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Venezuela : Graves menaces du « faucon » Roger Noriega

13 Mai 2018, 15:09pm

Publié par Bolivar Infos

 

Resumen Latinoamericano, 12 mai 2018

Encore une fois, l'ingérence yankee en appelle à toutes ses ressources et il faut lire cet article du porte-parole de l'Empire Roger Noriega, un énergumène anti-cubain et anti-bolivarien mis en place par Bush quand il était président. Maintenant, il remplit la mission de menacer la souveraineté vénézuélienne.

 

On n'a plus le choix pour le Venezuela

Par Roger F. Noriega 10 mai 2018

 

Dans une conférence à Miami la semaine dernière, Juan Cruz, le directeur pour les affaires de l'hémisphère occidental du Conseil de Sécurité Nationale des Etats-Unis, a fait face au régime vénézuélien de Nicolás Maduro.

 

Cruz a cité un extrait de la Constitution du Venezuela réécrite sous la présidence d'Hugo Chávez, le prédécesseur de Maduro, qui dit que le peuple « fidèle à sa tradition républicaine, à sa lutte pour l'indépendance, la paix et la liberté, refusera tout régime, toute législation ou toute autorité qui serait contraire aux valeurs, aux principes et aux garanties démocratiques ou qui porterait atteinte aux droits de l'homme. » Cruz s'était adressé à l'Armée vénézuélienne et avait demandé à ses membres d'honorer leur engagement envers la Constitution.

 

De même que quand Rex Tillerson, alors secrétaire d'Etat, avait fait des déclarations similaires en février, ceux qui ont critiqué Cruz ont dit qu'il n'est pas prudent que Washington encourage un coup d'Etat au Venezuela.

 

Mais Cruz ne se référait qu'aux faits. Maduro a pu se maintenir au pouvoir malgré les violations systématiques des droits de l'homme et de l'ordre constitutionnel, ce qui a provoqué aussi bien l'effondrement économique et social du pays qu'une crise migratoire qui affecte tout le continent. Un régime débordant de corruption et de liens avec la trafic de drogues dont la répression violente des protestations en faveur de la démocratie en 2014 et 2017 a assassiné 200 personnes et fait des centaines de blessés, ne cèdera jamais le pouvoir volontairement.

 

Plus que craindre un coup d'Etat, la communauté internationale devrait encourager les Vénézuéliens – y compris les membres des forces armées – à rétablir la démocratie.

 

Le statu quo est inacceptable. Depuis le début du chavisme, en 1999, Chávez et Maduro ont coopté et détruit des cours et des assemblées indépendantes, pillé les réserves de pétrole et le budget de l'Etat, causé l'effondrement de l'industrie pétrolière, détruit le secteur privé de l’économie, asphyxié l'approvisionnement en aliments et en médicaments et provoqué un exode massif dans lequel 10% de la population a quitté le pays.

 

L'Assemblée Nationale (contrôlée par l’opposition), l'Organisation des Etats Américains (OEA) et le Groupe de Lima (formé par 14 pays de la région) ont condamné ce palmarès atroce.

 

Donald Trump, le président des Etats-Unis, a dénoncé Maduro et a insisté auprès de ses homologues d'Amérique Latine pour prendre plus de mesures pour stimuler un changement. Mais les Etats-Unis ne peuvent diriger des coulisses l'affrontement contre le Venezuela parce que cette conjuration est contrôlée par Cuba, financée par la Chine, armée par la Russie et utilisée par l'Iran, l' Hezbola et des groupes terroristes de trafic de drogues de Colombie. Si les Etats-Unis considèrent le Gouvernement de Maduro comme un régime illégal et criminel qui menace la stabilité de la région, ils devraient agir en conséquence.

 

Bien que le Département d'Etat des Etats-Unis ait pris des sanctions contre Maduro, le vice-président Tareck El Aissami et des dizaines d'autres hauts fonctionnaires impliqués dans des violations des droits de l'homme et dans la corruption, les sanctions ne sont pas un substitut d'un engagement plus frontal.

 

Mike Pompeo, le secrétaire d'Etat des Etats-Unis, devrait donner autorité à un nouveau groupe de diplomates étasuniens pour promouvoir un changement au Venezuela.

 

Washington devrait rompre les relations diplomatiques avec Caracas et reconnaître les membres de l' Assemblée Nationale (l'organe législatif dont les membres sont élus démocratiquement) comme les seuls représentants légitimes du peuple vénézuélien.

 

Les Etats-Unis devraient faire connaître les enquêtes judiciaires qui ont été faites depuis longtemps sur El Aissami —qui est soupçonné d'avoir des liens avec le trafic de drogues et avec des groupes terroristes – et sur Diosdado Cabello (l'un des fonctionnaires les plus influents du régime vénézuélien, soupçonné de diriger un cartel de trafic de cocaïne avec des militaires de l'armée). Porter ou révéler des accusations dans les 2 cas aiderait à mettre au jour le dangereux narco-Etat de Caracas. 

 

Pour accélérer l'arrivée d'une transition, les Gouvernements voisins devraient prêter une assistance morale et matérielle à l'opposition démocratique du Venezuela. Les Etats-Unis, l'OEA et les dirigeants d'Amérique Latine du Groupe de Lima devraient soutenir et ratifier la décision du Tribunal Suprême de Justice en exil (un groupe de juristes désignés par l'Assemblée Nationale) de suspendre Maduro de la présidence pour corruption.

 

Pour s'assurer que le pouvoir soit transféré sans retard aux autorités civiles légitimes, les membres de l'Assemblée Nationale devraient mettre en place un mécanisme pour désigner un successeur par interim à Maduro. Les membres de l'Assemblée Nationale devraient aussi former un conseil électoral impartial pour organisent des élections présidentielles libres, justes et avec un contrôle international.

 

Enfin, les dirigeants démocratiques du Venezuela devraient envisager de recevoir et de distribuer l'aide humanitaire et de réactiver les services sociaux du pays. Ils devraient mettre en place des stratégies pour mettre sur la bonne voie la restauration du secteur privé de l'économie. Les dirigeants de la transition devraient aussi se mettre à faire un effort international pour localiser et réclamer les milliers de millions de dollars volés au peuple vénézuélien par les autorités corrompues.

 

Si les forces armées du Venezuela renversent Maduro, il est très possible que les citoyens évoquent cet acte comme une mission de sauvetage et non comme un coup d'Etat. Même à l’intérieur de l'Armée, m'ont dit des fonctionnaires du régime, pas plus de 20% des soldats – dont les familles souffrent de la faim et de la répression - ne défendraient Maduro.

 

Le Gouvernement de Donald Trump a une occasion exceptionnelle au Venezuela de promouvoir les valeurs démocratiques, de défendre la sécurité nationale des Etats-Unis et d'affronter le trafic de drogues grâce à une stratégie qui pourrait réjouir les partis politiques des Etats-Unis et une grande partie des pays d'Amérique Latine. C'est un défi très compliqué mais ça vaut la peine de le tenter.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2018/05/12/venezuela-el-halcon-estadounidense-roger-noriega-formula-grave-amenaza/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2018/05/venezuela-graves-menaces-du-faucon-roger-noriega.html