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Amérique Latine : Bachelet n'a pas déçu !

12 Septembre 2018, 16:44pm

Publié par Bolivar Infos

 

Genève (apro).- La Haute Commissaire de l'ONU aux Droits de l'Homme Michelle Bachelet a déploré l'assassinat de défenseurs des Droits de l'Homme et de journalistes au Mexique ainsi que leur harcèlement, leur criminalisation, les menaces de mort et les attaques dont ils sont l'objet.

 

« Au Mexique, 8 défenseurs des Droits de l'Homme ont été assassinés dans les 8 premiers mois de 2018, une fois de plus, plus que pendant toute l'année 2017, » a dit Bachelet lors de son discours inaugural des travaux de a 39° session du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU.

 

« Beaucoup plus ont été victimes de criminalisation, de demandes abusives, de campagnes de discrédit, de surveillance, de menaces de mort et d'attaques. L'année dernière a été aussi l'année pendant laquelle il y a eu le plus de morts de journalistes au Mexique avec au moins 12 assassinats en 2017, » a déploré Bachelet et elle a précisé qu'en 2018, 8 journalistes ont déjà été assassinés et 1 a disparu.

 

Bachelet a attiré l'attention sur la situation des défenseurs des Droits de l'Homme en Amérique Latine qui affrontent de plus en plus de risques de plus en plus graves dans leurs activités légitimes. Elle a parlé de la Colombie où on a enregistré 53 assassinats de défenseurs des Droits de l'Homme reconnus cette année et elle a souligné que 57 autres cas sont en cours de vérification.

 

De plus, l'ACNUDH a enregistré 18 assassinats de défenseurs des Droits de l'Homme au Guatemala cette année contre 12 en 2017.

 

« Les récentes décisions du président de ne pas étendre le mandat de la CICIG après septembre 2019 - et de refuser l'entrée dans le pays à son directeur Iván Velásquez – sont regrettables. Elles supprimeront un instrument essentiel de la lutte contre l'impunité et la corruption, » a-t-elle estimé.

 

Dans son premier discours, l'ex-présidente du Chili a fait une liste des situations inquiétantes qui méritent l'attention du Conseil. En ce qui concerne le Venezuela et le Nicaragua, elle a déclaré que le nombre de plus en plus important de personnes qui fuient les 2 pays démontre une fois de plus la nécessité de défendre constamment les Droits de l'Homme.

 

« Oui, il est urgent d'aider les Etats qui les reçoivent à résoudre les nombreux défis que représentent ces mouvements. Mais il est également essentiel d'aborder les raisons pour lesquelles les gens s'en vont. Dans les 2 pays, le Bureau appelle instamment le Conseil des Droits de l'Homme à prendre les mesures qui s'imposent pour aborder es graves violations des Droits de l'Homme qui ont été prouvées dans des rapports récents, » a déclaré Bachelet.

 

Au Venezuela, une migration accélérée

 

En ce qui concerne le Venezuela, elle a dit qu'on estime que 2,3 millions de personnes ont fui le pays au 1° juillet, environ 7% de la population totale, en grande partie à cause de l'absence d'aliments, d'accès aux médicaments essentiels et aux soins de santé, et de l'insécurité et de la persécution politique.

 

« Ce mouvement s'accélère, selon des rapports de l'ACNUD, » a souligné a Haute Commissaire.

 

Pendant le première semaine d'août, tous es jours, plus de 4 000 Vénézuéliens sont arrivés en Equateur, 50 000 en Colombie en 3 semaines au mois de juillet et 800 arrivent maintenant au Brésil tous les jours. 

 

« Un mouvement transfrontalier de cette ampleur est sans précédent dans l'histoire récente des Amériques et la vulnérabilité de ceux qui s'en vont a aussi augmentée : des vieux, des femmes enceintes, des enfants, même des mineurs non accompagnés et des personnes avec des problèmes de santé passent la frontière en nombre croissant. »

 

« Depuis la publication de notre dernier rapport sur le Venezuela, en juillet, le Bureau a continué à recevoir des informations sur des violations des droits sociaux et économiques comme des cas de morts liées à la malnutrition ou à des maladies évitables ainsi que des violations des droits civiques et politiques et même des arrestations arbitraires, des mauvais traitements et des restrictions de la liberté d'expression. » Hé

 

« Le Gouvernement n'a pas manifesté d'ouverture vers de vraies mesures de reddition de comptes sur les questions soulevées par le Bureau pendant les protestations de masse de 2017, » a-t-elle ajouté.

 

Au Nicaragua, la répression continue

 

Concernant le Nicaragua, Bachelet a parlé de l'augmentation exponentielle du nombre de personnes qui fuient le pays suite à la crise en cours et de la détérioration des Droits de l'Homme.

 

« Il y a 2 semaines, le Bureau a publié un rapport qui prouvait l'usage disproportionné de la force par la police, des exécutions extra-judiciaires, des disparitions forcées, des arrestations arbitraires ou illégales généralisées, des mauvais traitements généralisés, des cas de torture et de violence sexuelle dans es centres de détention, des obstacles mis aux soins médicaux, des violations des libertés de réunion et d'expressions pacifiques ainsi que la criminalisation des défenseurs des Droits de l'Homme, des journalistes et des manifestants considérés comme critiques envers le Gouvernement.

 

Quelques 400 personnes sont mortes et au moins 2 000 ont été blessées. Nous déplorons la décision du Gouvernement d'expulser notre équipe la semaine dernière et nous demandons au Conseil de renforcer sa surveillance du pays. Pendant ce temps, le Bureau continuera à enregistrer les violations des Droits de l'Homme au Nicaragua depuis l'étranger, » a-t-elle averti.

 

Pour Bachelet, le Pacte Mondial de l'ONU pour la Migration qui prévoit la coopération régionale et internationale pour établir une réception prompte et humaine de toutes les personnes qui arrivent à leurs frontières en respectant leurs Droits de l'Homme et en développant des mécanismes d'admission et de séjour basés sur la nécessité de protéger leurs droits est un instrument important en ces circonstances.

 

En ce sens, elle a déclaré que son Bureau est prêt à aider les Etats à respecter leurs engagements grâce à la création d'une formation nationale comprenant, par exemple, la formation des garde-frontières pour défendre et respecter les Droits de l'Homme de tous et fournir une orientation pratique à la mise en place des plans nationaux en la matière.

 

Aux Etats-Unis, il reste à restituer 500 enfants à leur famille

 

Sur ce point, Bachelet a reconnu que les Etats-Unis ont cessé leur pratique « démesurée » de séparation des enfants migrants de leur famille.

 

« Cependant, les autorités n'ont pas encore pris de mesures pour donner une réparation aux familles qui en ont été victimes et plus de 500 enfants migrants que les fonctionnaires étasuniens ont arrachés à leurs parents n'ont pas encore été rendus à leur famille, » a-t-elle souligné.

 

De plus, elle a manifesté son inquiétude à propos du fait que le Gouvernement étasunien a menacé la semaine dernière de cesser de respecter un accord judiciaire qui limite la détention d'enfants à 20 jours.

 

Aujourd'hui a été un examen réussi pour l'ex-présidente chilienne qui occupe le poste de Zeid Ra’ad Al Hussein qui a placé la barre très haut pour affronter les puissances mondiales et dénoncer les abus et les violations des Droits de l'Homme. Zeid s'est aussi retrouve face à des Gouvernements comme celui du président vénézuélien Nicolás Maduro qui a discrédité les rapports de l'ACNUDH en les qualifiant de sélectifs et de tendancieux.

 

Comme l'a reconnu Bachelet, la date d'aujourd'hui, est une date sensible pour elle car le 11 septembre, c'est l'anniversaire du coup d'Etat d'Augusto Pinochet au Chili lors duquel son père, le général Alberto Bachelet, fut arrêté et torturé à mort.

 

Bachelet, laissant de côté sa casquette de chef d'Etat, a déclaré que dans sa chair même, elle a souffert des abus de a dictature : « J'ai été prisonnière politique et la fille de prisonniers politiques. J'ai été réfugiée et médecin, même d'enfants qui ont subi la torture et la disparition forcée de leurs parents, » a-t-elle rappelé.

 

Dans son premier discours qui est considéré comme important parce qu'il établit la feuille de route de son mandat, Bachelet a aussi fait une liste des graves violations des Droits de l'Homme commises en Australie, en Hongrie, en Union Européenne, en Autriche, en Allemagne, en Libye, au Myanmar, au Bangladesh, au Cambodge, en Inde, en Afghanistan, en Corée du Nord, en Chine, au Sri Lanka, en Syrie, au Yemen, en Arabie Saoudite, en Irak, au Bahreïn, en Iran, en Égypte, dans lesTerritoires Palestiniens Occupés, en Ethiopie, en Érythrée, au Mali, au Cameron, au Soudan, au Soudan du Sud, en Somalie, en République de Centrafrique, au Burundi, en République Démocratique du Congo, au Turkménistan, au Tadjikistan, en Russie, en Turquie et en Ukraine.

 

De l'avis de plusieurs des assistants interrogés par Apro sur la première intervention de 'ex-présidente du Chili entant que Haute Commissaire aux Droits de l'Homme, « Bachelet n'a pas déçu ! »

 

Publié par PROCESO

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos 

 

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2018/09/10/violencia-en-mexico-desplazamientos-en-venezuela-represion-en-nicaragua-y-politica-migratoria-de-eeuu-ejes-de-las-criticas-de-michelle-bachelet-en-discurso-inaugural-de-onu-ddhh/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2018/09/amerique-latine-bachelet-n-a-pas-decu.html