Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Cuba : Ils veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes

8 Décembre 2018, 19:43pm

Publié par Bolivar Infos

Cubadebate, 5 décembre 2018

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

La vulgarité, l’obscénité et la mauvais goût commencent à entrer par la grande porte de certains foyers, sur tous les écrans et ils arrivent dans l'espace public de la société cubaine. Il y a des gens qui veulent les faire passer pour ce qu'ils ne sont pas en imposant leur mauvais goût sur notre propre visage, dans la vieille voiture américaine dans laquelle nous devons monter à cause du manque de transports publics, devant la Bodeguita del Medio, dans les rues de la Vieille Havane.

 

C'est pourquoi nous avons besoin du 349, pour que la culture soit entre de bonnes mains. Parce qu'il faut sauver la culture, c'est la première chose que nous devions et que nous devons sauver, comme Fidel nous l'a dit dans les années les plus dures, la culture ne se sauve pas par l'opération du saint-esprit. Et il faut la sauver d'abord parce que la Culture sauve.

 

Ma femme me demande de le dire d'une autre façon et sur un autre ton et de dire clairement que cela n'arrive pas uniquement dans les établissements privés mais aussi dans les établissements publics. Et je le confirme : que les courges pour célébrer quelque chose d'aussi éloigné de nous qu' Halloween ou les bonnets de Père Noël pour s'occuper des touristes sont apparus dans les hôtels et dans les centres culturels de l'Etat par mimétisme et pénètrent déjà dans nos propres maisons.

 

Ca suffit, de sortir dans la rue et de voir ces gamins qui, comme des porte-voix ambulants, nous imposent le Palón Divino bien que nous ne l'aimions pas. Et c'est devenu une sorte d'hymne à l'obscénité dans nos rues, sur la télévision des restaurants et dans les haut-parleurs des cafétérias. Le respect du droit de l'autre, c'est la paix et si le propriétaire de la cafétéria adore Bad Bunny et Chocolate, qu'il les regarde et les écoute chez lui mais qu'il respecte le droit des autres, de ceux d’entre nous qui croyons que les Bad Bunnys déguisés de Chocolate dénigrent ce que nos femmes ont de meilleur et déforment le goût de nos enfants en parlant mêle de ce que l'être humain a de pire. Il y a déjà des parents qui mettent ces perreos1et apprennent à leurs enfants à repousser aux anniversaires et dans les fêtes des écoles.

 

Le nouveau décret 349 parle aussi de réguler la contamination sonore. C'est pourquoi les pires chanteurs de regueton déguisés en rappeurs ont fait chorus contre, en accord absolu avec ceux qui reçoivent de l'argent de l'étranger pour faire des spectacles publics avec 3 chats et beaucoup de journalistes : c'est une fausse dissidence qui se couvre de boue à chaque pas et pas seulement pour protester, si peu authentique et incapable de créer, qui exige qu'on abroge un décret qui n'est même pas encore entré en vigueur.

 

Quel « hasard, » les dernières déclarations de la Sous-secrétaire d'Etat de Washington qui vient les soutenir, demander qu'on abroge un décret cubain... A quoi est dû cet étonnant et nouvel intérêt ? Et que fait un représentant de l'Etat nord-américain qui donne son avis sur un sujet interne à Cuba ?

 

Comme l'a dit sur les réseaux sociaux Pedro Rizo Peña, un avocat qui travaille à la galerie Collage Habana, ce décret est plus qu’indispensable dans la réalité cubaine. Cette nouvelle norme juridique qui entrera prochainement en vigueur n'est pas contre les artistes ni contre la liberté de l'art : enne concerne les institutions de l'Etat, les personnes naturelles du secteur privé et les espaces employés. Et maintenant, progressivement, on l'appliquera parce que, dans son essence, il s'agit de veiller à ce que les règles sur le commerce de l'art et des produits culturels soient appliquées.

 

Et comme toute norme légale a besoin d'un décret, c'est ce qu'on a fait au Ministère de al Culture des jours-ci : en invitant au dialogue avec les artistes et les écrivains, avec ceux qui veulent le bien de leur pays et on t exprimé légitimement leurs opinions. Ils ont été écoutés et invités à travailler sur les normes de ce décret pour qu'il soit clair et gravé dans le marbre qu'aucun inspecteur en peut agir au nom de lui-même.

 

Surtout, je crois que ce décret doit venir de nous parce qu'un inspecteur ne peut pas faire ce qui revient aux citoyens, ce qui revient aux institutions, ce qui revient aux organisations d'artistes et d'écrivains : défendre l'art et la culture de cette vague de médiocrité. Quelqu'un doit exercer cette force de la loi indiquée par l'institution culturelle et par les organisations de créateurs parce que ça a été une demande, tout au long de ces années, lors des réunions et des rencontres des intellectuels qui exigeaient de l'Etat qu'il agisse face à la vague de vulgarité et de mauvais goût qui nous ravage.

 

Il faut prendre soin de nos meilleurs artistes et protéger leur droit au travail contre les arrivistes et les falsificateurs de tout poil qui veulent vendre au touriste un tas de trucs. Il faut défendre les diplômés de notre système d’enseignement artistique qui existe, dans ce pays, grâce à plus de 300 maisons de la culture, à des milliers de professeurs d'art dans les écoles, à plus de 300 cinémas, au Festival du Nouveau Cinéma Latino-américain qui s'ouvre aujourd'hui dans plusieurs villes de Cuba. Parce que dans une ville touristique comme Viñales, le cinéma fait déjà partie du passé et ils l'ont loué pour en faire une cafétéria et une discothèque.

 

Je n'ai rien contre l'usage multiple des cinémas mais pour qu'on puisse voir de bons spectacles artistiques, pour qu'on reprenne l'habitude du bon cinéma et du meilleur des spectacles audiovisuels, pas pour voir un directeur municipal de la culture jouer les animateurs de discothèque. Et c'est ce qui se passe...

 

C'est notre décret A Nous. A Nous, les intellectuels et les artistes, aux travailleurs de la culture, à nos promoteurs culturels et à tous nos citoyens.

 

Après que José Martí ait écrit : « Etre cultivés est la seule façon d'être libres, » j'ajoute : « Il n'y a pas d'égalité sociale possible sans égalité de culture. » Et c'est ce que nos opposants et même les nouveaux riches voudraient vaincre.

 

Ils ne peuvent pas continuer à nous faire prendre des vessies pour des lanternes : la Culture doit rester entre de bonnes mains.

 

(Extrait de Cubarte)

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

NOTE de la traductrice:
1Le perreo est un style de danse sud-américaine, très sensuelle et provocante, issu du milieu reggaeton. Son nom provient de l'attitude de draguer et séduire en plein milieu d'une piste de danse par des mouvements lascifs du postérieur. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Perreo)

Source en espagnol :

http://www.cubadebate.cu/especiales/2018/12/05/nos-quieren-pasar-gato-por-liebre-o-por-que-hace-falta-el-349/#.XAjUKy17QRE

URL de cet article :