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Nicaragua: La Société Inter-américaine de Presse ou comment un journaliste putschiste prime un autre journaliste putschiste 

16 Septembre 2018, 16:34pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par Dick Emanuelsson

La Société Inter-américaine de Presse, c'est à dire les patrons des médias sur le continent américain accorderont le mois prochain le « Grand Prix Liberté de la Presse 2018  à la presse indépendante nicaraguayenne « pour son professionnalisme et son courage face à a violence généralisée du régime de Daniel Ortega, » dit le communiqué.

 

Aucun média particulier n'est mentionné, on parle seulement de « presse indépendante » : même les américano-cubains en Miami sont considérés comme « presse indépendante » et reçoivent ainsi des millions de dollars des diverses façades de la CIA.

 

Que la SIP donne le prix à a presse anti-sandiniste au Nicaragua, cette presse qui a reçu des millions de dollars de la NED, de l'USAID, de l'IRI, du NDI, etc... est alors complètement logique.

 

Tout journaliste qui possède quelques connaissances historiques sait que la SIP est un organisme anticommuniste dont la lance est dirigée contre Cuba, Venezuela, à l'époque de Rafael Correa, contre son Gouvernement, contre la Bolivie et maintenant contre le Nicaragua. Une autre décision de sa part m'aurait laissé perplexe.

 

La SIP émane des journalistes

 

Il est curieux que la SIP soit née à Havane en 1943 en tant qu'organisation de journalistes mais rapidement, elle a été corrompue par les patrons des médias pendant la Guerre Froide et ainsi, elle a continué à faire dans sa croisade tout de que le journalisme réellement sérieux et honnête fuit.

 

Qu'a fait la SIP pour que justice soit rendue aux 40 journalistes honduriens assassinés depuis le coup d'Etat ?

 

La réponse est RIEN ! Parce que les patrons des médias, là aussi, font partie des Pouvoirs Factuels qui en ce moment sont accusés par les organismes qui défendent les Droits de l'Homme d'être les responsables intellectuels des escadrons de la mort qui ont emmené 2 gamins de 16 et 17 ans, la semaine dernière. Tout a été filmé et ensuite, on les a retrouvés assassinés, torturés, pieds et mains liés.

 

Qu'a déclaré la SIP et où sont ses protestations à propos de l'incendie et de la destruction des radios nicaraguayennes Radio Ya et Radio Nicaragua, victimes de la haine provoquée par la « presse indépendante » pendant les protestations violentes au Nicaragua?

 

Le journaliste nicaraguayen Ángel Gahona a été assassiné d'une balle dans la tête le 21 avril dernier alors qu'il marchait avec la police municipale, à Bluefields. 2 des « manifestants spontanés » Brandon Lovo Taylor et Glen Slate ont été reconnus coupables de l'assassinat de Gahona et ont été condamnés à 23 ans et 6 mois de prison et à 12 ans et 6 mois de prison. Justice a été faite, quelque chose qui n'existe pas jusqu'à présent au Honduras, selon les collègues.

 

Les « étudiants pacifiques et spontanés » attaquent une station de radio et la détruisent.

 

Voici ce qui reste de Radio Nicaragua. Et la SIP, quand a-t-elle exigé que la justice condamne les terroristes qui ont mis en danger plus de 120 personnes qui travaillaient dans ces 2 médias ? La position politique de la SIP est toute autre et nous al connaissons.

 

Couvre-feu au Honduras, liberté de couvrir au Nicaragua

 

Pendant les protestations qui ont duré 2 mois au Honduras après les accusations de fraude électorale, le 26 novembre 2017, 38 personnes ont été assassinées par les militaires, selon les organismes qui défendent les Droits de l'Homme. Aussi bien par la Police que par le corps de Police Militaire d'Ordre Public qui dépend de l'Armée. Un couvre-feu a été imposé comme pendant le coup d'Etat, quand Radio Globo a été fermée et a dû émettre par internet et dans la clandestinité.

 

Au Nicaragua, rien de tout ça. Ceux qui ont instauré un couvre-feu, ce sont les « manifestants spontanés et les étudiants pacifiques » en enlevant des villageois dans les colonies et les quartiers. L'Armée du Nicaragua est restée dans ses quartiers. A la fin, le peuple s'est levé, s'est organisé et a renversé, avec la police, les « barricades » où on enlevait, on assassinait et on détroussait les gens.

 

« BrulezEl Carmen! » Et Moncloa?

 

Malgré les appels publics sur la chaîne “100% Noticias” (surnommée par le peuple « 100% Mensonges ») de « prendre El Carmen, le siège du FSLN et la résidence du Président, bien que le directeur de la chaîne, le journaliste et écrivain étasunien Max Blumenthal ait demandé à Trump « une invasion comme à Panamá 1989, » les médias n'ont pas été empêchés de travailler. Des médias comme “100% Noticias” et d'autres médias putschistes ont pu travailler et sortir sans être fermés. Imaginez que cela se soit passé en Espagne ou aux Etats-Unis ! Si un rappeur compose une chanson dont la justice dit qu'elle est une calomnie contre le Roi d' Espagne , on le met en prison pour 2 ans. Que se serait-il passé si le directeur d'un média espagnol de grande audience invitait, pendant de violentes protestations, à prendre le palais Moncloa, à Madrid? 

 

Qu'a fait et que fait la SIP contre les conditions inhumaines dans les quelles travaillent les journalistes, les photographes et les autres travailleurs de ce secteur qui souvent font une double journée, c'est à dire de 14 à 16 heures, cherchant lui-même des publicités pour pouvoir avoir des revenus ?

 

Les travailleurs des médias ont des contrats absolument scandaleux, sans la moindre garantie du travail. Et ils sont renvoyés quand ils ne suivent pas la ligne politique du patron. C'est pour cette raison que dans les médias, règne l'autocensure généralisée.

 

Les journalistes ont le droit constitutionnel de s'affilier à un syndicat mais ils ne le font pas parce que les patrons des médias les renvoient. Il y a très peu de syndicats dans les médias d'Amérique Latine.

 

Pourquoi ?

 

Parce que le pouvoir médiatique et économique se trouve à la SIP. 

 

Le putschiste vénézuélien Marcel Granier (SIP)

 

Et qui remettra le prix à la presse anti-sandiniste ?

 

Ce sera le journaliste putschiste et ce n'est pas étonnant. C'est le même Granier, vénézuélien et roi des Médias qui, le lendemain du coup d'Etat contre le président Hugo Chávez en avril 2002, a salué ce coup d'Etat.

 

« Le rôle déterminant de RCTVpendant le coup d'Etat de 2002 doit être rappelé, » a souligné William Lara, Ministre de la Communication et de Information qui a ajouté que « cette attitude irresponsable n'a pas changé à RCTV. »

 

La participation de RCTV dans la rupture constitutionnelle d'avril 2002 a été d'une telle ampleur que le producteur Andrés Izarra qui s'opposait au coup d'Etat, a immédiatement démissionné pour ne pas en devenir complice. Pendant un témoignage devant l'Assemblée Nationale, Izarra a indiqué que e jour du coup d'Etat et les jours suivants, il a reçu l'ordre formel de Granier de « ne transmettre aucune information concernant Chávez, ses partisans, ses ministres ou toute autre personne qui puisse être en relation avec lui. »

 

11 avril 2002 : Les médias comme RCTV divisé l'écran quand le président Hugo Chávez s'adressait au pays pour calmer les esprits et éviter une effusion de sang en y inscrivant le texte : « NOUS NE RECULERONS PAS ! » Quand le peuple vénézuélien a affronté les putschistes le 12 et le 13 avril, ces mêmes médias ont diffusé des films de Donald le Canard. C'est l'homme qui est directeur de la SIP et qui remettra le prix aux médias putschistes du Nicaragua.

 

Présent à la prestation de serment du putschiste Pedro Carmona

 

C'est le même Granier qui s'est rendu au Palais Présidentiel de Miraflores le 12 avril pour se frotter aux autres putschistes en buvant du champagne après avoir vaincu la démocratie dans son propre pays. 

 

Ce jour-là, il était présent à la prestation de serment du dictateur Pedro Carmona Estanga. Tous ont signé le « Livre de Présence » cet soir-là au Palais Présidentiel.

 

Mais, comme disait Roy Chaderton, alors ambassadeur de Chávez en Bogotá, pour contredire les médias comme El Tiempo, qui « ont dansé avant que l'orchestre n'arrive. » Parce que le lendemain a débuté la reprise du Palais de Miraflores et Chávez a été remis en place par les pauvres de Caracas et les sous-officiers.

 

Mais sans les médias putschistes vénézuéliens comme RCTV, propriété de Granier, le coup d'Etat n'aurait jamais pu être un succès. Les médias ont été qualifiés de « Commandement Central du Coup d'Etat, » énormes manipulateurs de la réalité et donnaient presque des ordres à l'opposition. Et le pire, dans ces médias, a été Granier et sa RCTV.

 

Le rêve du « coup d'Etat doux » au Nicaragua

 

D'après ce Granier, il remettra le prix aux médias anti-sandinistes et putschistes pour qu'au Nicaragua, le « coup d'Etat doux » soit un succès.

 

Mais le train est parti et Granier sont restés sur le quai de la gare de l'histoire et l'orchestre, lui non plus, n'est pas arrivé. Ils n'auront qu'un prix de consolation.

 

Note :

 

Marcel Granier, est président du groupe patronal 1BC, de Radio Caracas Televisión, et de RCTV qui contrôle une quarantaine de chaînes de radio et de télévision dans tout le pays. Actuellement, RCTV émet sur internet.

 

L'Observatoire Mondial des Médias, chapitre Venezuela, dans son rapport de novembre 2002 qui analysait le coup d'Etat, signale que RCTV s'est livrée à « une déformation des faits, dissimulation de données et de références, manipulation de déclarations, déséquilibre dans le choix des sources et une tendance permanente à présenter le déroulement des événements d'un point de vue tendancieusement apocalyptique. »

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2018/09/15/nicaragua-sip-o-como-un-golpista-mediatico-premia-a-otro-golpista-y-colega/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2018/09/nicaragua-la-societe-inter-americaine-de-presse-ou-comment-un-journaliste-putschiste-prime-un-autre-journaliste-putschiste.html