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Venezuela: Les Caraïbes ont l'habitude de ne pas se rendre

12 Mai 2018, 17:16pm

Publié par Bolivar Infos

 

Le Venezuela se prépare pour les élections présidentielles sous la menace des Etats-Unis et la nécessité de soutenir une révolution qui donne encore de l'espoir au continent.

 

Caracas suit le rythme de la rage et des Caraïbes. Ce n'est pas pour un débutant. Le transport est une bataille, retirer de l'argent est une bataille, la pharmacie est une bataille, les prix sont une bataille. La conclusion explose comme les tourmentes tropicales que décrivait Maïakovski : il ne reste qu'un peu d'air parmi tant de pluie, c'est une guerre. Mais il ne pleut pas à Caracas, ce sont des semaines de transition entre le soleil et la pluie, une sècheresse nuageuse. L'eau se recycle, on se la passe de seau en seau, on y fait attention en prenant sa douche en faisant la cuisine. Quand on entend à nouveau son bruit dans les conduites, c'est la fête. Nous allons presque jusqu'aux limites, c'est déjà une habitude.

 

Personne n'aurait dit que nous en serions là en ce mois de mai 2018. Ni grâce aux données ni grâce à la divination dans les feuilles de tabac ni grâce à l'application méticuleuses d'hypothèses bien bâties qui ont donné des résultats dans d'autres pays. Ce processus a l'habitude de ne pas accepter de règles, de faire des bonds comme le gitan du film Snatch fait des bonds quand tout le monde le croit tombé. Ils ont parié des millions sur son KO et il se lève avec un coup du droit qui casse les pronostics et laisse l'autre à terre. Celui qui est à terre, c'est la droite vénézuélienne qui ne se remet pas de la défaite de l'année dernière, quand elle a tenté de prendre le pouvoir politique avec les pires feux inoculés pendant des années dans sa base sociale et l'entrée en scène de formations armées et entraînées à l'assaut. C'est pourquoi le gros de cette droite ne participe pas aux élections. Ceux qui ont investi en eux ont compris leur incapacité à convaincre la majorité. Je parle des Etats-Unis, de l'impérialisme en des temps de batailles géopolitiques ouvertes, condensées dans des pays comme la Syrie.

 

Ils veulent nous faire nous effondrer. Que le pays s'épuise, que nous revenions aux misères qui ont provoqué la Révolution, cette fois pour le renverser totalement, plonger dans le matériel et dans les idées. Ils le répètent avec l'impunité de ceux qui ont le pouvoir dans leurs grands médias semaine après semaine, ils annoncent plus d'attaques économiques, plus d'asphyxie d'un blocus qui cherche à empêcher les importations, les transactions, les renégociations en dollars et en monnaie virtuelle Petro. Leur nouveau coup sera, c'est prévisible, de ne pas reconnaître le président élu qui, selon les pronostics, sera Nicolás Maduro. S'il gagne, ce sera grâce à l'unité du chavisme autour de sa candidature, à une base sociale historique, au poids de Chávez et à la faiblesse de ses adversaires : Henry Falcón, ex-chaviste qui promet une dollarisation de l'économie – il prend soin de dire comment il fera – et l'outsider évangéliste conservateur Javier Bertucci.

 

Tout n'est pas la faute de l'impérialisme. C'est aussi évident que l'existence de l'impérialisme. Le mettre au centre de la scène situe le conflit, ses dimensions, le ring sur lequel nous sommes descendus.

 

Le pain, la retrait d'argent, le transport, les prix et les médicaments font partie de cette structure géopolitique, de sa manifestation immédiate, quotidienne, de l'impact qu'elle a dans la bouche de chacun. La stratégie d'usure est conçue, pas improvisée, elle fait mal où elle doit le plus faire mal, elle se coordonne avec les misères et les contradictions du processus, les corrompus, les indolents, les complices pour une maison, une voiture, un compte. Les effets du cadre économique sur le tissu social changent à mesure que la situation se prolonge. A quelques jours des élections présidentielles qui auront lieu ce 20 mai, on peut s'en rendre compte : alors qu'une partie des gens, duc Chavisme, parle des élections, milite pour les élections, suit les informations, une autre partie est immergée dans des batailles quotidiennes incessantes et s'apaisent quelquefois certaines semaines dans certains secteurs. Il y a plusieurs temps superposés sur la terre où le chavisme a été fondé.

 

Ces temps ont des exigences. Ils demandent qu'on reprenne le contrôle d'une économie qui semble s'être emballée, en particulier en ce qui concerne les prix, ils demandent qu'une autorité s'exerce , qu'une situation dans laquelle beaucoup ont fait des besoins de la population de petites, moyennes ou énormes affaires, que la direction parle à nouveau le langage de la rue, la façon de Chávez de faire de la politique, renforce la lutte contre la corruption qui a déjà avancée, que les promesses de campagne ne soient pas des promesses de campagne mais des réalités. C'est une demande à la direction, au Gouvernement, au Parti Socialiste Uni du Venezuela, aux institutions, à la Révolution en tant qu'espace de construction, d'attentes, d'identité.

 

Nous ne sommes pas en crise humanitaire, un concept politique crée par les Etats-Unis et répété jusqu'à plus soif par les grands médias pour justifier les attaques et diaboliser avec horreur le mot Venezuela. Nous sommes dans un cadre de perte d'espaces qui avaient été conquis qui bouscule des reconversions économiques, les façons d'arriver à la fin du mois ou de la quinzaine, jongler pour boucler le mois. Le cas des envois d'argent aux familles en est une preuve évidente : 100 dollars – c'est peu dans d'autres pays – servent à couvrir une grande partie des besoins mensuels.

 

Ainsi, comme il y a un an il était impossible, ou presque, de prévoir que ce mois de mai nous trouverait aux portes d'une présidentielle que Maduro peut gagner, il l'est aussi de prévoir ce qui se passera dans 1 an. La prochaine étape est le 20 mai, garantir la continuité du pouvoir politique. Il est indispensable, pour le pays et le continent, qu'on ne perde jamais de vue l'impérialisme. Il n'y pas 3 blocs, il y en a 2. C'est à l'intérieur du processus, du chavisme en tant que courant historique qu'on peut résoudre les urgences du quotidien dans la perspective stratégique. Il sera trop tard pour s'en rendre compte après, avec les classes dominantes qui déchaîneront leur revanche sans frein ni mesure jusque dans nos maisons.

 

Nous sommes face à nous-mêmes. En tant qu'histoire, rage, Caraïbes, Latino-américains, avec nos passions et nos pauvretés, dans une époque qui nous défie en tant générations réunies autour du Venezuela. Il y a dans ce destin un destin commun qui marque ce que nous pourrons ou non faire dans les prochaines années. Iceux qui nous ont précédés nous regardent, ceux qui viendront et voudront savoir ce que nous avons réussi.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2018/05/10/venezuela-esa-costumbre-caribe-de-no-rendirse/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2018/05/venezuela-les-caraibes-ont-l-habitude-de-ne-pas-se-rendre.html