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Argentine: NON au Traité de Libre Commerce MERCOSUR-Union Européenne

23 Février 2018, 16:42pm

Publié par Bolivar Infos

 

Nous ne voulons pas ce traité et nous ne voulons aucun Traité de Libre Commerce !

 

Depuis « l'Assemblée Argentine meilleure sans le TLC », nous manifestons notre refus des négociations pour signer un Traité de Libre Commerce (TLC) entre les pays du MERCOSUR et l'Union Européenne.

 

Les Gouvernements des 2 blocs soutiennent qu'ils sont tous près d'un accord qui serait signé le 26 février à Asunción. Ce traité qui est déjà en cours de négociation depuis 20 ans, a toujours été bloqué par les mêmes points : l'accès aux marchés agricoles, en particulier pour la viande et les agro-combustibles comme l'éthanol. Mais même si on arrive à un accord qui satisfasse tous les patrons et les exportateurs, nous soutenons que ce TLC fera augmenter le chômage et les inégalités dans les populations des pays signataires, aura un impact direct sur la santé et l'accès aux médicaments et renforcera la changement climatique et la détérioration de l'environnement.

 

Notre refus n'est pas basé sur des spéculations : ce traité n'est qu'une manifestation de ce qu'impliquent les TLC en termes de perte de droits pour la majorité. Comme pour tous ces traités, ses défenseurs font des promesses de développement et de coopération mais, finalement, ils ne font avancer que le pouvoir des corporations et laissent en arrière les droits des peuples.

 

Une analyse des plus récents fuites (Greenpeace, novembre 2017) des chapitres consolidés montre que ce TLC porte atteinte aux droits acquis dans les pays du MERCOSUR et que l'application de ces clauses aura un impact direct sur la vie des peuples puisque :

 

  • Il met en danger l'emploi. On estime que 186 000 postes de travail dans l'industrie seront supprimés seulement en Argentine. L'impact potentiel du traité atteint 11% des emplois manufacturiers. Il portera un coup aux entreprises nationales puisque l'augmentation des importations déplacent la production locale, en particulier sur des secteurs manufacturiers « sensibles » comme le textile, les chaussures, les jouets, la maroquinerie, les meubles. Dans ce dernier secteur, 47.000 emplois seraient supprimés, les pièces détachées baisseront de 32 500 places, dans le secteur de la chimie, le recul serait de 19 000. De sorte que cet accord met en jeu une partie significative de l'emploi industriel, en particulier dans des secteurs ayant un long parcours en Argentine et qui sont plus qualifiés comme la métallurgie et le complexe automobile. De plus, l'augmentation du chômage aura un impact négatif sur la consommation et les recettes et augmentera le déficit fiscal en ouvrant la voie au renforcement du modèle d'ajustement économique déjà en place.

  • Il rend plus difficile l'accès aux médicaments grâce à une protection avancée des droits de Propriété Intellectuelle et des Brevets pharmaceutiques. Représentant les intérêts de ses entreprises pharmaceutiques, l'Union Européenne cherche à générer plus de droits d'exclusivité et de pouvoir pour contrôler les marchés (monopoles) des technologies médicales au détriment du droit de l'homme à la santé et à produire des médicaments génériques localement dans les pays du MERCOSUR. Cela signifiera conserver le prix élevé des médicaments pendant plus longtemps sans que les pays membres puissent protéger leur santé publique.

  • Il permet aux entreprises de l'Union Européenne de s'ingérer directement dans les contrats publics des pays du MERCOSUR. Le TLC propose d'établir des paramètres basés sur l'Accord sur les Contrats Publics (ACP) signé dans le cadre de l'OMC dont aucun pays du MERCOSUR n'est membre (et à laquelle l'Argentine participe seulement en tant qu'observatrice). Avec la signature du TLC, il serait possible aux entreprises transnationales européennes de participer à la construction de routes, d'aéroports, de lignes de chemins de fer et de ports dans les mêmes conditions que les parties locales et avec des règles que les pays de la région ont refusées dans d'autres forums internationaux.

  • Il aura un impact négatif sur la souveraineté alimentaire et sur le monde rural et augmentera la contamination et la déforestation de zones comme l'Amazonie à cause de l'extension des mines, de l'élevage intensif et des monocultures agro-industrielles comme le soja et la canne à sucre. Cela éloigne les pays du MERCOSUR du respect de leurs engagements en matière de droits de l'homme, de soutenabilité et de changement climatique comme ceux contenus dans l'Accord de Paris. Il a même été prouvé que ce TLC provoque « un risque d'augmentation de la contamination de l'eau » et aura « un effet potentiel négatif sur la biodiversité aggravé par le développement de la demande en biocombustibles en Europe. » Cette information vient d'une étude sur les éventuels impacts du TLC que l'Université de Manchester a réalisée en 2009 à la demande de la Commission européenne elle-même.

  • Il oblige à harmoniser certains standards phytosanitaires avec les standards européens et à certifier et enregistrer les semences ou à accorder des droits d'obtenteur1 sur des plantes à des producteurs européens comme si elles étaient des plantes locales. Il exige l'adhésion à l'Union Internationale pour la Protection des Obtentions Végétales (UPOV91) à laquelle les pays du MERCOSUR ne veulent pas adhérer. Cela a été appliqué par l'Union Européenne dans d'autres accords comme le TLC avec l'Equateur où cette mesure a eu un impact négatif sur les paysans et les indigènes.

  • Il impacte les habitudes locales de consommation et permet aux rayons d'être pleins de produits importés. Grâce aux Indications Géographiques, les producteurs européens prétendent s'arroger le droit de produire seuls certaines variétés d'aliments comme les fromages Mozzarella, Fontina, Provolone, Reggiano, Gouda, entre autres. Ajoutée à cela, l'entrée sans discrimination de ces produits sans droits de douane remplira les rayons en perturbant les consommateurs et en portant un coup aux industries alimentaires locales.

     

En plus, les négociations de cet accord se sont réalisées sans que la société civile et le pouvoir législatif puissent y participer. Tout accès a été refusé aux brouillons. Aucune discussion n'a été engagée sur les clauses et aucune étude n'a été présentée sur l'impact par secteur pendant les négociations de cet accord. Pourquoi tant de secret ? Une fois les accords signés et la publicité faite, la raison de cette absence totale de transparence devient évidente : les traités signés ont des conséquences négatives considérables alors que beaucoup des bénéfices promis ne se matérialisent jamais.

 

Il est inacceptable que les citoyens soient obligés d'attendre des fuites concernant les chapitres négociés pour apprendre ce qui a été décidé. Ces négociations demandent des changements significatifs dans les lois des pays membres du MERCOSUR. Il n'y a pas de raison pour que ces négociations soient secrètes, seulement le fait que les nouvelles règles auront un impact direct sur la politique publique et la vie des gens.

 

Depuis « l'Assemblée Argentine meilleure sans le TLC », nous déclarons notre opposition à l'avancée du libre échange dans la région et appelons à discuter et à avancer dans des formes d'organisation autonomes et démocratiques pour construire des propositions alternatives d'intégration régionale qui favorisent les intérêts des peuples.

 

NON aux TLC !

Non au traité de libre commerce MERCOSUR-Union Européenne !

OUI à l'intégration des peuples !

Le monde n'est pas une marchandise !

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos


1Dans le domaine de la semence (en agriculture, sylviculture, horticulture, viticulture, etc.) l'obtenteur est celui qui a produit par hasard ou par sélection volontaire un cultivar (plante suffisamment « stable », homogène et distincte dans son espèce des autres variants pour qu'on puisse la considérer comme une variété nouvelle).