Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bolivie : Avant Evo Morales et après Evo Morales 

23 Août 2018, 17:35pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par Pedro Rioseco

La Paz (PL) – Celui qui a connu la Bolivie à la fin du siècle dernier et qui la voit aujourd'hui se demandera si c'est le même endroit ou si, en 12 ans de gouvernement du Président Evo Morales, le Processus de Changement a changé le pays.

 

Le 14 août, cela faisait 4 587 jours (12 ans, 6 mois et 23 jours) qu' Evo Morales était au pouvoir. C'est le chef d'Etat qui est resté le plus longtemps au pouvoir dans l'histoire du pays. C'est une preuve de stabilité politique mais c'est beaucoup plus que cela.

 

Après avoir gagné les élections de 2005 avec 53,7% des voix, le 22 janvier 2006, Evo, comme l'appelle le peuple, est devenu le premier président indigène de la Bolivie et a ouvert la voie à un processus de revendication sociale et de lutte contre la discrimination.

 

Cette grande victoire électorale s'est répétée 3 autres fois. En 2008, Evo a obtenu 67% des voix au referendum révocatoire.

 

A cette occasion, le Mouvement Vers le Socialisme (MAS), sous sa direction, a obtenu la victoire dans 6 des 9 départements et la majorité à la nouvelle Assemblée Législative Plurinationale qui a remplacé l'ancien Congrès National.

 

En 2009, le président Evo Morales a promulgué la nouvelle Constitution Politique de l'Etat (CPE) qui, pour la première fois, a été approuvée par referendum et établit la « refondation du pays. » La Bolivie a cessé d'être une République pour se constituer en Etat Plurinational avec des autonomies.

 

A nouveau, en 2009, Evo a gagné les élections générales avec 64% des voix et obtenu le soutient de la majorité des Boliviens à l'étranger. Son Mouvement a eu 130 députés et 36 sénateurs, ce qui lui a permis de continuer à avancer.

 

En 2014, le premier président indigène a triomphé à nouveau avec 61% des voix, a donné une nouvelle preuve de démocratie et a atteint le taux historique de 50% de femmes à l'Assemblée Législative Plurinationale.

 

Un fait sans précédent est survenu en 2013 quand la Bolivie est allée à la Cour Internationale de Justice (CIJ) de La Haye pour obliger le Chili à engager un dialogue pour obtenir une sortie souveraine sur la mer qu'elle avait au moment de sa fondation et a perdu à la suite d'une invasion chilienne en 1879. En 2015, la Cour de La Haye s'est déclarée compétente pour traiter cette demande et en mars dernier, les 2 pays ont achevé la phase des plaidoiries et, pour soutenir cette demande, le 14 mars 2018, un drapeau de 196,5 kilomètres porté par plus de 100 000 Boliviens a été déployé.

 

La nouvelle image de La Paz est celle d'une ville moderne avec de grands immeubles, qui a le réseau de transports par câble le plus étendu du monde avec 22, 84 kilomètres qui lui font rejoindre la cille d' El Alto, située à une altitude moyenne de 3 650 mètres au-dessus du niveau de la mer.

 

De 2014 à juin 2018, le téléphérique a transporté 136 millions de passagers sur ses 7 lignes dans une zone qui unit la difficile région de La Paz aux hauts plateaux qui, ensemble, ont une population de plus de 2 000 000 d'habitants.

 

Le plus impressionnant pour un pays qui, avant 2006, était l'un des plus pauvres de la région, c'est que pendant ces 4 dernières années, la Bolivie est devenue le pays qui, en Amérique du Sud, a la plus forte croissance économique avec 4,82% de son Produit Intérieur Brut (PIB) grâce à ses politiques sociales et financières.

 

Cette croissance moyenne du PIB place la Bolivie au-dessus de la moyenne régionale de 1,87% et la croissance de son PIB per capita qui était de 10 37 dollars en 2005, a atteint les 3 393 dollars en 12 ans. 

 

L'explication est simple : c'est le fruit de la nationalisation des ressources en hydrocarbures et des ressources minières. L'investissement public a augmenté de 629 millions de dollars en 2005 à 6 210 millions en mai 2018 et on prévoit qu'il atteigne cette année 7 411 millions de dollars.

 

Avec cela, pour la troisième année consécutive, la Bolivie a le taux de chômage le plus bas d'Amérique du Sud. En 2005, ce taux était de 8,1% et de 4,48% en 2017. Et aujourd'hui, on considère que 6,5 millions de personnes sur les 11 000 000 d'habitants ont des revenus moyens.

 

Les efforts de redistribution des revenus ont permis de réduire la pauvreté modérée, pendant ces 12 dernières années, à son niveau le plus bas : 36,4% fin 2017 contre 59,9% en 2005 à l'arrivée d'Evo au pouvoir.

 

Ces changements ont permis à la population à revenus moyens d'augmenter de 3,3 millions de personnes à 6,5 millions actuellement avec une pyramide dans laquelle 37% ont des revenus faibles, 58% des revenus moyens et 5% de gros revenus.

 

La stabilité de la monnaie du pays, le Bolivien, qui a une parité de 6,96 pour 1 dollar, a permis d'augmenter la force financière de la Bolivie de 585% et que ses réserves augmentent de 7 600 millions de dollars en 2005 à 36 millions aujourd'hui.

 

Les travaux de ces 12 années se reflètent dans tout le pays et le Président les inaugure sans relâche 7 jours sur 7.

 

Seulement grâce au programme «  La Bolivie Change Evo fait, » entre 2007 et juillet 2018, un total de 8 797 travaux ont été exécutés.

 

Sur ceux-ci, 4300 ont été exécutés dans le domaine de l'éducation, 1 813 installations sportives, 936 infrastructures sociales, 428 dans le domaine de la santé, 474 installations de production, 366 installation d'assainissement de base, 259 installations d'irrigation et 221 travaux routiers ont été exécutés.

 

Mesurer seulement en termes matériels ne reflétait pas l'aspect humain et social de ce qui a été obtenu.

 

Grâce aux politiques de l'Etat Plurinational, le taux de dénutrition chronique des enfants de moins de 5 ans qui, en 2003 il était de 32,3% a baissé de 50%. En 2016, il était de 16%.

 

La mortalité infantile a aussi diminué de 56% entre 2003 et 2016 et le travail dangereux des enfants de 80%. Avant 2008, 746 000 enfants et adolescents faisaient des travaux dangereux et il sont encore 154 000 après 2016.

 

Avec le programme Ma Santé, entre 2006 y 2018, 2 768 médecins ont donné plus de 16,4 millions de soins gratuits, 50% à domicile dans 310 municipalités et 24 communautés indigènes.

 

Pendant le Processus de Changement, plus de 700 000 opérations gratuites des yeux ont été réalisées dans le pays grâce à l'Opération Miracle par des médecins cubains et boliviens et les places dans le domaine de la santé ont augmenté à 391 par an au lieu de 231 par an au cours des 67 années précédentes.

 

Le taux d'analphabétisme était de 13,3% de la population de plus de 15 ans en 2001 et en 2017, de 2,5%, un taux qui a rendu le pays « libre d'analphabétisme. »

 

Les politiques d'accès à une éducation de qualité dans tout le pays ont permis qu'entre 2005 et 2017, 16 000 adolescents passent leur bac en zone rurale et 32 000 en zone urbaine. Un rêve pour beaucoup de jeunes indigènes qui vont maintenant à l'université.

 

Il y aurait beaucoup à dire sur les efforts faits dans l'industrialisation du pays pour transformer la Bolivie en centre énergétique de l' Amérique du Sud. 243 990 petites et moyennes entreprises ont été créées depuis 2006, au rythme de 70 par jour.

 

Il faut aussi souligner la construction de routes modernes dans un pays des Andes et de l’Amazonie de 1 099 kilomètres carrés où la communication par terre entre beaucoup de villes était quasiment impossible, de nouveaux aéroports et l'essor culturel qui a été donné.

 

Mais le plus important, de l'avis de beaucoup, c'est la rétablissement de la dignité et de la fierté d'être Bolivien dans un monde qui reconnaît ces conquêtes amenées par le Président Evo Morales.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol:

http://www.resumenlatinoamericano.org/2018/08/21/bolivia-antes-y-despues-de-evo-morales-opinion/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2018/08/bolivie-avant-evo-morales-et-apres-evo-morales.html