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Venezuela: L'Empire encourage la sécession de la « demi-lune » vénézuélienne

26 Octobre 2017, 17:30pm

Publié par Bolivar Infos

 

L'encouragement des sécessions, c'est à dire d'actions par lesquelles une partie d'un peuple ou du territoire d'une nation s'en sépare, est depuis toujours un outil efficace que l'Empire utilise pour satisfaire son désir démesuré d'étendre son territoire ou pour élargir ses zones d'influence dans le monde.

 

Un exemple typique a été la séparation du Mexique de l'état du Texas qui s'est d'abord déclaré indépendant pour ensuite demander son incorporation aux Etats-Unis en 1848, ce qui a déclenché une guerre entre les 2 pays à l'issue de laquelle les Yankees ont annexé non seulement le territoire du Texas mais aussi ceux du Nouveau Mexique, de l'Arizona, de la Californie, du Nevada, de l'Utah et une partie du Colorado. Au total, environ 2 millions de kilomètres carrés sont devenus états-uniens, ce qui représente un peu plus du quart de sont territoire continental actuel et plus de 2 fois la superficie du Venezuela.

 

D'autres exemples : Les îles Hawaï qui, à l'origine, étaient un royaume indépendant dans lequel, après avoir organisé et soutenu avec son infanterie de marine un coup d'Etat pour décréter une soi-disant république en 1898, ils ont commencé à « négocier » des conditions d'annexion aux Etats-Unis qui débouchèrent, 61 ans plus tard, sur la constitution du 50° état de l'Union.

Porto Rico qu'ils ont annexé d'abord en tant que « territoire », lors de sa séparation de l'Espagne, également en 1898, et ensuite en tant « qu'état associé » jusqu'à maintenant.

 

Comme exemple de sécessions provoquées par l'Empire dans Notre Amérique pour élargir ses zones d'influence, nous pourrions citer : la séparation de la province de Cundinamarca de la Grande Colombie composée par les départements de Cundinamarca, du Venezuela et de Quito en 1831 pour constituer l'actuelle république de Colombie qui a fiché en l'air le projet d'intégration du Libérateur qui avait débuté en 1819 et la séparation du département de Panamá de la Colombie en 1903 pour éliminer les Français de la construction du canal inter-océanique our, après sa construction, imposer leur autorité à perpétuité sur le canal.

 

Mais il y a aussi eu des tentatives manquées pendant le XIX° siècle : la tentative d'annexion du Nicaragua sur le territoire duquel on aurait pu construire un canal inter-océanique plus intéressant pour le commerce entre les 2 côtes des Etats-Unis que le Canal de Panamá grâce à l'invasion d'un aventurier du nom de William Walker qui après avoir envahi le pays en 1855, l'a contrôlé jusqu'en 1857.

 

La tentative d'annexion de Cuba à sa séparation de l'Espagne en 1898. suite à son échec, ils ont du « négocier » la propriété à perpétuité des terrains sur lesquels ils ont construit ensuite l'infâme base navale de la baie de Guantánamo.

 

Pour ne pas perdre l'habitude, pendant le XX° siècle, les Etats-Unis ont organisé et soutenu, sans succès, des mouvements sécessionnistes dans différents pas d' Amérique Latine dont certains perdurent actuellement comme la tentative de former la république d'Airrecú (amitié en langue Maleku), sur la frontière entre le Nicaragua et le Costa Rica, une zone idéale pour construire un second canal inter-océanique, les tentatives indépendantistes dans la région du Soconusco, au sud de l'état mexicain du Chiapas avec le Guatemala et des tentatives d'indépendance dans l'Amazonía aux îles Malouines, dans une stratégie commune avec la Grande Bretagne. Plusieurs tentatives séparatistes soutenues par les entreprises pétrolières nord-américaines au Venezuela pour démembrer l'état de Zulia méritent une mention spéciale. Parmi celle-ci, celle de 1927 qui n'a pu être neutralisée par le gouvernement central que dans le cadre d'un accord entre Britanniques et Nord-américains pour se répartir les gisements de pétrole et les marchés au niveau mondial, avec l'octroi de concessions à des compagnies nord-américaines sur le lac de Maracaibo a eu une grande importance.

 

En ce XXI° siècle, face à l’émergence en Amérique Latine de Gouvernements progressistes qui ne sont pas prêts à se soumettre à ses desseins, l'Empire, quand il n'a pas pu les vaincre, a opté pour encourager les mouvements séparatistes dans des pays comme l'Equateur, (Manabí et Guayaquil), la Bolivie (Santa Cruz de la Sierra) et le Venezuela où il ne s'agirait pas de séparer seulement l'état de Zulia mais un ensemble d'états frontaliers ou proches de la frontière avec la Colombie (Zulia, Táchira, Mérida, Barinas et Apure) qui composeraient ce qu'on appelle la « demi-lune vénézuélienne », selon un projet sécessionniste dénoncé par Chávez en mai 2008 qui a été revendiqué, avec certaines variantes, par des groupuscules d'extrême-droite vénézuéliens comme le « Mouvement Autonomiste de Droite Libérale » qui, en février 2014, convoqua un processus de sécession des états de Táchira, Mérida, Lara, Carabobo, Nueva Esparta et Zulia en s'appuyant sur cette vague d'actes terroristes organisés par Leopoldo López qu'ils appelaient « La Sortie » et plus récemment, en mai 2016, dans l'euphorie de la victoire aux élections législatives de 2015, appela à la sécession les états d' Anzoátegui, Táchira, Nueva Esparta, Zulia, Falcón, Barinas et Trujillo sous le slogan absurde de « la sécession est le moyen pour récupérer le Venezuela. »

 

Je dois dire que toute tentative de sécession au Venezuela doit avoir pour base l'état de Zulia non seulement à cause de ses antécédents séparatistes qui ont commencé dès le moment même de la déclaration de notre indépendance par rapport à l'Espagne mais à cause du fait qu'il a des réserves de pétrole certifiées d'environ 26 000 millions de barils, plus que la somme des réserves prouvées du Mexique, de la Colombie, de l'Equateur et de l'Argentine auxquelles il faut ajouter les 543 000 millions de barils qui se trouvent dans le Golfe du Venezuela encore à certifier, plus quelques 18 000 trillions de pieds cubes de gaz sans sous-estimer le fait qu'il a aussi des réserves de charbon de 1 100 TM à Guajira, les plus importantes d'Amérique du Sud, suffisantes pour 150 ans d'exploitation, ainsi que d'importantes réserves à déterminer d'autres minéraux tels que l'or, le nickel et l'uranium.

 

L'ajout à Zulia des autres états frontaliers avec la Colombie pour composer la « demi-lune vénézuélienne » décrite par Chávez en 2008 obéit à un vieux plan de l'oligarchie colombienne auquel elle a réussi à intéresser l'Empire à cause de la quantité de richesses naturelles qui est en jeu. Le but de ce plan qui a toujours été pour la Colombie plus qu'une obsession une nécessité politique est de pouvoir disposer d'une sortie sur la mer des Caraïbes grâce au lac de Maracaibo et finir par pouvoir établir un lien commercial direct avec l'Europe et la côte est des Etats-Unis pour amener facilement ses produits d'exportation parmi lesquels ce qu'on appelle les drogues héroïques dont elle continue à être le plus grand exportateur mondial et le principal suppléant de l'Empire.

 

Les actes terroristes incessants organisés par la contre-révolution vénézuélienne pendant les mois d'avril, lai, juin et juillet de cette année ayant été extrêmement cruels dans les états Zulia, de Táchira et de Mérida pour avoir été exécutés par des paramilitaires d'origine colombienne et vénézuélienne formés en Colombie avec un groupe de délinquants vénézuéliens formés aux techniques démentes du para-militarisme colombien, ont du déclencher une forte alarme orange sur le tableau de contrôle de notre intégrité territoriale. De même, la victoire des candidats de la contre-révolution aux récentes élections des gouverneurs dans les états de Táchira, Mérida et Zulia ont du faire tourner au rouge ces alarmes comme le confirme le fait que le Président Maduro, aussi vite qu 'il a reconnu les résultats, a lancé cet avertissement aux gouverneurs élus par l'opposition : « Celui qui dépasse la ligne (en commettant des actes illégaux), tout le poids de la justice lui tombera dessus. Je n'accepterai pas de gouverneurs “guarimberos.”

 

Que les sécessionnistes essaient de former une république indépendante avec l'état de Zulia et d'autres états frontaliers avec la Colombie, évidemment sous protectorat de l'Empire, qu'ils prétendent la mettre sous protectorat de la Colombie, ce qui revient pratiquement au même que de la mettre sous protectorat de l'Empire, ou qu'ils ajoutent à cette prétendue république certains départements de l'est de la Colombie, limitrophes avec le Venezuela, tout cela est possible dans cette sécession induite. Ce qu'on essaiera d'appliquer, c'est évidemment le Gouvernement de l'Empire qui en décidera, lui qui, depuis très longtemps a sous sa tutelle les Gouvernements oligarchiques colombiens, dirige et finance la contre-révolution au Venezuela.

 

Que l'actuel Gouvernement colombien soit prêt à organiser fermement n'importe lequel de ces scénarios sécessionnistes aussi vite que l'ordonnera le maître de l'Empire n'a pas besoin d'être démontré si on considère l'attitude ouvertement ingérence et de soutien aux actes terroristes et politiques de la contre-révolution vénézuélienne que Juan Manuel Santos a eue, sans la moindre pudeur et encore moins la prudence diplomatique nécessaire qu'aurait dû lui dicter son rôle de président.

 

C'est pourquoi, à mon avis, le Gouvernement révolutionnaire doit commencer à prendre des mesures extraordinaires et urgentes pour préserver l'intégrité de notre territoire. Ne pas le faire serait donner son aval par omission à cette néfaste phrase de ultraconservateur colombien Laureano Gómez qui a été président de la République en 1950-51 : 3Si un pays se montre à tout moment décidé à céder, prêt à se remettre, s'il n'a pas d'autre proposition que la conciliation à tout prix, s'il n'a pas d'autres mots que « fraternité, » même quand il a reçu les pires outrages, ce pays est destiné à disparaître à l'insu du droit international. » Une phrase qui à mon avis, constitue une véritable doctrine en matière de relations extérieures et qui nous a été appliquée par les Gouvernements bourgeois successifs de la Colombie, sans parler de la plus grande ou de la moindre sympathie qu'ils aient pu nous manifester hypocritement et malignement.

 

J'estime également que la première mesure qui devrait être mise en place devrait être la fermeture progressive des passages frontaliers terrestres avec la Colombie avec le déploiement d'opérations militaires semblables à celles mises en place avec succès en août 2015, en commençant par l'état de  Zulia dont le gouverneur élu a refusé de se soumettre à l'autorité de l'Assemblée Nationale Constituante, une attitude qui l'a empêché de prêter serment devant le Conseil Législatif d'Etat et en conséquence de prendre effectivement possession de sa charge. On ne peut rien prévoir d'autre qu'une tentative des dirigeants des partis d'extrême-droite qui le soutiennent de commencer à organiser de nouvelles actions de déstabilisation dans cette région. Il faudrait rappeler que cette sorte de mesure est la seule qui a prouvé son efficacité pour contrôler la contrebande d'extraction de biens de toutes sortes et même du papier monnaie qui continue à être pratiquée sur la longue frontière avec le soutien évident du Gouvernement colombien, au détriment de l'économie de notre pays.

 

Je dois terminer en disant que cette nouvelle tentative sécessionniste en marche sous les auspices de l'Empire est condamnée à l'échec le plus absolu car, comme les tentatives antérieures, elle n'a pas été le produit d'un sentiment populaire mais d'une aspiration bâtarde des oligarchies collabos et génocides de la région. C'est pourquoi les forces civiques et militaires qui soutiennent cette révolution devraient arriver facilement à lui faire barrage.

 

Jusqu'à la victoire toujours !

La Patrie ou la mort !

Nous vaincrons !

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2017/10/25/el-imperio-esta-intentando-la-secesion-de-la-media-luna-venezolana/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/10/venezuela-l-empire-encourage-la-secession-de-la-demi-lune-venezuelienne.html