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Venezuela : Le coup d'Etat bloqué

25 Septembre 2018, 16:37pm

Publié par Bolivar Infos

 

par José Vicente Rangel

  1. Par la voie la plus inattendue, le Venezuela a eu la confirmation du réseau putschiste mis en place et dirigé par le président des Etats-Unis, Donald Trump, en personne. Et nous pourrions ajouter que l'information a été publiée par le média le moins suspect de partialité envers notre pays : rien moins que le New York Times, un journal qui défend le statut social et pas du tout ami des processus politiques progressistes dans la région latino-américaine, en particulier de celui que conduit le président Nicolás Maduro.

 

  1. Ici, dans le pays, nous avons beaucoup dénoncé, systématiquement, la conspiration mise en œuvre par le Gouvernement de Trump, par les faucons et les vautours qui le secondent et les stimulations que l'establishment militaire de ce pays promeut à divers moments et dans diverses circonstances. En 2017-2018 la forte réaction anti-vénézuélienne du Gouvernement nord-américain, son environnement économique, le caractère idéologique de ses attaques, les menaces constantes du Pentagone, du Commandement Sud, la CIA, du FBI, étaient en première page. Les porte-parole de l'Empire ont même utilisé un langage sans nuances, dépouillé, sans détours, pour discréditer le processus bolivarien et le Gouvernement vénézuélien.

     

  2. Mais l'opposition vénézuélienne a toujours démenti la conspiration en marche. Elle interprétait les menaces avec une douceur infinie et en niait l'importance. Dans les pays étrangers, il y a toujours eu un prétexte pour nier que la véritable intention du Président nord-américain était d'attaquer le Venezuela, de conspirer contre les institutions démocratiques du pays et de mettre les mains sur les cartels pur promouvoir un coup d'Etat ou pour organiser une invasion du territoire vénézuélien. En 2 mots, l’opposition vassale des Etats-Unis disait que le président Trump n'avait aucunement l'intention de renverser le Gouvernement vénézuélien constitutionnel et que ceux qui dénonçaient ces activités soi-disant déstabilisatrices et putschistes le faisaient pour discréditer les Etats-Unis, leur Gouvernement, leurs institutions et pour détourner l'attention des citoyens des questions fondamentales, celles qui touchent le plus la collectivité comme al situation économique.

     

  3. Maintenant, la révélation de la conspiration au plus haut niveau du Gouvernement des Etats-Unis, a des effets mortels. Parce qu'elle constitue la plus importante preuve qu'il y avait effectivement – et qu'il y a – une conspiration sordide, ourdie par le Gouvernement nord-américain contre les institutions vénézuéliennes. Qu'il existe effectivement un plan nord-américain pour renverser le Gouvernement de Nicolás Maduro, conséquence du vote du peuple et que les putschistes n'ont aucun scrupule pour utiliser les moyens et les ressources nécessaires.

     

  4. Des personnages de l'entourage du président Trump auraient rencontré des officiers vénézuéliens. Combien ? Le journal parle de plus de 100, auxquels on a offert la logistique nécessaire, les ressources financières et le soutien du renseignement mais finalement, le plan n'a pas été exécuté parce qu'une partie des personnes qui y étaient engagées ont déserté, parce que la soi-disant soutien de l'opposition ne s'est pas concrétisé, ce qui a ôté au coup d'Etat la possibilité d'avoir le soutien du peuple. En d'autres termes, le coup d'Etat s'est coincé, c'est à dire que les officiers qui ont participé aux réunions avec les représentants de Trump se sont refroidis et que le président yankee en personne s'est rendu compte que les porte-parole de l’opposition qui lui échauffaient les oreilles n'avaient rien dans la tête. Maintenant, les préparatifs se concentrent sur l’intervention armée de l'étranger pour « raisons humanitaires » dans laquelle beaucoup ne croient pas, pour le moment, étant donné que Trump a assez de problèmes avec les taupes de la Maison Blanche et le livre du célèbre journaliste Bob Woodward.

 

Labyrinthe

 

Le Gouvernement colombien poursuit sa campagne anti-vénézuélienne avec un nouvel entrain. Maintenant, avec Duque au Palais de Nariño. Il ne se passe pas un jour sans qu'il dise quelque chose contre le Gouvernement de Maduro et sur la migration des Vénézuéliens. L'insistance qu'il met sur la nécessité de créer un fonds multinational d'aide parce que la Colombie ne peut supporter seule la charge économique est suspecte. QA la fin, il peut en résulter quelque chose d'identique aux contes du grand capitaine...

 

Mais Duque devrait se préoccuper plus de la situation intérieure de son pays. L'accord de paix a pratiquement échoué. Tous les jours, des dirigeants sociaux sont assassinés, l'insécurité en général augmente en Colombie et une sévère crise économique commence à prendre corps étant donné l'état dans lequel Juan Manuel Santos a laissé les finances du pays...

 

Evidemment, le Ministère de l'Education a commandé 2' millions de cahiers en Colombie, ignorant INVEPAL qui les fabrique, et même de meilleure qualité. Mais nous, les Vénézuéliens, nous sommes comme ça : cela arrive alors que le voisin nous bloque l'achat de médicaments...

 

Au festival de cinéma de Toronto, Michael Moore a présenté son nouveau film « Fahrenheit 11/9 » dans lequel il fait une radiographie implacable du président Donald Trump. Le film a été diffusé dans des milliers de salles le 21 de ce mois-ci. Moore dit que “Trump est notre Frankenstein et que nous, nous sommes son docteur. » En effet, la conduite de Trump est proche de l'irresponsabilité. Il insulte et agresse le monde entier. Que son chef du renseignement, Jhon Bolton, menace de sanctions la Cour Pénale Internationale si elle traîne en justice des membres de l'armée et du renseignement qui opèrent en Afghanistan pour crimes contre l'humanité le démontre. Des sanctions comme l'interdiction pour ses membres de se rendre aux Etats-Unis , des mesures sur les biens des membres du Tribunal et d'autres sanctions identiques à celles qu'ils appliquent aux membres du Gouvernement vénézuélien et aux dirigeants chavistes...

 

La vie te fait des surprises : pour un intellectuel qualifié, historien et éditorialiste, le Vénézuélien est « un peuple avili. » avili parce qu'il ne se soulève pas contre le président constitutionnel, parce que, face à la crise économique, il ne réagit pas en descendant dans la rue pour en finir avec la Constitution et les institutions démocratiques. Pour cet individu, certainement, le peuple non avili est celui qui fait cause commune avec le putschisme, avec l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures du pays, avec l'assassinat raté de présidents comme celui du 4 août. Cet individu, qu'il y ait des millions de compatriotes qui votent pour le chavisme et qui ne quittent pas le pays, l'exaspère. En ce qui me concerne, il n'y a pas de peuple avili. Tout peuple est respectable, aussi bien celui avec qui on partage les idées que celui qui diffère de nous...

 

Question : jusqu'où pensent aller certains corps de police ? Les informations sur leurs actions sont de véritables parties de guerre. Exemple : en un seul jour, la semaine dernière, on a rapporté la mort de 18 personnes dont 8 à Fuerte Tiuna. Qui donne les ordres et quels organismes de l'Etat enquêtent ?...

 

Les Gouvernements de Temer au Brésil et de Macri en Argentine ont été choisis par la droite et par l'oligarchie pour s'opposer, en tant que modèles, aux mouvements progressistes. Leurs théoriciens imaginaient que le problème du gouvernement de nations pleines de conflits serait résolu en rétablissant l'équilibre des comptes publics, en contrôlant l'inflation, etc... Mais ces modèles avancent en donnant une gifle.

 

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2018/09/24/venezuela-jose-vicente-rangel-el-golpe-engatillado/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2018/09/venezuela-le-coup-d-etat-bloque.html