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Cuba : La lumière de la raison

4 Mai 2019, 16:57pm

Publié par Bolivar Infos

Cuba : La lumière de la raison

 

Alors que l'impérialisme opte pour le sabotage et le chaos, les coopérants cubains du secteur de l'électricité, au Venezuela depuis neuf ans, misent sur le développement

 

Enrique Milanés Leon, spécialement pour Granma30 avril 2019 17:04:24

 

À l’entrée de l’imposante centrale thermoélectrique Planta Centro, la plus grande du genre au Venezuela, Oraima Daniel Gomez nous attend, disponible et prête à répondre à nos questions.

 

Que fait une Cubaine, si loin de chez elle, à travailler dans le secteur le plus visé par le sabotage contre le pays d’Hugo Chavez ?

 

Les femmes de la mission énergétique sont peu nombreuses, mais nous nous faisons sentir. Les hommes nous respectent, ils comptent sur nous du fait de notre professionnalisme et de notre dévouement. Nous formons avec eux une équipe très laborieuse qui puise sa plus grande force dans le fait que nous venons de Cuba, et nul ne peut nous ôter cet honneur et ce bonheur.

 

En cours de route, vous avez dû faire face à un ennemi déloyal : le terrorisme.

 

C'est vrai, la situation a changé, mais nous poursuivons notre travail. À Cuba, nous avons accumulé assez d'expérience des embuscades de l'ennemi et ici nous n'agirons pas différemment : nous n’abandonnerons pas notre poste, résolus à nous acquitter de la mission qui nous a été confiée, précise la coopérante cubaine.

 

UN ESPRIT DE FRATERNITÉ

 

L'ingénieur Leonardo Tundidor Grande nous explique : avec six unités et une puissance installée de 2 600 MW, Planta Centro équivaut à la quasi-totalité de la production d’électricité de Cuba et la seule unité 5 – que les Cubains aident à remettre en état – fournira 400 MW de plus de ce que produisent n’importe laquelle de nos centrales thermoélectriques. Cependant, le blocus a presque complètement paralysé cette centrale, au point que seule son unité 6 est en opération et fonctionne à 50 % de sa capacité.

 

« La maintenance de l'unité 5, qui est hors service depuis des années, est le travail le plus important entrepris par l'Union Électrique de Cuba à l’étranger, et nous sommes 32 coopérants impliqués dans cette tâche, parmi le personnel mécanique, électrique, automatique et opérateurs », assure l’ingénieur Leonardo Tundidor, responsable du projet « Planta Centro-UNE Cuba »

 

Au fil des ans, l'unité a connu de nombreuses avaries. En avril 2010, les Cubains se sont vu confier la tâche de la réparer, aussi bien dans la partie électrique que dans les équipements auxiliaires. En ce moment, ils travaillent sur le turbogénérateur et la chaudière qui est pratiquement prête. « Si toutes les ressources financières sont assurées, les travaux pourront commencer dans quatre mois, et ces 400 MW seraient d'une grande aide dans la situation actuelle du pays ».

 

Pour sa part, l'ingénieur vénézuélien Carlos El Hara, coordinateur pour son pays du projet de démarrage de l'unité 5, se souvient que les travaux d'assemblage du générateur étaient jadis pris en charge par la transnationale General Electric et que, lors de réunions avec son collègue cubain Tundidor, ils ont convenu qu’ils pouvaient eux-mêmes assumer cette responsabilité en comptant sur leurs propres forces et ils se sont mis au travail. « Les travaux sont quasiment achevés. A la fin du mois, nous commencerons le lavage et le soufflage des chaudières, avec un personnel que nous avons déjà contacté. Nous envisageons de démarrer l'unité en août, ce qui apporterait une stabilité totale dans le système du nord-est et une plus grande stabilité au réseau électrique », dit-il.

 

« Alors que certains veulent plonger le pays dans le noir, les Cubains travaillent à rétablir le courant en toute sécurité », je leur rappelle.

 

« C'est excellent ! Tous ceux qui viennent aider le Venezuela sont les bienvenus. Je sais qu'à la fin, ce qui va triompher, c'est le travail, et c'est mieux s'il est fait entre frères », a-t-il répondu.

 

SOLIDARITÉ PARTAGÉE

 

Au sud, à une cinquantaine de kilomètres de Planta Centro, 13 autres coopérants de la mission énergétique cubaine poursuivent leur travail d’assistance technique à la centrale électrique de Guacara. La jeune opératrice vénézuélienne Maria Marval signale : « Depuis leur arrivée, ils constituent un pilier. Sans leur aide, nous ne pourrions pas produire. Ils partagent leurs connaissances et leurs expériences avec enthousiasme. Ils nous ont beaucoup aidés. »

 

Originaire de la province cubaine de Guantanamo, Yojanner Cuevas Fernandez est le conseiller principal à Guacara.

 

« Avec les 95,2 MW produits par Guacara et les 104,8 MW de Tucacas, dans l'État de Falcon, nous avons un projet de 200 MW qui produit de l'énergie pour le système énergétique national. En novembre dernier a eu lieu le transfert technologique au personnel vénézuélien, et il reste encore quelques collègues Cubains parmi nous pour l'assistance et les conseils techniques », explique-t-il.

 

« Après le sabotage du barrage hydroélectrique de Simon Bolivar, nous avons dû travailler "en îlots", c'est-à-dire nous séparer du système électro-énergétique et nous occuper de la production, à partir de la sous-station électrique, d'une partie de la population de Carabobo. »

 

Comment assumez-vous que votre travail soit la cible d'attaques de la droite et de l'impérialisme ?

 

Nous devons faire face avec conviction et responsabilité politiques. C'est une tâche que la Patrie nous a confiée à l'initiative des commandants Fidel et Chavez, et que nous poursuivons.

 

Avec quoi défendez-vous la lumière du peuple et du processus bolivarien ?

 

Nous endurons les mêmes souffrances que le peuple vénézuélien et depuis notre tranchée, qui est la production d'électricité, nous assumons cet engagement. Nous allons maintenir la stabilité et la disponibilité de l'usine, continuer à conseiller et à former les Vénézuéliens afin de leur offrir la meilleure formation une fois le projet terminé. Nous travaillons très dur pour que la lumière l’emporte toujours.

 

UN AUTRE « CYCLONE » VAINCU

 

Fort de 27 ans d'expérience, l'opérateur cubain Leonel Peña Batista avoue n'avoir jamais vu de près un sabotage. « Ses ennemis professionnels » étaient autres. « Ce fut un combat très difficile : venir à l'usine à onze heures du soir, à une heure du matin... dans les rues sombres, pour essayer de produire pour assurer l’approvisionnement de l'hôpital de Guacara, pour épauler les Vénézuéliens, car la situation était difficile ».

 

Une belle expérience, ajoute-t-il : « Cela m'a beaucoup aidé. À Cuba, j'ai été confronté à des cyclones, mais rien de tel. On apprend des nouvelles expériences. Nous avons remporté cette victoire et nous avons la volonté de donner ce que nous pouvons à nos frères vénézuéliens. »

 

Ici, vous avez vaincu l’impérialisme…

 

Nous avons gagné, malgré ses sabotages et sa guerre contre le Venezuela. Ils ont utilisé des snipers à El Guri, des ondes électromagnétiques, des virus... Nous avons vaincu tout cela. L'impérialisme parie sur le black-out. Nous, nous sommes ici pour faire en sorte que cette Révolution ne soit pas privée d’électricité.

 

http://fr.granma.cu/mundo/2019-04-30/la-lumiere-de-la-raison