour qu'il enquête sur cette attaque. Selon lui, 3 députés et 4 autres personnes ont été blessés.

 

Cependant, 3 personnes parmi les révolutionnaires ont aussi été blessées par arme à feu par des gardes du corps et des membres de corps de sécurité privés de l'Assemblée Nationale. « Le jeune Cristhian José Palma Ramos, 19 ans, militant des Jeunesses du Parti Socialiste Uni du Venezuela, membre du Mouvement de Loisirs et de Coordination de la Paroisse San José pour le Ministère de al Jeunesse a été grièvement blessé et transporté par sa camarades à l'hôpital Vargas où il a été opéré d'urgence, indique un rapport auquel Alba Ciudad a eu accès.

 

Des témoignages indiquent que le jeune a été victime d'un coup de fusil , d'autres qu'un « mortier » ou un engin explosif a explosé. « Les médecins ont informé que l'opération s'est bien passée et que le jeune Cristhian se trouve heureusement hors de danger. »

 

Les autres personnes qui ont été agressées sont José Ramos, connu comme El Chino, qui a été interviewé par Oswaldo Rivero, de La Otra TV et de VTV.

 

Ramos lui a raconté qu'il se trouvait devant l'Assemblée Nationale et que, de l'intérieur, ils ont tiré un coup fusil sur un camarade. Il est entré pour le secourir et, à ce moment-là, il assure que sont apparus Freddy Guevara, Julio Borges, Miguel Pizarro et Richard Blanco avec leurs gardes du corps qui lui ont donné plus de 15 coups avec les crosses de leurs armes à feu et l'un d'eux, avec une arme blanche, lui a fait une coupure sur une main.

 

« Ils m'ont demandé qui me payaient, moi. Moi, personne ne me paie, je suis dans cette lutte parce que je crois en ce qu'a dit le Commandant Chávez et je soutiens Nicolás Maduro parce que je crois que ce qu'il fait, c'est bien, » a dit Ramos. Il avait la tête bandée et il a assuré qu'on lui a mis beaucoup de points de suture là et sur la main.

 

Madame Gloris Ortiz a signalé qu'un groupe de personnes se trouvait sur place pour remettre un document contre le grand nombre de morts qu'il y a eu dans le pays quand ils ont été agressés. Elle a signalé qu'ils ont cassé l'épaule à un gamin de la Jeunesse du Parti Socialiste Uni du Venezuela en lui tirant dessus avec un fusil, qu'ils ont tiré sur un autre jeune sur le coude et ont tiré sur une autre personne dans la tête.

 

Les blessures occasionnées à des révolutionnaires et l'indignation pour les événements répercutés par les médias contrairement à la réalité a fait que de très nombreuses personnes se sont regroupées dans les environs du Parlement pour soutenir la Gouvernement de Maduro.

 

Les opposants ont envoyé des messages sur les réseaux sociaux assurant qu'ils étaient « séquestrés » et qu'ils ne pouvaient pas sortir. Selon le compte Twitter officiel du Parlement, à 17H34, il restait encore au Parlement quelques 120 travailleurs, 108 journalistes et 94 députés.

 

Les Gouvernements de 11 pays avec à leur tête les Etats-Unis ont émis des communiqués condamnant l'agression de l'Assemblée Nationale. L'Argentine, le Brésil, la Colombie, l'Espagne, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Royaume Uni, le Pérou et l'Uruguay ont aussi émis des communiqués.

 

Des délégués du Défenseur du Peuple ont apporté leur médiation au siège de l'Assemblée Nationale pour faire sortir les personnes qui se trouvaient à l’intérieur, y compris les députés et les fonctionnaires, étant donné le grand nombre de manifestants qui entouraient le Parlement, a informé Tarek William Saab sur Twitter.

 

A 19H50, toutes les personnes étaient sorties.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://albaciudad.org/2017/07/violencia-5-julio-asamblea-nacional-julio-borges-golpe-estado/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/07/venezuela-violences-le-5-juillet-a-l-assemblee-nationale-nouvel-appel-au-coup-d-etat.html