Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Venezuela : Les maires colombiens ne savent pas quoi faire des déserteurs vénézuéliens 

7 Mars 2019, 18:32pm

Publié par Bolivar Infos

Bien que, pendant plusieurs semaines, les prote-parole du gouvernement étasunien et le député Juan Guaidó qui s'est autoproclamé « président par interim » du Venezuela, aient appelé instamment publiquement les militaires vénézuéliens à désobéir à leurs commandants naturels et à déserter en Colombie, maintenant, les maires colombiens eux-mêmes appellent instamment les membres de la Force Armée Nationale Bolivarienne à ne pas le faire à cause « des inconvénients que cela présente pour la région. »

 

Pepe Ruíz, maire de la municipalité de Villa del Rosario dans le Nord de Santander, a déclaré au média privé colombien RCN Radio que « les militaires vénézuéliens ne doivent pas quitter leur pays » mais rester avec Guaidó au Venezuela pour soi-disant « rétablir la démocratie. » La municipalité de Villa del Rosario fait partie de la zone urbaine de Cúcuta.

 

« Les gardes vénézuéliens ne devraient pas déserter en Colombie parce que la bataille, ils doivent la livrer là-bas, pas ici, à Cúcuta, » a dit Ruíz Paredes, semblant bien ne pas savoir que faire d'eux.

 

Le maire colombien a aussi dénoncé le fait que la présence de groupes de choc composés de jeunes vénézuéliens qu'il appelle « La Résistance » « provoquent le mal-être parmi les habitants du secteur de La Parada, au point que certains ne sortent plus de chez eux. » Il a demandé à la force publique colombienne « de faire ce qu'il faut pout garantir la tranquillité et la sécurité des habitants de la zone frontalière et des personnes qui circulent à cet endroit tous les jours. »

 

Ces appels contredisent la campagne réalisée par Guaidó lui-même, qui n'a pas cessé de faire pression sur les membres de la FANB pour qu'ils trahissent leurs commandants, désertent ou permettent le passage de la soi-disant « aide humanitaire » que le gouvernement vénézuélien considère comme un façon d'engager une intervention militaire étrangère. 

 

Entre autres, le sénateur Marco Rubio et le vice-président des Etats-Unis lui-même, Mike Pence, ont exigé de la Force Armée Nationale Bolivarienne qu'elle prenne position contre le Président Maduro, dans un appel ouvert et permanent au coup d'Etat contre lui.

 

L'Assemblée Nationale vénézuélienne a même approuvé, le 15 janvier dernier, une soi-disant loi d'amnistie qui promet « le pardon » aux fonctionnaires civils et militaires qui auront pris position contre Maduro. Le Tribunal Suprême de Justice vénézuélien a déclaré illégale cette loi et rappelé que les décision de l'Assemblée Nationale sont nulles et non avenues jusqu'à ce qu'elle corrige sa situation d'illégalité.

 

Les promesses d'argent ne se seraient pas concrétisées ?

 

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino López, a dénoncé le 28 février dernier, le fait que l'opposition offrait aux militaires vénézuéliens jusqu'à 20 000 dollars pour déserter en Colombie mais les déclarations du maire de Cúcuta sembleraient donner à entendre que ces offres ne se sont pas concrétisées et que, maintenant, on ne sait pas que faire des militaires vénézuéliens qui passent la frontière en espérant qu'elles se concrétisent.

 

Le nombre de militaires qui ont déserté, même en prenant les chiffres non officiels qui parlent de 567, n’atteignent pas les 0,25% du total des effectifs : 235 000, selon le ministère de la Défense.

 

Freddy Bernal, protecteur de l'état de Táchira, a indiqué qu'une bonne partie de ces soi-disant déserteurs avaient déjà été expulsés auparavant pour raisons disciplinaires et qu'aucun n'est un responsable de haut rang. Il a aussi dénoncé que quelques 400 d'entre eux se sont réfugiés dans divers hôtels de Cúcuta et que l'Agence de l'ONU pour les Réfugiés (ACNUR) leur a accordé sa protection à la demande du président Iván Duque.

 

La journaliste de Telesur Madeleine García a rappelé mardi qu'il est contradictoire que d'un côté, on promette aux militaires vénézuéliens une amnistie s'ils trahissent leur pays et d'un autre côté, des groupes de choc de l’opposition vénézuélienne attaquent aux cocktails Molotov ces mêmes militaires, car c'est ce qui est arrivé lors des violences du 23 février dernier quand on a essayé de violer la frontière dans l'état de Táchira pour faire entrer la soi-disant « aide humanitaire. »

 

García a partagé une vidéo du média colombien Cúcuta TV qui montrait les groupes de choc de l'opposition vénézuélienne préparant ouvertement, en territoire colombien, des cocktails Molotov qu'ils ont utilisés contre les militaires vénézuéliens.

 

Ensuite, elle a partagé une vidéo de NTN24 sur laquelle on voyait ces groupes de choc lancer des cocktails Molotov sur les militaires vénézuéliens et en blesser 2.

 

« Le cocktail Molotov est tombé sur la tête du sergent major Gregory Alviarez, le brûlant au second et au troisième degré au visage, au cou et aux mains, » et elle a partagé les photos du fonctionnaire blessé.

 

La journaliste de Telesur, qui était en première ligne lors des affrontements du 23 février et des jours suivants, a signalé que ces attaques, loin de faire peur aux militaires vénézuéliens, a augmenté leur cohésion. Elle a partagé une vidéo sur laquelle on voit les fonctionnaires résistant sur le pont international Simón Bolívar et a pluie de pierres, de bouteilles et de cocktails Molotov lancée par des groupes de choc avec l’assentiment de la Police Nationale de Colombie. Les militaires vénézuéliens ont résisté en criant : « Loyaux toujours, traîtres, jamais ! »

 

Il faut souligner que ce 5 mars, lors des cérémonies organisées pour le 6° anniversaire de la mort du Commandant Hugo Chávez, le Président Nicolás Maduro a décoré beaucoup de policiers et de militaires qui ont défendu courageusement le pays des incursions du 23 février dernier.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://albaciudad.org/2019/03/alcaldes-colombianos-no-saben-que-hacer-con-desertores-y-grupos-de-choque-venezolanos-les-piden-no-ir-mas-hacia-su-pais/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2019/03/venezuela-les-maires-colombiens-ne-savent-pas-quoi-faire-des-deserteurs-venezueliens.html