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Venezuela : Les Droits de l'Homme et la défense de la souveraineté 

10 Novembre 2018, 17:57pm

Publié par Bolivar Infos

 

par Wilma E. Reverón Collazo, Co-présidente du MINH

La défense des Droits de l'Homme est le sujet qui force à serrer les rangs quand on l'invoque comme valeur à défendre sans se poser de question. Les personnes qui oseraient insinuer qu'elles ne sympathisent pas avec une cause qui se définit comme une lutte en défense des Droits de l'Homme, que ce soit de la part d'un individu ou d'un collectif.

 

Cela semble plus simple que ce n'est. La plupart des gens ne connaissent pas la dimension complète des Droits de l'Homme. Si on demande à quelqu'un, probablement il pourra mentionner ou identifier 1 ou 2 Droits de l'Homme plus connus en tant que droits civils, c'est à dire en opposition à l'Etat dont il est citoyen. Les lus connus sont la liberté d'expression, de la presse, d'association, de religion, la protection de la vie ou de la propriété et le droit à une procédure juridique correcte. Face aux violations de ces droits, la plupart des gens serrent les rangs avec ceux qui en ont été victimes.

 

Mais les Droits de l'Homme ne se limitent pas à ceux concernant l'individu dans son acception libertaire. Il existe d'autres Droits de l'Homme qui, bien qu'ils ne osien tpas reconnus communément, sont indispensables au plein exercice de ces droits : le droit à la santé, à l'éducation, au logement, au travail, enfin à une vie digne. 

 

30 Droits de l'Homme sont reconnus par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme proclamée par l'Organisation des Nations Unies le 10 décembre 1948. Ils se divisent en droits individuels, collectifs, sociaux, économiques et culturels.

 

L'idéologie qui prévaut dans le monde occidental capitaliste donne la priorité aux droits individuels, de première génération, sur les droits collectifs, sociaux et économiques. Dans les pays communistes ou socialistes, on donne la priorité aux droits sociaux et économiques, souvent au détriment des droits individuels. C'est là que s'engagent les grandes batailles de l'humanité.

 

Cela se complique encore plus quand on oppose la souveraineté d'un Etat ou d'un pays sur l'établissement du système économique et politique qui satisfasse les besoins particuliers de son peuple. L'intervention d'une puissance étrangère qui cherche à imposer sa vision économique et politique particulière est vue comme une ingérence. Cela peut se heurter à l'idée que les Droits de l'Homme sont universels. Un exemple dramatique en a été le génocide survenu au Rwanda entre avril y juillet 1994 pendant lequel l'ethnie hutu a assassiné 500 000 à 1 000 000 de tutsis. Dans la communauté internationale, beaucoup ont observé, impavides, la déroulement de ce génocide tant que dans les organismes internationaux, le processus d'envoi des casques bleus de l'ONU pour tenter d'arrêter sans succès cet épisode sanglant face aux plaintes de l'Etat du Rwanda concernant sa souveraineté n'a pas été très avancé.

 

De même, les plaintes de la communauté internationale destinées à mettre fin aux pratiques de mutilation génitale dans les pays africains ont trouvé une résistance disant que cela fait partie de la culture et des traditions. S'affrontent alors d'un côté la souveraineté d'un Etat et les droits à la préservation de traditions et de cultures qui s'opposent à des Droits de l'Homme que nous voudrions voir appliquer universellement.

 

Je ne connais aucun Etat au monde qui respecte parfaitement les 30 Droits de l'Homme. Dans tous les Etats, il existe des abus de la police, de la répression, des discriminations et un traitement inégal. Ce qui distingue les uns des autres, c'est quand l'Etat est engagé et efficace dans la protection des droits de ses citoyens et dans le traitement qu'il donne aux violations. Aux Etats-Unis, par exemple, le mouvement Black Lives Matter s'est organisé devant la fréquence des meurtres d'afro-descendants dont l'Etat ne poursuit pas les auteurs ou s'il les poursuit, ne condamne pas les responsables blancs et laissent le crime impuni. Le fait qu'il y ait des personnes sans domicile (554 000), des gens qui ont faim (20.6% des foyers avec des enfants) sur 40 000 000, sans assurance médicale est uen violation flagrante des Droits de l'Homme à une vie digne, au logement, à la santé, à l'alimentation. Cependant, personne ne se risquerait à demander qu'on intervienne dans le pays le plus riche du monde qui, tout en ayant les ressources et les moyens, laisse des millions de ses citoyens vivre mal dans des conditions de marginalité. Un pays qui, grâce à sa puissance économique et militaire, impose des sanctions et des blocus à d'autres pays et par son ingérence, provoque ou aggrave des problèmes d'accès aux ressources alimentaires et à la santé.

 

En Amérique Latine, tous les jours sont assassinés, disparaissent et sont réprimés des dirigeants des communes, des indigènes, des journalistes et des activistes politiques. Cela arrive plus ou moins dans tous es pays de la région. Qui n'a pas entendu parler des assassinats de femmes à Ciudad Juárez, de la disparitions de 43 normaliens à Ayotzinapa, de l'assassinat de la dirigeante Berta Cáceres au Honduras, de la répression contre le peuple Mapuche au Chili, des faux positifs, des disparitions et des assassinats de dirigeants des FARC en Colombie après la signature des Accords de Paix. Mais les Etats-Unis considèrent ces pays comme leurs alliés inconditionnels et hurlent contre Cuba, le Venezuela et le Nicaragua.

 

Le double critère des Etats-Unis est assez évident. S'il y a à Cuba, au Venezuela et au Nicaragua les mêmes violations des Droits de l'Homme qu'au Mexique, en Colombie, au Honduras et au Chili, alors, pourquoi attaquer les uns et faire la sourde oreille pour les autres ? Il n'y a qu'une réponse : l'exercice de la souveraineté que défendent avec fermeté Cuba, le Venezuela et le Nicaragua, le refus de se soumettre aux desseins des Etats-Unis dans la région.

 

Avec des blocus, des sanctions et des tentatives d'isolement international, Cuba et le Venezuela ont défendu leur droit à la souveraineté, é instaurer le système politique et économique qui répond le mieux aux besoins de leur peuple. Ils ont commis des erreurs ? Beaucoup et ils l'admettent eux-mêmes. Des souhaits de rectification, toujours, contre vents et marées. Des violations des Droits de l'Homme ? Certainement, il y en a eu, comme il y en a dans tous les pays du monde. Au Venezuela, après ce qu'on appelle les guarimbas, le Gouvernement a identifié des fais isolés d'usage excessif de la force et a procédé à des arrestations de policiers impliqués dans ces faits et jugés. Je ne connais pas le dénouement de ces procès mais je sais qu'il y a eu la volonté politique de mettre fin à ces excès.

 

Les difficultés économiques qu'affronte le Venezuela ont de nombreuses causes : la baisse du prix du baril de pétrole qui est passé de plus de 100$ à moins de 30$ ces dernières années, l'accaparement d'articles de première nécessité, d'aliments et d'essence par des ennemis de la Révolution qui les revendaient sur le marché noir colombien, le trafic de bolivars qui a déchaîné une inflation sans précédent, sans oublier les actes de corruption et l'inefficacité administrative au Gouvernement. Tout cela a créé un état de nécessité qui rend difficile la vie quotidienne des Vénézuéliens. Cependant, contre tous les pronostics, le Gouvernement Bolivarien continue à garantir le logement digne, à fournir des soins de santé gratuits avec les ressources qu'il a et à garantir l'éducation gratuite pour les enfants et les jeunes.

 

Que le Venezuela traverse des difficultés économiques mérite-t-il une intervention et une invasion de ce pays ? Est-ce que cela résoudrait le problème, d'envoyer des troupes étasuniennes au Venezuela ? Combien de morts les Etats-Unis sont-ils disposés à y laisser et combien de vies vénézuéliennes sont-ils prêts à prendre au nom d'une fausse idée de démocratie ? Quel a été le résultat des interventions des Etats-Unis au Moyen Orient ? Est-ce que les libertés, la démocratie capitaliste et les droits de l'homme règnent dans cette région ou n'est-elle pas soumise à une psirale de mort, de destructions et de terrorisme ? Est-ce cela, l'avenir de l'Amérique Latine? 

 

La véritable protection des Droits de l'Homme commence par le respect de la vie digne des peuples et du plein exercice de leur souveraineté.

 

(Extrait de Claridad)

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

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