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Amérique Latine : La Coordination Politique d'ALBA Mouvements cherche une stratégie de lutte

11 Novembre 2017, 18:10pm

Publié par Bolivar Infos

 

par Carlos Aznárez (de Panamá)

En présence de 15 pays du continent latino-américain et des Caraïbes la Coordination Politique des Mouvements vers l'ALBA délibère pour faire un bilan des luttes menées à bien par les peuples pendant cette année 2017 et tracer des lignes d'action pour affronter l'attaque néolibérale et capitaliste contre le continent dans son ensemble.

 

Des délégués de la Bolivie, de l'Argentine, du Brésil, du Mexique, du Honduras, du Pérou, de Haïti, du Costa Rica, de Cuba, du Salvador, du Panamá, de Colombie, de la République Dominicaine, de Trinidad et Tobago et du Guatemala ont commencé par présenter chacun une synthèse des actions de leurs organisations sociales et populaires et revendiquer la lutte contre l'impérialisme, la capitalisme, la colonisation et le patriarcat. Les drapeaux de toutes les luttes ont été placés au centre d'un cercle de militants qui ont terminé cette action par la lecture d'un poème par une militante du front Large pour la Démocratie, du Panamá, le pays qui héberge cette rencontre.

 

Pendant cette première journée, on a entendu des témoignages de la lutte du peuple panaméen, exprimés par la vice-présidente du FAD, Maribel Bordón, qui a fait un récit minutieux de la lutte anti-impérialiste et anti-oligarchique menée par son organisation qui réunit des organisations sociales, syndicales, territoriales et politiques comme le Frenadeso et le puissant syndicat de la Construction Suntracs.

 

On a entendu aussi un rapport sur la situation en Amérique Centrale fait par le dirigeant de la CLOC de Guatemala, le dirigeant paysan Daniel Pascual qui a expliqué que l'impérialisme promeut une nouvelle forme d'ingérence intitulée Alliance pour la Prospérité grâce à laquelle les Etats-Unis offrent 1 000 millions de dollars à des pays comme le Salvador, le Guatemala et le Honduras sous le faux prétexte « d'aider » l'économie de ces pays. « En même temps, la présence militaire augmente et il se produit une augmentation substantielle de l'ingérence de l' USAID, » a-t-il signalé.

 

Dans un autre exposé centré sur les Caraïbes, on a pu entendre le récit du dirigeant haïtien Camille Chalmers qui a rendu compte d'une Assemblée des Peuples des Caraïbes qui s'est déroulée avec succès en République Dominicaine et d'une réunion des Mouvements vers l'ALBA de la région. Là, a été élaboré un manifeste unitaire dans lequel on met l'accent sur les processus de grande militarisation, de colonisation, de développement de l'exploitation minière qui porte atteinte à l'environnement. « Nous plaidons aussi pour défendre notre identité et propager une intégration alternative des peuples contre la fausse intégration du marché. » Son compatriote Jean Baptiste Chavannes a parlé dans ce même sens.

 

Chalmers a aussi fait un rapport sur Haïti et il a signalé que malgré l'annonce que la Mission de la MINUSTAH (force armée interventionniste de l'ONU) a commencé à retirer ses effectifs, « en réalité, ce qui se passe, c'est qu'il reste encore des milliers de soldats et qu'ils ont transféré leur cadre d'action aux policiers qui répriment autant que les soldats. » Il a souligné que pendant cette dernière période, de grandes mobilisations de travailleurs ont eu lieu contre le Gouvernement marionnette des Etats-Unis.

 

Pedro Franco, de la République Dominicaine, a décrit le Gouvernement de son pays comme ayant « 2 visages. » D'un côté, sur le plan international, il garde un visage « acceptable et progressiste » mais dans ce qu'il fait à l'intérieur du pays, « il est conservateur, néolibéral et clairement répressif, il criminalise les luttes du peuple et a assassiné de nombreux combattants. »

 

Le délégué mexicain Marcos Tello, du Mouvement de Libération National (MLN), a fait un tableau de la situation au Mexique en signalant qu'il y a « une crise profonde de représentation nationale et les Mexicains sont nombreux à ne pas croire aux partis traditionnels. » Il a signalé que face à la situation du pays, il faudrait former un front uni de toute la gauche pour renverser le parti au pouvoir actuellement (le PRI).

 

Il a expliqué qu'actuellement, 80 candidats environ ses ont présentés pour un corps électoral de 90 millions d'électeurs.A cause du fait que chaque groupe politique a besoin de 860 000 signatures d'adhérents pour pouvoir se présenter aux élections, beaucoup de partis (la plupart) ne peuvent pas y participer.

 

Enfin, il a prévenu qu'il y a beaucoup de protestations et il a noté que le Chiapas est un territoire explosif à cause de la grave situation économique du pays et du comportement habituel du narco-Etat.

 

Les délégués Joaquim Pinheiro (pour le MST du Brésil), Rodolfo Machaca, pour la Bolivie et Joel Suárez, de Cuba, ont également parlé.

 

Marietta Toro (de Marche Patriotique, de la Colombie), a signalé que « la paix de la Colombie n'est pas seulement importante parce qu'elle signifie que ce processus avance ou non en ce qui concerne la situation du Venezuela mais pour l'importance qu'elle a pour la Grande Patrie. »

 

Pour le Brésil est intervenue Bernardete Monteiro, de la Marche Mondiale des Femmes. Elle a mis en avant la lutte des femmes dans son pays et dans le monde mais elle a ajouté qu'il ne s'agit pas de faire l'éloge de cette lutte parce que maintenant, les femmes descendent dans la rue dans un moment difficile pour les peuples (« aujourd'hui, il y a beaucoup de militants qui applaudissent nos mobilisations ») mais qu'il est important de « savoir que nous descendons dans la rue contre le patriarcat et le racisme. »

 

Ana Maldonado, la déléguée du Venezuela, a fait un tableau précis de la situation de la lutte du peuple bolivarien en interprétant la victoire aux élections de l'Assemblée Nationale Constituante et aux élections régionales et elle a terminé par le nouveau triomphe du peuple qui surviendra certainement aux élections municipales du 10 décembre prochain.

 

Tous les délégués ont affirmé leur solidarité avec le Venezuela Bolivarien et Cuba Socialiste et ont condamné les menaces de Donald Trump contre ces 2 pays ou contre le Nicaragua et la Bolivie.

 

La rencontre d'ALBA Mouvements se poursuit ce week-end et dimanche, une déclaration finale sera divulguée. Ensuite, tous les délégués rendront hommage aux combattants assassinés dans le quartier populaire d'El Chorrillo, bombardé par les Yankees pendant l'invasion.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2017/11/10/delibera-en-panama-la-coordinacion-politica-de-alba-movimientos/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/11/amerique-latine-la-coordination-politique-d-alba-mouvements-cherche-une-strategie-de-lutte.html