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Venezuela : Le Venezuela en défaut de paiement, une nouvelle mise en scène

11 Novembre 2017, 18:16pm

Publié par Bolivar Infos

 

Vendredi, la société fiduciaire Wilmington Trust1 a déclaré que l'entreprise Electricidad de Caracas qui fait partie de l'entreprise d'Etat CORPOELEC n'avait pas payé dans les temps les intérêts d’une partie de sa dette émise sous le bon EDC2018. Cependant, la corporation publique a informé que l’argent a été déposé début octobre.

 

La fausse cessation de paiement du Venezuela

 

Le bon est un outil financier par lequel une certaine entreprise publique ou privée obtient un financement pour faire des dépenses ou de nouveaux investissements. C'est ainsi que l'entreprise Electricidad de Caracas qui fait partie de CORPOELEC depuis sa nationalisation en 2007, a émis le bon EDC2018. Ce bon établit un ensemble d'engagements de paiement et leurs délais respectifs ainsi que le taux d’intérêt à payer : 8,5%.

 

Selon l’entité qui gère ce bon, Wilmington Trust, le paiement des intérêts aux détenteurs du bon devait être fait le 9 octobre avec un délai de grâce d'1 mois. En se prévalant de cela, Wilmington Trust prétend que cette période étant écoulée, il n'a pas reçu les 27 millions de dollars que devait payer CORPOELEC en intérêts, ce qui, théoriquement, placerait la première entreprise publique de l'Etat vénézuélien dans la catégorie de non respect du paiement ou de défaut de paiement.

 

Immédiatement, le compte officiel de CORPOELEC a informé que le paiement pour ce titre avait été envoyé à Wilmington Trust dans le contexte de perturbations dans la transaction à cause de « changements dans la façon d'opérer » le paiement. Aucun média spécialisé dans les finances ne s'est fait l'écho de cette information, cherchant de façon évidente à installer l'idée d'un « défaut de paiement général » au Venezuela en accord avec les buts recherchés par les sanctions financières des Etats-Unis et les pressions du Département du Trésor.

 

Sanctions et blocage des paiements

 

La communication faite par Wilmington Trust n'est pas innocente car elle coïncide avec le retard dans le paiement du bon PDVSA 2017 suite aux difficultés générées par les sanctions financières de l’Administration Trump contre l'entreprise et l'Etat vénézuélien. PDVSA et la République ont dû chercher un mécanisme de triangulation pour pouvoir réaliser les paiements à temps et d'autres solutions de paiement étant donné le retard programmé qu'impose le Département du Trésor pour inspecter les fonds vénézuéliens.

 

Etant donné que le paiement de PDVSA17 n'est pas assorti d'un délai de grâce, les médias et les agences de notation du risque ont spéculé sur le fait qu'un éventuel retard dans ce paiement conduirait le pays à une cessation de paiement. A tel point que ce même vendredi, avant que ne soit révélé le faux impayé de CORPOELEC, on attendait une déclaration à ce sujet de l'Association Internationale du Crédit Croisé et de ses Dérivés, un organisme commercial chargé de payer les assurances en cas de non paiement de la dette.

 

Le ministre des Finances du Venezuela, Simón Zerpa a même dénoncé la semaine dernière le fait qu'Euroclear Group, chargé de procéder au paiement des bons, avait bloqué illégalement les paiements du Venezuela. Ceci pendant un trimestre au cours duquel le pays a payé un total de 3 000 millions de dollars de dette publique et de dette de PDVSA. C'est pourquoi l'annonce d'un soi-disant défaut de paiement de CORPOELEC a une très grande importance.

 

Retards et objectifs finaux de cette manœuvre

 

Comme on l'a déjà vu, cette sorte d'attaques cherche à porter atteinte à la réputation de solvabilité du Venezuela. Dans un but évident en relation immédiate avec la convocation lundi prochain par le président Nicolás Maduro des détenteurs de bons vénézuéliens intéressés par la rapide restructuration de la dette du pays.

 

Avec une difficulté provoquée par les sanctions économiques contre le pays, ils ont monté une mise en scène de défaut de paiement pour décourager ceux qui pourraient être intéressés par la proposition du Venezuela. Comme ils l'ont fait en novembre 2016 quand la banque JP Morgan a établi un rapport dans lequel elle affirmait que PDVSA était entré en défaut de paiement parce qu'il n'avait soi-disant pas payé à Citibank les intérêts de l'un de ses bons.

 

Une affirmation qui quelques temps plus tard, s'est avérée fausse mais qui a affecté la crédibilité de l'entreprise pétrolière d'Etat qui avait restructuré une partie de sa dette un mois auparavant.

 

Aujourd'hui, la différence se situe dans le fait que le simulacre de défaut de paiement de CORPOELEC et de PDVSA se joint à une campagne destinée à éviter que la plupart des détenteurs de bons vénézuéliens se mettent d'accord sur une restructuration de a dette du Venezuela. Pour cette raison,avec le bon Eclear18, une situation spécifique provoquée justement par les sanctions qui exacerbent les retards et les limitations au moment de payer, est déformée pour imposer l'idée d'un « défaut de paiement général. »

 

En poursuivant cet objectif, le Bureau de Contrôle des Actifs Etrangers (OFAC) du Département du Trésor a émis un communiqué qui souligne que toute renégociation de la dette vénézuélienne ne serait permise qu'au cas où elle serait acceptée par l'Assemblée Nationale d'opposition et non signée par le vice-président Tareck El Aissami et le ministre Iván Zerpa, 2 personnalités sanctionnées par l'administration Trump. Une manœuvre destinée à inciter les détenteurs de bons à ne pas participer à cette opération de restructuration dirigée par la Commission Présidentielle de Restructuration de la Dette Vénézuélienne dont El Aissami et Zerpa font partie.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

NOTE de la traductrice:
 1Wilmington Trust est l'une des dix plus grandes institutions américaines en termes d'actifs fiduciaires. [1] Wilmington Trust est actuellement un fournisseur de services internationaux aux entreprises et institutionnels, de gestion de placements et de services bancaires privés.