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Cuba: Le système électoral

, 11:18am

Publié par Bolivar Infos

Cuba: Le système électoral

Caractéristiques principales du système politique cubain.

 

Les énormes transformations opérées à Cuba depuis le triomphe de la Révolution , le 1° janvier 1959, ont ouvert des voies nouvelles et insoupçonnées qui permettraient au peuple de prendre réellement les rênes de la société. C’est sur cette base qu’a vu le jour et s’est développé un nouveau système qui a essayé, dès le début, d’incorporer dans la mesure du possible les variantes de démocratie directe au caractère inévitablement représentatif qui doit caractériser l’institutionnalisme d’une démocratie moderne. Dans notre démocratie, à l’instar de toute autre société contemporaine, le citoyen délègue une partie de son pouvoir à ses représentants élus qui agissent en tant qu’intermédiaires entre l’individu et les organes de direction de la société. Notre système encourage la participation réelle des citoyens , depuis la nomination des candidats par les électeurs eux-mêmes jusqu’au contrôle de ceux-ci sur les premiers par des mécanismes de reddition des comptes et de révocation.

 

Or, le contenu démocratique de la société cubaine va au-delà de ce système. Le peuple ne se borne pas à choisir, à nommer, à élire, à contrôler et à révoquer ses représentants.

 

Dans chaque circonscription électorale, les délégués aux assemblées municipales du pouvoir populaire rendent, deux fois par an, des comptes à leurs électeurs sur les activités réalisées. Les membres de la communauté abordent d’ailleurs à ces réunions, d’autres sujets d’intérêt.

 

La réforme constitutionnelle introduite en 1992, les élections tenues en 1993 et 1998, les séances publiques, les parlements ouvriers organisés dans les centres de travail ainsi que d’autres modalités de participation de la population à la discussion des principaux problèmes du pays, renforcent le caractère participatif de notre système politique original et autochtone, dont les principales caractéristiques sont :

 

- Chaque élu doit périodiquement rendre des comptes sur son travail. Son mandat peut être révoqué à tout moment par ses électeurs.

 

- Les représentants, les députés ou les délégués, de n’importe quelle instance, ne reçoivent aucune rémunération sous forme de salaire, per diem ou tout autre prestation ou bénéfice pour remplir la fonction confiée. En règle générale, ils n’agissent pas en tant que professionnels de la politique. Ceux qui se consacrent à plein temps à la direction des travaux des assemblées reçoivent le même salaire qu’ils percevaient dans leurs centres de travail d’origine et auxquels ils devront normalement s’incorporer à la fin de leur mandat. Une procédure similaire est appliquée à ceux qui doivent remplir temporairement des fonctions au sein des assemblées, des commissions ou des conseils populaires.

 

Caractéristiques principales du système électoral cubain.

 

En conséquence, une nouvelle conception institutionnelle et un nouveau système électoral ont pris corps en 1976, ce qui a été sanctionné par la Constitution discutée par tout le peuple et adoptée par 97% des électeurs, dans le cadre d’un référendum organisé cette même année.

 

La nomination et la promotion des candidats ne relève pas du Parti.

 

Notre Parti n’est pas un Parti électoral, mais la continuité historique du Parti révolutionnaire, organisé par Marti pour unir les Cubains et accéder à l’Indépendance.

 

Inscription universelle, automatique et gratuite de tous les citoyens.

 

Il faut être âgé de 16 ans révolus pour exercer ce droit. Avant les élections, chaque circonscription publie les listes électorales, ce qui permet à ceux qui ne figurent pas sur celles-ci, pour n’importe quelle raison, de réclamer l’inclusion de leurs noms. Au cas où, pour une raison quelconque, leurs noms ne figureraient pas sur les listes pertinentes,ils pourront s’y inscrire le jour du vote. Il suffit d’accomplir une seule formalité, à savoir prouver qu’ils sont des voisins de la communauté et avoir l’âge requis.

 

Nomination des candidats par les électeurs eux-mêmes.

 

Le système est sous-tendu par l’élection directe des candidats par la population. Les délégués de la base constituent environ la moitié des membres du Parlement national.

 

Les candidats désignés pour assumer cette responsabilité - deux minimum et huit maximum - sont proposés et élus par les électeurs dans le cadre des réunions publiques tenues dans chaque communauté ou quartier faisant partie d’une circonscription électorale. Pour être élu, il faut obtenir plus de la moitié des voix valables.

 

Absence de campagnes électorales.

 

La divulgation des photos et des biographies des candidats, élaborées dans un format unique, est une tâche confiée exclusivement aux commissions électorales de chaque circonscription. Il est interdit aux candidats de faire des campagnes en faveur de leur candidature.

 

Transparence absolue des élections.

 

Le vote est totalement secret.

Au début du scrutin, les membres du bureau de vote invitent le public à vérifier que les urnes sont vides. Une fois scellées par les membres du bureau de vote, les urnes restent pendant toute la journée sous la garde des enfants.

 

L’acte individuel de cocher le bulletin a lieu dans le secret. Une fois le bulletin coché, l’électeur le dépose dans l’urne.Les voix obtenues par chaque candidat et les résultats de chaque collège électoral sont affichés à l’entrée des collèges et à d’autres sites de la circonscription.

 

Une fois le scrutin clos, le dépouillement a lieu publiquement aux collèges électoraux. Outre les citoyens cubains, les ressortissants étrangers peuvent aussi assister au dépouillement.

 

Les mêmes principes sont appliqués pour l’élection des délégués aux assemblées provinciales et des députés à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, qui sont élus par un plus grand nombre d’électeurs par commune ou district électoral regroupant, en général, plusieurs dizaines de circonscriptions.

 

Les assemblées municipales nomment les candidats à ces postes à partir de la réforme introduite à la Constitution de la République. Ces candidats sont élus de façon secrète et directe par les électeurs de la commune ou du district électoral pertinents.

 

Clarté et massivité dans la composition des candidatures.

 

Les délégués de circonscription et les diverses organisations sociales, dont les syndicats ouvriers, les associations de paysans et les organisations des étudiants, des voisins et des femmes, formulent des propositions en vue de la composition des candidatures. Avant d’être adoptées par les assemblées municipales chargées de nommer les candidats qui seront présentés à l’ensemble des électeurs, ces propositions font l’objet de nombreuses consultations et analyses.

 

Les candidats proposés au niveau national et provincial tiennent des réunions et des rencontres avec les électeurs de leur district - ce qui pourrait être considéré comme une campagne électorale - mais toujours ensemble, ce qui exclut topute possibilité de promotion individuelle.

 

Aux élections, le droit de vote est exercé volontairement. Cependant, on essaie toujours d’encourager la plus grande participation des électeurs au vote, qui disposent de toutes les facilités pour le faire. Le vote est, par conséquent, massif.

Processus d’élections.

 

La loi électorale en vigueur établit deux types de processus d’élections, à savoir :

 

- Les élections générales, organisées tous les cinq ans, dont le but est d’élire les députés à l’Assemblée nationale et les délégués aux assemblées provinviales.

 

- Les élections partielles, organisées tous les deux ans et demi, dont le but est d’élire les délégués aux assemblées municipales.

 

Droit de suffrage.

 

tous les citoyens cubains, hommes et femmes, y compris les membres des institutions armées, ayant 16 ans révolus et en pleine jouissance de leurs droits politiques, peuvent participer en tant qu’électeurs aux élections et aux référendums convoqués.

 

Le vote est un acte totalement volontaire.

 

Tous les électeurs ont le droit d’être élus comme délégués et députés. Dans ce dernier cas, ils devront être âgés de 18 ans révolus.

 

Les déficients mentaux et les personnes qui purgent une peine du fait d’avoir commis des délits ne peuvent jouir de ce droit.

 

Circonscriptions électorales.

 

Pour chaque élection, les circonscriptions électorales de la commune sont établies par la Commission électorale provinciale, sur proposition de la commission municipale correspondante , en fonction du nombre d’habitants de la commune.

 

Commissions électorales.

 

Des commissions électorales sont créées pour organiser, diriger et valider les processus électoraux dont le but est de remplir les postes électifs des organes du pouvoir populaire et de tenir des référendums.

 

La commission électorale nationale, créée par le Conseil d’Etat, est habilitée à organiser, diriger et valider les processus électoraux sur toute part du territoire national. Parmi ses attributions les plus importantes, citons celle d’établir des normes complémentaires à la Loi électorale et de désigner les commissions électorales provinviales.

 

Les commissions électorales de circonscription, nommées par la Commission électorale municipale pertinente, s’occupe, entre autres, d’organiser et de tenir les réunions des voisins afin de nommer les candidats à délégués aux assemblées municipales ; de définir le nombre et l’emplacement des collèges et de nommer les bureaux de vote correspondant à ceux-ci ; de procéder, une fois reçus les résultats du scrutin de chaque collège, au dépouillement des votes et à proclamer publiquement les résultats.

 

Collèges électoraux et bureaux de vote.

 

En fonction du nombre d’électeurs, des collèges seront créés dans chaque circonscription afin de faciliter le vote des citoyens. Conformément à la Loi électorale et aux dispositions des commissions électorales, chaque collège comptera un bureau de vote, chargé de veiller à la discipline pendant le scrutin, d’analyser les réclamations présentées par les citoyens et de réaliser le dépouillement des bulletins.

 

Registre ou liste électorale.

 

Chaque commune élaborera le registre des électeurs (ou liste électorale) sur lequel seront inscrits automatiquement tous les citoyens jouissant de la capacité juridique requise pour exercer le droit de vote. Aucun citoyen ne pourra être exclu du registre électoral.

 

Les commissions électorales de circonscription punlieront les listes électorales, ce qui permettra aux électeurs de vérifier leur inclusion ou de corriger d’éventuelkles erreurs concernant leurs données personnelles. Au cas où, pour une raison quelconque, leurs noms ne figureraient pas sur les listes pertinentes, ils pourront demander leur inscription au bureau de vote le jour du scrutin.

 

Nomination des candidats à délégués aux assemblées municipales du pouvoir populaire.

 

Les candidats à délégués aux assemblées municipales du pouvoir populaire sont nommés dans le cadre des réunions des électeurs, tenues dans chaque commune, organisées à cette fin dans la circonscription électorale, sur convocation de la Commission électorale de circonscription.

 

Tous les électeurs qui participent aux réunions ont le droit de nommer des candidats. Il est interdit de nommer des candidats au nom d’une organisation ou d’un organisme. Chaque citoyen pourra, à titre personnel, nommer des candidats. Il devra aussi donner son avis sur les qualités et les mérites de la personne nommée.

 

Les propositions seront soumises au vote à main levée. Le candidat qui obtient le plus grand nombre de voix l’emporte sur les autres personnes nommées par la réunion des voisins.

 

Au terme de ce processus, chaque circonscription nomme deux candidats minimum et huit candidats maximum pour occuper le poste.

 

Commissions des candidatures.

 

Les commissions des candidatures, désignées aux niveaux national, provincial et municipal, se chargent d’élaborer et de présenter les projets des candidatures en vue de l’élection des délégués aux assemblées provinciales et des députés à l’Assemblée nationale et d’occuper les charges déterminées par celles-ci et par les assemblées municipales.

 

Les commissions des candidatures seront toujours formées des représentants des organisations sociales - de travailleurs, de paysans, d’étudiants, de voisins et de femmes, entre autres, - nommées par celles-ci sur demande des commissions électorales pertinentes. Elles seront toujours présidées par le représentant de la Centrale des travailleurs de Cuba.

 

Divulgation des biographies et photographies des candidats.

 

Une fois conclu le processus de nommination, les commissions électorales de circonscription sont les seules autorisées à divulguer les biographies et les photographies des candidats et à les placer aux endroits les plus fréquentés de la communauté.

 

Les biographies feront état des mérites, de la capacité et des conditions personnelles permettant aux candidats d’occuper cette charge ou toute autre qu’on pourrait lui confier en tant que membre de l’assemblée municipale.

 

Toute autre activité assignée sera réalisée sur un pied d’égalité. Par ailleurs, aucune autre forme de propagande électorale à titre personnel ou individuel ne sera autorisée.

Cuba: Le système électoral

Election des délégués aux assemblées municipales du pouvoir populaire.

 

Le jour du scrutin, une heure avant le début du vote, les bureaux de vote sont constitués aux collèges respectifs. Leurs membres procèderont à y vérifier l’état des urnes et les autres conditions préservant le secret du vote.

 

Pour voter, l’électeur devra présenter sa carte d’identité - ou une pièce d’identité dans le cas des institutions armées - pour prouver sa condition d’électeur.

 

L’électeur prouve son identité et reçoit le bulletin de vote.

Pour cocher le bulletin, l’électeur a à sa disposition des isoloirs aménagés pour assurer le secret du vote.

Des pionniers gardent les urnes le jour des élections.

Des pionniers gardent les urnes le jour des élections.

 

Dépouillement des votes aux collèges électoraux.

 

Une fois le scrutin clos, le président du bureau de vote ouvre l’urne et procède, conjointement avec les autres membres, au dépouillement des votes.

 

Vu le caractère public de l’acte de dépouillement, les représentants des organisations sociales, les candidats, les citoyens et les étrangers intéressés, pourront y assister.

 

Les résultats du dépouillement sont consignés dans un document officiel qui est lu en présence des participants.

 

Les résultats des scrutins effectués dans chaque collège, les voix obtenues par chaque candidat et le nombre de bulletins nuls et blancs sont affichés publiquement.

 

Dépouillement des votes à la circonscription électorale.

 

La Commission électorale de circonscription est saisie des résultats du scrutin dans chaque collège électoral, ainsi que des autres documents utilisés dans le processus de vote. La Commission procède au dépouillement des bulletins afin de déterminer le candidat élu.

 

Les résultats sont affichés publiquement à l’entrée de chaque collège électoral et à d’autres sites de la circonscription.

 

Vérification du dépouillement des votes par la commission électorale municipale. Proclamation des résultats.

 

Une fois reçus les résultats du dépouillement des bulletins, réalisé par les commissions électorales de circonscription, la commission électorale municipale procède à vérifier sa validité, à proclamer les résultats et à remmettre aux délégués élus les certificats correspondants.

 

Deuxième tour de scrutin.

 

Au cas où aucun des candidats nommés dans la circonscription n’atteindrait plus de la moitié des voix valables exprimées par les électeurs, la Commission électorale au niveau de la circonscription décidera de procéder à un deuxième tour dans les dix jours suivants le scrutin.

 

Nomination des candidats à délégués aux assemblées provinciales et à députés à l’assemblée nationale du pouvoir populaire.

 

A la date fixée par le Conseil d’Etat, les assemblées municipales, formées des délégués élus par la population, se réunissent en séance extraordinaire pour nommer les candidats à délégués aux assemblées provinciales et à l’Assemblée nationale.

 

Les commissions des candidatures sont chargées d’élaborer les listes contenant les noms des délégués de circonscription proposés et des personnalités éminentes, dont des étudiants, travailleurs, scientifiques, intellectuels, dirigeants et paysans, entre autres, et de présenter aux assemblées municipales les projets de candidatures à candidats aux assemblées provinciales et à députés, à des fins de nommination par celles-ci.

 

Le président de l’assemblée soumet aux voix la proposition présentée par la Commission des candidatures. On procède ensuite au vote à main levée. Seront nommés candidats les personnes ayant obtenu plus de la moitié des voix. Si l’une quelconque des personnes proposées n’atteint pas plus de la moitié des voix, la Commission des candidatures soumet une nouvelle proposition qui fera l’objet d’une procédure similaire.

 

Divulgation des candidats à délégués aux assemblées provinciales et à députés à l’assemblée nationale du pouvoir populaire.

 

Les commissions des candidatures aux niveaux national, provincial et municipal veilleront à assurer que les électeurs soient informés des candidats à délégués aux assemblées provinciales et à députés. A cette fin, elles affichent publiquement la photographie et la biographie de chaque candidat et organisent des réunions des voisins où les biographies des candidats sont lues.

 

Les candidats, tous ensemble, participent à des rencontres et à des échanges de vues dans des centres de travail, écoles, coopératives agricoles et unités militaires, entre autres, du territoire qui les a nommés. Ils rencontrent aussi les dirigeants des organisations sociales et les électeurs dans les quartiers et les localités.

 

Election des délégués aux assemblées provinciales et des députés à l’assemblée nationale du pouvoir populaire.

 

L’organisation des élections des délégués aux assemblées provinciales et des députés à l’Assemblée nationale est similaire à celle retenue pour l’élection des délégués aux assemblées municipales. De par la complexité de ces élections, certains éléments de la procédure suivie sont différents :

- L’élection a lieu par commune ou par district électoral. Des districts électoraux d’au moins 50 000 personnes sont créés dans les communes de plus de 100 000 habitants.

 

- La commission électorale municipale se charge du dépouillement des votes et de proclamer les candidats élus. Dans les communes divisées en districts, le dépouillement du scrutin est réalisé par la Commission électorale du district qui soumet les résultats à la commission électorale municipale correspondante.

 

- Pour être élu à ces élections, chaque candidat doit obtenir plus de la moitié des voix valables exprimées dans la commune ou dans le district électoral, le cas échéant.

 

- Si un ou plusieurs candidats ne sont pas élus, le Conseil d’Etat fixe la date de l’élection.

 

Assemblée provinciale et assemblée municipale.

 

Ces assemblées constituent les organes suprêmes de l’Etat dans leurs territoires respectifs. Elles sont investies de la plus haute autorité dans l’accomplissement de leurs fonctions. Elles sont constituées dans le délai fixé par la loi après les élections.

 

Conseils populaires.

 

Le Conseil populaire, organe local du pouvoir populaire à caractère représentatif, est investi de la plus haute autorité dans l’accomplissement de ses fonctions.. Il coiffe un territoire donné, soutient l’assemblée municipale dans l’exercice de ses attributions et veille à ce que les besoins des habitants du territoire soient dûment pris en considération.

 

Le Conseil populaire, qui comprend au minimum cinq circonscriptions ou moins pour des raisons justifiées, est créé dans les villes, villages, quartiers, localités et zones rurales.

 

Le Conseil populaire est composé de la plupart des délégués élus dans les circonscriptions concernées et des représentants désignés par les organisations sociales, les institutions et les entités les plus importa ntes du territoire.

 

Le Conseil populaire doit, parmi ses principales fonctions, veiller à promouvoir le développement des activités de production et service et à satisfaire les besoins de la population, à favoriser la participation de la population et de la communauté à la solution des problèmes, à coordonner les actions et la coopération entre les entités basées sur son territoire, ainsi qu’à contrôler leurs activités.

 

Constitution de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire. Election du président, du vice-président et du secrétaire et du conseil d’état.

 

Les députés à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire se réunissent, dans un délai de 45 jours à compter de la date de leur élection, à l’endroit, à la date et à l’heure fixés par le Conseil d’Etat.

 

Cette séance, à laquelle doivent participer plus de la moitié des députés élus, est conduite par le président de la Commission électorale nationale. Au cours de cette séance, les députés prêtent serment. La constitution de l’assemblée ouvre une nouvelle législature.

 

Une fois constituée, l’Assemblée procède à élire son président, son vice-président et son secrétaire par le vote secret et direct. Elle procède ensuite à élire le Conseil d’Etat - organe permanent de l’Assemblée nationale, formé de 31 membres - ainsi que son président, le premier vice-président , cinq vice-présidents, un secrétaire et les autres membres.

 

Qu’est-ce que l’Assemblée nationale du pouvoir populaire ?

 

L’Assemblée nationale du pouvoir populaire, organe suprême du pouvoir de l’Etat, représente et exprime la volonté souveraine de tout le peuple. L’Assemblée est le seul organe de la République qui soit doté de pouvoirs constituants et législatifs.

 

Ses attributions sont, entre autres, les suivantes : accorder des réformes partielles à la Constitution de la République ; adopter, modifier ou abroger des lois ; révoquer des décrets-lois édictés par le Conseil d’Etat ; adopter des plans nationaux de développement économique et social et le budget de l’Etat ; déclarer l’état de guerre en cas d’agression militaire et approuver les traités de paix ; désigner le Conseil des ministres et élire le président, les vice-présidents et les autres juges du Tribunal suprême populaire , le procureur général et les vice-procureurs généraux de la République.

 

Attributions du conseil d’état.

 

Le conseil d’Etat est l’organe de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire qui la représente entre deux sessions, qui exécute les accords de celle-ci et accomplit les autres fonctions que lui accorde la Constitution ; Il a un caractère collégial et, sur le plan international, assume la représentation suprême de l’Etat cubain.

 

Il est habilité, entre autres, à déterminer la tenue de sessions extraordinaires de l’Assemblée nationale ; à fixer la date des élections en vue de son renouvellement périodique ; à édicter des décrets-lois ; à nommer les membres du Conseil des ministres ; à donner des instructions générales aux tribunaux et au ministère public général de la République et à faire grâce.

 

Commissions de travail de l’assemblée nationale du pouvoir populaire.

 

L’Assemblée nationale est habilitée à créer des commissions de travail formées de députés qui, tout au long de l’année, l’aident à contrôler les organes de l’Etat et du gouvernement , à élaborer des projets de loi et des accords , à émettre des avis sur les projets soumis à son examen et à faire des études ponctuelles.

 

L’Assemblée nationale a aussi le pouvoir de créer des commissions temporaires, compte tenu des intérêts spécifiques dans les divers domaines de la vie socio-économique du pays.

 

Les Cubains sont persuadés que le degré de développement démocratique atteint dans leur pays peut être dépassé. Certes, le peuple cubain a apporté plusieurs modifications importantes au système, ainsi qu’à ses méthodes et à ses mécanismes. Des efforts sont consentis pour le perfectionner. Il y a un objectif pour lequel il faut lutter toujours, à savoir faire en sorte que le peuple participe pleinement , véritablement et systématiquement à la direction et au contrôle de la société - essence de la démocratie. Les défenseurs de la démocratie ne seront jamais satisfaits des progrès accomplis. Ils trouveront toujours de nouveaux stimulants pour poursuivre la lutte.

 

 


 

Assemblée Nationale

 

Affaires constitutionnelles et juridiques ------------------ AffairesEconomiques

 

Relations Internationales ----------------------------------- Santé, sport et Environnement

 

Organes Locaux du Pouvoir Populaire------------------- Education, Culture, Sciences et Technologie

 

Activité Productive---------------------------------------------- Défense Nationale

 

 

Services------------------------------------------------------------ Jeunesse, Enfance et L’égalité des Droits de la Femme

 

 

Dans une nation parlementaire,

le Parlement doit être forcément

la copie légitime du peuple qui l’a élu.

Et s’il ne l’est pas, il doit tendre à l’être

José Marti

 

 

 

 

L’Assemblée nationale du pouvoir populaire de la République de Cuba (Parlement), constituée en 1976 après approbation de la Constitution par référendum populaire (97,7% de oui), est le fruit d’une évolution historique qui démarre lors de la première Assemblée constituante tenue en 1869 quand les Cubains livraient d’intenses combats contre l’armée espâgnole pour se délivrer du joug colonial. D’autres suivirent , toujours sur les champs de bataille : Guàimaro (1869), Baraguà (1878), Jimaguayù (1895) et La Yaya (1897). La guerre conclue, vint celle de La Havane (1901), en pleine occupation militaire des Etats-Unis, à la suite d’élections présidentielles et municipales frauduleuses (1900), organisées par le gouverneur militaire nord-américain Leonard Wood. Devenue censément indépendante en mai 1902, Cuba vit en fait, et jusqu’en 1958, sous un régime néo-colonial qui, non content de reproduire ce que le système nord-américain avait de plus négatif , subordonnait les intérêts nationaux à ceux de la grande puissance du Nord. Ce système reposait sur le pluripartisme et la prétendue indépenadnce des trois pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) qui répondaient en fait aux intérêts de l’oligarchie dominante. Ce qui explique pourquoi la Révolution de 1959 hérita d’un pays qui comptait un million d’analphabètes, cinq cent mille chômeurs, et une mortalité infantile de 60 décès pour 1 000 naissances vivantes dans la première année, entre bien d’autres maux.

 

Ceux qui, de bonne ou de mauvaise foi, critiquent le système politique cubain ignorent ou taisent à dessein que le Parlement repose sur les cinq piliers d’une démocratie authentique et véritable :

 

- Le peuple propose et nomme ses candidats d’une manière libre et participative.

- Le peuple élit les candidats au suffrage direct, secret et majoritaire.

- Le peuple révoque les élus à tout moment.

- Le peuple contrôle systématiquement les élus.

- Le peuple participe avec les élus aux prises de décisions les plus importantes.

 

Les critiques ignorent aussi que notre système de pouvoir populaire est formé de plusieurs corps : l’Assemblée nationale, quatorze assemblées provinciales, cent soixante-neuf assemblées municipales, et enfin, à l’échelon de base, le Conseil populaire et la circonscription électorale. Bien qu’aucune instance ne soit subordonnée à l’autre, elles agissent toutes ensemble de manière à ce que leurs fonctions et activités se complètent pour atteindre l’objectif final : que le peuple exerce le gouvernement d’une manière pratique et réelle.

 

Ceux qui se plaisent à évoquer longuement le fameux débat « Parlement et démocratie » devraient répondre aux questions suivantes : la démocratie est-elle la quantité de jours où fonctionne un parlement ? La démocratie est-elle la quantité de partis politiques représentés à un parlement ? La démocratie est-elle l(‘existence de critères majoritaires et minoritaires à un parlement ? La démocratie est-elle la faculté d’un seul individu de mettre son véto aux lois votées par un parlement ? La démocratie est-elle le concours de tous ces facteurs , peu importe de savoir à qui servent les lois votées, ou que les accords adoptés bradent la souveraineté du pays à une nation étrangère ou à des transnationales ?

Le peuple cubain préfère croire que la démocratie est son droit de nommer, d’élire et de révoquer de lui-même ses représentants au Parlement. Le peuple cubain préfère croire que la démocratie est la justice sociale, l’égalité, l’équité, le droit à la vie, le droit au travail, le droit à l’éducation, le droit à la culture, le droit au logement, le droit à la sécurité, la sienne et celle de sa famille. Le peuple cubain préfère croire que la démocratie est aussi la dignité, le droit et le devoir d’avoir et de défendre une nation libre, indépendante, souveraine et solidaire. Le peuple cubain préfère croire que la démocratie est aussi son droit de se doter du système politique de son choix. Le peuple cubain préfère croire que la démocratie est, comme le disait Abraham Lincoln, le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Le peuple cubain préfère croire que la démocratie est le concept exprimé par le président Fidel Castro : « ...que le gouvernement soit d’abord intimement lié au peuple, qu’il naisse du peuple, qu’il ait le soutient du peuple, qu’il travaille et lutte à fond pour le peuple et pour les intérêts du peuple. »

 

Quand on aborde la question spécifique du fonctionnement du Parlement cubain, il faut d’abord avoir à l’esprit que le système politique du pays s’écarte substantiellement de ce qu’on appelle « la démocratie représentative ».

 

Ainsi, alors que celle-ci se fonde sur la division classique des pouvoirs exécutf, législatif et judiciaire, le système politique cubain est le fruit authentique d’une révolution autochtone qui repose sur l’existence d’un seul pouvoir : le pouvoir du peuple.

 

Il est donc logique que des idées si radicalement opposées expriment aussi des concepts, des formes et des méthodes foncièrement différents ern ce qui concerne la formation et le fonctionnement du Parlement.

 

Alors que le Parlement n’est qu’un des facteurs - toujours plus critique et contesté, soit dit en passant - du système capitaliste, l’Assemblée nationale du pouvoir populaire est la clef de voûte du système politique cubain puisqu’elle constitue l’organe supérieur du pouvoir étatique qui représente et exprime la volonté souveraine de tout le peuple, en conformité avec la définition qu’en donne l’article 69 de la Constitution.

 

En mettant en pratique ce principe stratégique, les députés cubains appliquent des formes novatrices dans l’organisation et le déroulement des travaux parlementaires, utilisant comme prioncipes directeurs les clauses de la Constitution de la République et le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

 

Aux termes de la Constitution, l’Assemblée nationale se réunit en session ordinaire deux fois par an et en session extraordinaire à la demande du tiers de ses membres ou sur convocation du Conseil d’Etat.

 

Une comparaison superficielle et mécanique entre les normes et formes de fonctionnement du Parlement cubain et celles des organes législatifs des pays de démocratie représentative conduit inexorablement à des conclusions erronnées. Ainsi, les critiques de bonne foi se demandent si ce temps de session est suffisant pour permettre à l’Assemblée nationale de remplir sa mission d’organe de pouvoir supérieur ; les critiques de mauvaise foi, eux, en profitent pour dénigrer l’ensemble du système démocratique cubain.

 

En matière de comparaison, précisons que le plus important est le contenu, non la forme. Les Cubains ont appris de José Marti : « Ce à quoi il faut faire attention, ce n’est pas à la forme des choses mais à leur esprit. C’est le réel qui importe, pas l’apparent. » Or, c’est justement la forme , l’apparence, que les adversaires du système cubain signalent pour tenter de prouver qu’un Parlement qui se réunit de six à huit mois par an, comme chez eux, est plus démocratique que le parlement cubain. Or, c’est là une comparaison erronnée parce que le Parlement cubain remplit ses fonctions d’une manière différente. Et c’est vouloir, comme cela arrive fréquemment, masquer la réalité pour discréditer notre système politique.

 

Pour aboutir à une conclusion correcte, il faut analyser les réponses que l’on pourrait donner aux questions suivantes : quels sont ceux qui font partie du Parlement et quels secteurs économiques et politiques représentent-ils ? Comment les candidats ont-ils été proposés , nommés et élus et à quel coût ? Quelles lois votent-ils et au profit de qui ? Pour voter les lois où l’avenir du pays et des travailleurs est en jeu, consulte-t-on le peuple ? Les organisations de masse et les organisations sociales qui représentent d’importants secteurs de la population peuvent-elles présenter des projets de loi au Parlement ? Le vote d’une loi par une minorité des parlementaires grâce à un artifice des normes peut-elle être considérée comme un mécanisme démocratique ?

 

Une simple a nalyse de la composition sociale des députés de « démocratie représentative » permet de vérifier sans mal qu’un bon nombre, parfois la majorité, représente d’un point de vue économique l’oligarchie dominante, les gros propriétaires terriens, la banque, le commerce et la grande industrie, et, d’un point de vue politique, les partis de droite auxquels peu importe le sort des pauvres et des démunis. Ce qui explique en bonne logique pourquoi ces députés influents vont toujours promouvoir et défendre des lois qui garantissent leurs privilèges et non des lois bénéfiques aux travailleurs.

 

Il est courant que des lois soient votées par des hémicycles vides de députés ou de sénateurs à partir du moment où les leaders des partis majoritaires se sont mis d’accord. La situation est pire pour les parlementaires de petits partis ou de partis indépendants dont les voix ne pèsent jamais ou presque.

 

On sait que bon nombre de décisions concernant l’avenir des pays sur le plan économique et social, ou la vie personnelle des familles, ne sont même pas discutées au parlement , ni même parfois au sein du pouvoir exécutif. Dans de nombreux pays, le président, ou parfois le ministre de l’économie, décide personnellement d’une hausse des impôts, ou des loyers, ou des transports en commun, de l’essence, de l’électricité ou des produits de base, ou d’une dévaluation de la monnaie, le peuple l’apprenant le lendemain en ouvrant la télévision ou le journal ! Cette forme de gouvernement, cette pratique parlementaire sont-elles donc des exemples de démocratie ? A quoi bon, dès lors, que le parlement se réunisse, comme c’est souvent le cas, trois cent soixante-cinq jours par an ? On peut en dire autant des occasions où le FMI impose aux gouvernements, pour octroyer des prêts, la politique sociale qu’ils doivent suivre et fixe même les dépenses que le pouvoir exécutif pourra engager en matière de santé, d’éducation et d’autres secteurs sociaux. Une question se pose : en matière de politique sociale, qui prend vraiment les décisions : le FMI ou les congrès nationaux ?

 

Aux Etats-Unis, le pays qui se présente en champion de la démocratie, l’élection à un poste de sénateur coûte au bas mot trois millions de dollars. En Amérique latine, dans certains pays, un candidat doit réunir des milliers ou des millions de dollars, c’est selon, pour pouvoir aspirer à être sénateur ou député. On sait que la collecte de fonds provient de deux sources essentielles : les contributions individuelles, qui sont insignifiantes, et celles des entreprises et organisations qui sont bien plus substantielles. Que se passe-t-il quand une société donne des milliers de dollars à un candidat pour sa campagne électorale ? La réponse coule de source : une fois élu, il devra répondre au Congrès aux intérêts de cette société et non à ceux des gens qui ont voté pour lui. Et l’adoption des lois et leur caractère sont à l’avenant...

 

A ce genre de questions, Cuba répond différemment : la participation populaire intervient à toutes les phases des élections, ainsi qu’à la prise de décisions et à l’adoption des lois.

 

Les députés cubains ne sont proposés par aucun parti : ils le sont par les délégués des assemblées municipales élus à la base par la population. Ceci explique pourquoi tous les secteurs de la société sont vraiment représentés à l’Assemblée nationale : ouvriers, paysans, étudiants et lycéens, artistes, sportifs, intellectuels, médecins, enseignants, militaires, scientifiques, entre autres ; pourquoi sa composition ethnique est aussi le reflet de la société cubaine ; et pourquoi les femmes représentent 35,9% des députés.

 

Les dépenses électorales sont assumées par l’Etat. De plus, la loi interdit aux candidats de faire campagne. Ainsi donc, un candidat à la députation n’a pas à dépenser un sou pour être élu. Les méthodes cubaines pour faire connaître un candidat sont absolument directes et pratiques : sa biographie et sa photo sont affichées dans des lieux publics et la circonscription électorale correspondante, et tous les candidats de celle-ci se réunissent avec la population dans des lieux publics, des lieux de travail, des établissements d’enseignement, des coopératives agricoles, etc...

 

Les lois les plus importantes, autrement dit celles qui ont un impact sur l’ensemble de la population ou sur les travailleurs et leurs familles, ou qui les concernent directement, sont discutées avant dans les usines, les coopératives paysannes, les établissements d’enseignement, les quartiers, les organisations et les institutions de tout le pays avant d’être analysées, débattues et votées à l’Assemblée nationale. En ce sens, les députés cubains passent normalement bien plus d’heures à ces discussions que leurs collègues de n’importe quel endroit de la planète. Ainsi, quand l’Assemblée nationale a dû discuter des mesures qu’il fallait adopter pour faire face à la crise économique provoquée par la disparition de l’Union Soviétique et des pays socialistes d’Europe de l’Est, et aggravée par le blocus nord-américain et la loi Toricelli du congrès nord-américain, elles ont été discutées au préalable dans les usines, les coopératives paysannes et les établissements d’enseignement pendant quatre mois par plus de trois millions de travailleurs. Existe-t-il dans les pays capitalistes un seul exemple comme celui-ci où les députés consultent les électeurs avant de voter des mesures qui impliquent la création d’impôts, des hausses des prix de biens et services et qui touchent directement l’économie des familles et des entreprises ? Quel Parlement est-il plus démocratique : celui qui prend des décisions engageant l’avenir du pays et des personnes enfermé entre quatre murs ou celui qui descend dans la rue pour légiférer et prendre des décisions aux côtés du peuple.

 

La Constitution cubaine concède l’initiative législative, en plus des députés, au Conseil d’Etat et auConseil des ministres, au Tribunal suprême populaire et au ministère public, aux organisations non gouvernementales d’ouvriers, de paysans, d’étudiants et lycéens, de femmes, de voisins, voire à la population elle-même au cas où le projet de loi concerné serait souscrit par-devant notaire par dix-mille électeurs valides. Ainsi, l’initiative législative devient-elle l’apanage de vastes secteurs de la société.

 

L’article 76 de la Constitution stipule que les lois et accords doivent être adoptés par l’Assemblée nationale à la majorité des voix et que les mesures portant réforme de la constitution doivent l’être par les deux tiers des députés. Depuis sa création voilà vingt-huit ans, l’Assemblée nationale a voté toutes les lois en présence de plus de 95% des députés.

 

Deux autres facteurs qualitatifs distinguent le parlement cubain des autres :

 

  1. L’Assemblée nationale est le seul organe du pays à capacité constitutante,si bien qu’aucun autre organe ou organisme ne lui est supérieur quand il s’agit de décider ce qui est constitutionnel ou ne l’est pas. Elle se constitue de pein droit.

  2. Les députés cubains ne touchent pas d’honoraires dans l’exercice de leurs fonctions qu’ils réalisent sans renoncer à leurs activités professionnelles habituelles, même s’ils bénéficient de facilités à ce titre.

 

Tout ceci explique clairement sur le fond comment fonctionnent les mécanismes de l’Assemblée nationale cubaine.

 

Les méthodes utilisées permettent de comprendre que les députés cubains passent autant de temps que leurs homologues étrangers dans l’exercice de leurs fonctions. Qui plus est, elles garantissent une participation active et décisive à tous les accords qu’adopte l’Assemblée nationale.

 

Voyons qpar quelques exemples pratiques comment forme et contenu se combinent dans l’activité des députés cubains et à quel point leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale est active.

 

Comment se déroulent les deux sessions ordinaires annuelles ? Pendant trois ou quatre jours, les députés se réunissent au sein de leurs commissions respectives pour aborder et discuter toutes les questions relevant de leur compétence. Il est normal que ministres et dirigeants d’organismes publics participent à ces réunions pour informer de l’activité de leur secteur, ainsi que pour répondre aux questions des députés et en connaître les vues. Les ministres doivent aussi se présenter devant les séances plénières pour rendre compte de leur gestion, ce qui implique un débat large, des questions de toutes sortes, des critiques et des suggestions auxquelles les ministres doivent ensuite répondre sur-le-champ ou dans les meilleurs délais . C’est à la fin de ce mécanisme que l’Assemblée nationale débat en séance plénière l’ordre du jour qui a été adopté au préalable par les députés et qui concerne au premier chef les questions signalées par la Constitution, à savoir le budget de la nation, la politique économique et son évolution, les projets de lois, l’analyse de programmes, les activités des organismes de l’administration centrale de l’Etat, l’analyse et l’adoption des accords du Conseil d’Etat, la nommination des membres du Conseil des ministres, l’élection de juges et procureurs. L’ordre du jour inclut aussi les points d’actualité suggérés au préalable par les commissions permanentes. De plus, tout député peut présenter une proposition de points lors de l’adoption de l’ordre du jour.

 

Que se passe-t-il pendant l’intersession ? De quelle manière les députés continuent-ils d’exercer leurs fonctions au moins autant de temps que leurs collègues du reste du monde ?

 

Tout d’abord, les commissions de travail permanentes (nommées par l’Assemblée nationale elle-même) continuent de fonctionner pendant l’intersession, selon un programme thématique annuel adopté au préalable par leurs membres et incluant aussi des points indiqués par le président du parlement. Les groupes parlementaires d’amitié maintenant des relations avec les parlementaires du monde entier continuent aussi de fonctionner.

 

Pour utiliser rationnellement leur temps, compte tenu du fait qu’ils continuent d’exercer leur profession normale, les députés réalisent essentiellement les tâches qui leur ont été confiées depuis leur lieu de résidence. Et ceci leur occupe beaucoup de temps.

 

Mais chaque député a aussi l’obligation de rencontrer au moins deux fois par an ses électeurs afin d’en connaître les opinions, les demandes, les plaintes et les critiques au sujet de situations se présentant dans la communauté ou du fonctionnement d’entreprises et d’organismes publics. A ces réunions, le député doit aussi rendre compte de ses activités et aborder les problèmes clefs du pays. Ces rencontres se déroulent sur une durée de deux à trois mois.

 


Par ailleurs, chaque député doit participer aux sessions ordinaires (au moins quatre par an) de l’assemblée municipale à laquelle il a été élu et devant laquelle la loi l’oblige à rendre compte au moins une fois par an et chaque fois que celle-ci le lui demandera.

 

Agent actif de la société et facteur dynamique du système politique, le député cubain reste étroitement lié aux questions du moment dans la vie du pays, participant systématiquement à ce titre à des réunions de travailleurs, de paysans, d’étudiants et lycéens, se rendant dans des usines, des écoles, des coopératives agricoles ; se réunissant avec des dirigeants d’entreprises et d’organismes publics et avec bien d’autres représentants des institutions locales et nationales et avec ceux de la société civile.

 

Durant cette étape, les députés réalisent les activités législatives de leur compétence exclusive. Ils se réunissent systématiquement pour évaluer et discuter au sein des commissions, parfois même avec tous ceux d’une même province pour faire connaître leurs vues et analyser les projets de lois qui seront présentés aux sessions ordinaires de l’Assemblée nationale.

 

Trois autres facteurs clefs absolument typiques du parlement cubain en renforcent le caractère démocratique.La loi électorale stipule qu’il est élu un député pour 20 000 habitants ou fraction de plus de 10 000 ; ceci donne au député cubain une très large représentativité qui le rapproche beaucoup de la population. De plus, la moitié des députés doivent être des délégués de circonscriptions (où vivent de 600 à 3 000 habitants), si bien que l’Assemblée nationale cubaine est éminemment populaire, ce qui se traduit dans la teneur des débats et le contenu des accords adoptés. L’Assemblée nationale est composée aujourd’hui de 609 députés, dont presque trois cents agissent directement et en permanence au niveau des quartiers.

 

Toutes les municipalités du pays sont représentées à l’Assemblée nationale par au moins deux députés, ce qui garantit que la voix et les intérêts de chacune se fassent entendre lors de l’adoption d’accords risquant d’avoir une influence sur son développement et sur la solution de ses problèmes. Ceci permet aussi au parlement d’avoir une vision et une approche nettement nationales.

 

L’article 89 de la Constitution stipule : « Le Conseil d’Etat est l’organe de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire qui la représente à l’intersession, en exécute les accords et exerce en plus les fonctions que lui confère la présente Constitution. » Citons parmi les différentes attributions du Conseil d’Etat : convoquer des sessions extraordinaires ; fixer la date des élections ; édicter des décrets-lois ; donner le cas échéant aux lois une interprétation générale et obligatoire ; exercer l’initiative législative ; disposer l’organisation des référendums dont déciderait l’Assemblée nationale ; nommer et remplacer des ambassadeurs (ce qui revient en exclusivité dans la plupart des autres pays au président).

 

Comme on peut le constater, aux termes de la Constitution, même quand l’Assemblée nationale n’est pas réunie, elle continue d’exercer l’action législative et d’autres fonctions importantes de son ressort. Il faut savoir que le Conseil d’Etat élu par l’Assemblée nationale est constitué de trente et un députés et fonctionne sous forme collégiale.

 

Il serait bon que les contempteurs du système politique cubain - qui se plaisent à des comparaisons superficielles et sans fondements - sachent que les lois adoptées par l’Assemblée nationale du pouvoir populaire ne peuvent faire l’objet d’un véto de la part du gouvernement ou du président , et que le parlement ne peut pas non plus être dissout, comme cela arrive dans bien des pays à démocratie représentative. Quelle meilleure preuve de son caractère foncièrement démocratique ?

 

Que dire de l’existence du parti unique, qui est l’argument clef - quasiment un dogme - des détracteurs de la Révolution cubaine et de son système politique ? Pour ces idéologues de la « penée unique », le pluripartisme est ipso facto synonyme de démocratie. Voire ! Peu importe à leurs yeux qu’il n’y ait parfois que deux partis, par exemple, qui ne se différencient en rien, comme aux Etats-Unis. Peu importe que, comme on le constate dans la plupart des pays latino-américains, à peine 12% de la population, et au mieux 27% dit avoir confiance dans les partis politiques. Peu importe non plus que les abstentions aux élections présidentielles se soient montées à plus de la moitié des électeurs dans plusieurs pays latino-américains...

 

Pour un député cubain, il est absolument scandaleux et sans le moindre rapport avec le concept qu’il se fait de la vraie démocratie qu’un s énateur ou un député puisse au nom du pluripartisme changer de camp, autrement dit passer du parti qui l’a élu à un autre parti, parfois d’obédiance idéologique totalement contraire, avant même parfois d’avoir été investi, comme cela se passe si fréquemment dans les pays latino-américains. On a même vu des parlementaires changer de parti à six reprises durant une législature ! Bel exemple de démocratie que cet irrespect de la volonté des électeurs qui ont censément élu l’individu en question dans le cadre d’un parti donné ! En fait, bien souvent, les partis politiques ne sont là que pour satisfaire les ambitions personnelles ou favoriser les alliances et les intérêts de leurs pontes.

 

Qu’y a-t-il de « démocratique » dans la pratique des directions de partis quand elles désignent les caéndidats et décident d’avance quels sont ceux qui devront être élus en établissant des listes ?

 

Il n’existe qu’un seul parti politique à Cuba, c’est un fait : le Parti communiste. Mais cela ne veut pas dire qu’il désigne les députés à la baguette, comme se plaisent à le répéter mensongèrement les détracteurs du système politique cubain, censément antidémocratique , parce qu’ils veulent nous faire revenir à l’époque du pluripartisme, autrement dit avant 1959 où Cuba n’était qu’une néo-colonie des Etats-Unis, quasi une annexe de ce pays.

 

Or, la loi interdit au parti de proposer des candidats ! C’est la population qui, dans chaque circonscription, nomme librement les candidats aux assemblées municipales, au cours de réunions publiques,ouvertes à tous et transparentes, auxquelles participent toujours plus de 80% des électeurs. Comme notre intention ici n’est pas d’aborder le système électoral, disons seulement que les candidats aux assemblées provinciales et à l’Assemblée nationale sont nommés justement par ces assemblées municipales et qu’ils doivent ensuite être élus, au suffrage libre, direct et secret, à la majorité absolue.

 

Ce que nous tenons en revanche à souligner, c’est que chaque député cubain agit de lui-même dans les débats et durant les votes. Le parti, contrairement à ce qui se passe dans les autres parlements, ne réunit pas ses militants pour leur dire comment ils doivent voter ou ce qu’ils doivent exprimer. Le député cubain ne rend pas compte de son action au parti, mais uniquement et exclusivement, comme le stipule la loi, à ses électeurs et à l’Assemblée municipale pour laquelle il a été élu.

 

Les parlementaires cubains ne discutent pas des commissions que doit présider leur parti, ni de quelle loi doit proposer et qu’ils doivent défendre ; à plus forte raison, s’ils doivent voter contre le projet de budget présenté par le gouvernement parce qu’il ne répond pas aux intérêts de leur parti. Non, ce dont discutent les parlementaires cubains, en fonction de leur vision des choses et de leurs convictions, ce sont les mesures à adopter pour continuer de développer l’économie du pays, d’améliorer toujours plus les services de santé et d’éducation, d’optimiser les ressources de la nation ; pour garantir qu’aucun citoyen ne reste sans protection, que l’équité, la justice sociale et le niveau culturel de la population ne cessent d’augmenter. Ce dont discutent les députés cubains, c’est comment continuer de faire pièce à la guerre économique et à l’hostilité permanente du gouvernement nord-américain, comment améliorer et renforcer la défense du pays. Ou alors, plus récemment, des nouvelles actions que la nation doit entreprendre pour obtenir la relaxe des cinq héros cubains prisonniers politiques de l’empire.

 

Bref, on pourrait conclure comme suit l’analyse de ces points : ni le pluripartisme n’est synonyme de démocratie ni le parti unique ne l’est de carence de démocratie. Ce qui importe au peuple , en fin de compte, ce n’est pas de savoir combien un pays doit copter de partis pour être censément démocratique , mais si les parlementaires qu’il a élus défendent vraiment ses droits légitimes, adoptent des lois qui favorisent ses saines aspirations au bien-être matériel et spirituel, qui améliorent constamment son niveau de vie, notamment en matière d’emploi, de santé, d’éducation, de logements et autres besoins sociaux. Les peuples ne se préoccupent pas de la quantité de partis représentés au Congrès : ce qui les préoccupe et ce qu’ils veulent savoir, c’est si les députés qu’ils ont élus vont les prendre en considération, vont les consulter, vont les faire participer aux décisions qui engagent leur vie, leur avenir et celui de la nation. Et ils voudront surtout être sûrs que leurs représentants au parlement seront capables de défendre jusqu’au bout la souveraineté et l’indépendance du pays.

 

L’activité incessante que mène le député cubain lui donne accès à de très nomlbreuses informations, lui permet de tâter le pouls du pays jour après jour, d’être en contact permanent avec ses électeurs et avec la population, de connaître ses problèmes, ses inquiétudes, ses propositions et ses suggestions.

 

Voilà pourquoi il est en mesure de participer à la discussion de tous les points qu’abordent les commissions de travail permanentes et les sessions de l’Assemblée nationale. Et voilà pourquoi, aussi, il apporte au parlement une voix qualifiée, enrichissante, capable de soutenir ou de critiquer en connaissance de cause.

 

Et voilà encore pourquoi son vote à l’Assemblée nationale est un vote qualitatif, fruit de la sagesse populaire, de l’intelligence du peuple, de consultations multiples, qui exprime les sentiments, les désirs et la disposition de tous les Cubains.

 

Bien entendu, le travail des parlementaires cubains et l’importance de leurs fonctions, et l’action large et profonde de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire de la République de Cuba, sont bien plus riches et globaux que ce que peuvent en dire quelques pages qui n’ont pour but que de présenter l’essence même de son fonctionnement d’une manière résumlée et aisée à lire.

 

L’essentiel de ce que nous voulons dire, au fond, c’est qu’il peut exister, n’en déplaise à nos imprécateurs, un système parlementaire différent de celui des pays capitalistes et foncièrement démocratique.

 

quiconque lit sans préjugés et en souhaitant vraiment savoir comment fonctionne l’élément clef du système politique cubain, l’Assemblée nationale du pouvoir populaire (Parlement) pourra constater que Cuba applique, des points de vue conceptuel et pratique, des formes de démocratie toujours plus participative qui favorisent l’interaction permanente entre les députés et leurs électeurs, entre le Parlement, le peuple et la société, qui permettent à l’Assemblée nationale de fonctionner différemment d’autres parlements, d’une manière non seulement démocratique mais encore efficace et foncièrement utile à la nation. Le lecteur honnête pourra aussi constater la ferme volonté du peuple et des députés cubains de continuer de le perfectionner.

 

Au moment où j’écris ces lignes, l’Assemblée nationale du pouvoir populaire de la République de Cuba fête son vingt-huitième anniversaire et le cent trente-cinquième de la première Assemblée législative jamais fondée dans le pays. Durant ce laps de temps, les administrations nord-américaines ont dressé des montagnes de mensonges et de contrevérités pour parvenir à leurs fins : prouver que le système en place dans notre pays n’est pas démocratique et liquider la Révolution pour réintégrer l’île dans leur Empire. Elles n’ont encore atteint aucun des deux. Comment se fait-il que la nation la plus puissante de la terre et qui l’est toujours plus n’y soit pas parvenue ? C’est là une bonne question qu’adversairtes et amis devraient se poser. La réponse, c’est José Marti qui l’a donnée voilà plus d’un siècle quand, parlant des formes de gouvernement impossibles à liquider par des facteurs externes, il écrivait : « Seules les formes de gouvernement qui naissent des nations y jettent des racines. » et quand, décrivant le sens de la liberté que les Cubains ont toujours défendu, il affirmait : « Sans liberté, de même que sans air à soi et essentiel, rien ne vit...La liberté est l’essence de la vie. »

 

Ediciones Poder Popular

 

 

1Légende des croquis que, pour des raisons techniques, nous n’avons pas pu reproduire. Nous nous en excusons.

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