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Venezuela : Des réfugiés vénézuéliens en Colombie ?

7 Octobre 2017, 18:37pm

Publié par Bolivar Infos

 

alors que la plus haute autorité mondiale en matière de réfugiés, l'ACNUR stipule qu'un réfugié est une personne qui « ayant la crainte fondée d'être persécutée pour des raisons de race, de religion, de nationalité, d'appartenance à un groupe social ou d'opinions politiques, » le Gouvernement colombien commence à utiliser ce sujet si bien défini pour appeler la migration vénézuélienne pour raisons économiques – de la classe moyenne dans sa grande majorité - qu'elle a reçu ces derniers mois.

 

Contrairement à la mauvaise utilisation qui est faite de ce terme du côté colombien, au Venezuela vivent depuis plus de 30 ans 5 millions de réfugiés en provenance de Colombie. En 2013 sont entrés dans le pays au moins 189 000 Colombiens alors qu'en 2014, il en est entré quelques 144 000, selon les chiffres donnés par le Président

 

Des milliers de personnes sont venus au Venezuela de Colombie, fuyant la violence paramilitaire et la politique qui les attaquait pour leur appartenance à un groupe social déterminé et/ou pour avoir une opinion politique, un facteur qui les situe bien dans la catégorie de réfugiés établie per l'ONU.

 

Essayer de confondre délibérément un réfugié avec un migrant pour raisons économiques fait partie de la même manœuvre que celle que Luis Almagro met en œuvre à l'OEA pour simuler une situation de chaos, des violations des droits de l'homme et l'impossibilité de gouverner le Venezuela pour justifier les plans d'intervention états-uniens dans le pays. Dans son dernier rapport, le Secrétaire Général de l'OEA utilise cette catégorie pour fabriquer un récit « d'Etat en situation d'échec » au Venezuela qui rende possible l'exécution de « l'option militaire » envisagée par Trump.

 

Cette mise en scène pleine d'abus de langage, de manœuvres politiques et de nombreuses contradictions, des personnalités du Gouvernement de Santos l'ont organisée ces derniers jours quand ils ont annoncé qu'ils préparaient des camps pour les réfugiés vénézuéliens face à « une éventuelle crise migratoire. » Il sont demandé l'aide de la représentation diplomatique de Turquie mais une lecture minutieuse met en évidence que jusqu'à présent, le Gouvernement turc s'est contenté de recevoir la demande du Gouvernement colombien et ne semble avoir assumé aucune agressivité à ce sujet.

 

Il est important d’avoir présent à l'esprit que ce n'est pas un mauvais moment dans les relations entre la Turquie et le Venezuela et que ce n'est pas le meilleur moment des relations de la Turquie avec les Etats-Unis et l'OTAN. C'est pourquoi l'apparition du l'écran des représentants de la Turquie « collaborant » avec le Gouvernement colombien a probablement pour but de continuer à fondre l'image du Venezuela dans celle de la Syrie pour favoriser le récit dont les Etats-Unis ont besoin pour mettre en œuvre ses dispositifs d'intervention « humanitaire. »

 

Le plus voyant de l'information donnée sous le titre « La Colombie prépare des camps de réfugiés pour les Vénézuéliens » est qu'en fait, on rapporte que ni la Turquie ni l'ACNUR ne recommandent ces camps sur lesquels insiste le Conseiller à la Sécurité de la présidence du pays qui a le plus déplacés au monde.

 

« Camps de réfugiés » : un nouveau front fabriqué par la Colombie pour agresser le Venezuela.

 

Ce personnage contradictoire apporte cette donnée bizarre quand il affirme que 70% des personnes qui entrent par la frontière colombo-vénézuélienne sont nées en Colombie et font partie de familles qu'il appelle « mixtes. » C'est à dire que sur les 30% restant, une grande partie appartient à des familles de Colombiens au Venezuela et cette réalité met en évidence le fond politique de cette manœuvre.

 

D'abord parce que, selon les lois colombiennes, tout enfant d'une Colombienne né à l'étranger a le droit d'être considéré comme Colombien à condition qu'il déclare légalement sa volonté de l'être et ensuite, parce que plus qu'un mouvement migratoire d'étrangers, il faudrait parler d'un retour de ceux qui ont émigré de Colombie. De nouveau, le Gouvernement colombien sort de la définition du réfugié donnée par l'ACNUR car celle-ci ne s'applique qu'à ceux qui se trouvent hors du pays dont ils ont la nationalité. Dans les termes stricts dans lesquels ils ont été présentés jusqu'à présent, les « camps de réfugiés » ne seraient alors pas pour des Vénézuéliens mais pour des Colombiens qui rentrent au pays.

 

Si quelqu'un connaît la différence qui est faite en Amérique Latine entre un déplacé, un réfugié et un migrant, c'est bien la population et le Gouvernement colombiens. La Colombie a le triste honneur d'être, selon les chiffres officiels de l'ACNUR, le pays qui a le plus déplacés au monde.

 

Avec 7,4 millions, il est d'1 million au-dessus de la Syrie et elle a le double du nombre de déplaces de l'Irak, selon les statistiques officielles de l'ONU, 1 Colombiens ur 10 vit hors de son pays d'origine. Cela fait de la Colombie , selon l'Organisation Internationale pour les Migrations, le pays qui ale plus grand nombre d'émigrants d'Amérique Latine et 20% d'entre eux se sont dirigés pendant des décennies vers le Venezuela.

 

Avec une si grande expérience, on ne peut pas appeler « confusion » l'abus de langage que fait le Gouvernement colombien. Remplir les frontières de camps de réfugiés non seulement profite au dossier d’intervention qu'Almagro, en tant qu'agent diplomatique des Etats-Unis s'obstine à soutenir mais en plus, en termes de sécurité, pourrait amener même à justifier sur la frontière l'installation de Casques Bleus pour protéger les civils, ce qui pourrait conduire à transformer la frontière colombo-vénézuélienne en zone de conflit.

 

L'intention manifeste des Etats-Unis d'amener le cas du Venezuela au Conseil de Sécurité de l'ONU sous prétexte de « crise humanitaire » pourrait annoncer cette opération conjointe et combinée à long terme avec le soutien colombien. Il le suggèrent au moins sur le papier.

 

Juan Carlos Restrepo, conseiller à la sécurité de la Présidence de la Colombie a dit à la presse : « La logistique est prête, nous savons d'où nous allons la sortir et comment nous allons l’administrer. » C'est pourquoi le fil de cette manœuvre qui n'a rien à voir – pour l'instant - avec la rigueur et le respect des catégories et des procédures de l'ONU cherche à devenir un nouveau front extérieur pour agresser le Venezuela.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://misionverdad.com/LA-GUERRA-EN-VENEZUELA/refugiados-venezolanos-en-colombia

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/10/venezuela-des-refugies-venezueliens-en-colombie.html