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Cuba : Pour un nouveau Code de la famille qui réponde au projet de justice sociale de la Révolution

23 Mai 2019, 17:30pm

Publié par Bolivar Infos

Cuba : Pour un nouveau Code de la famille qui réponde au projet de justice sociale de la Révolution

 

Les droits des personnes ne sauraient être limités sur la base de stéréotypes ou de préjugés qui entraînent des actes de discrimination

 

Lisandra Fariñas Acosta22 mai 2019 16:05:51

 

DANS le domaine familial, des défis se profilent sur la scène sociale cubaine, en raison de la diversité des institutions familiales et des problèmes qui s'y rattachent, et compte tenu que la Constitution prévoit l'adoption, dans deux ans, d'un nouveau Code de la famille.

 

Pour Yamila Gonzalez Ferrer, vice-présidente de l'Union des juristes de Cuba, les défis en ce sens sont nombreux, puisqu'il s'agit pour de nombreuses institutions familiales de modifier, d'actualiser leurs contenus et de les rendre viables afin qu'ils répondent aux besoins et garantissent la solution des conflits qui peuvent être générés dans cet espace.

 

Le fait que notre Constitution protège la diversité familiale et que tous les types de familles sont également reconnus et importants est essentiel, a souligné la juriste, dans le contexte du dernier débat de la Commission pour la protection de l’enfance, de la jeunesse et de l'égalité des droits des femmes du Parlement cubain.

 

« Il doit y avoir une cohérence entre le texte constitutionnel et les postulats énoncés par le reste de la législation dans le système juridique », a signalé la spécialiste.

 

Gonzalez Ferrer a insisté sur le fait qu’il ne faut pas oublier que c'est dans l'environnement familial que les stéréotypes en tous genres, mais surtout sexistes, subsistent. C'est pourquoi, a-t-elle souligné, il est essentiel de mener une forte campagne de sensibilisation auprès de la population, afin que celle-ci connaisse les contenus qui seront ajoutés dans le nouveau code et comprenne que les droits des personnes ne sauraient être limités sur la base de stéréotypés ou de préjugés, qui entraînent des actes de discrimination.

 

« L'espace familial doit être harmonieux et constructif, où la personnalité puisse se développer intégralement. D'autre part, nous ne pouvons pas voir les familles éloignées de la sphère politique et publique, car elles constituent la cellule fondamentale de la société, et dans cet environnement, la dignité humaine a une dimension très particulière, et tout ce qui la menace est un problème social », a-t-elle précisé.

 

Selon elle, un nouveau code de la famille doit répondre au projet de justice sociale de la Révolution cubaine, qui se fonde sur cette dignité humaine, sur l'égalité effective de tous dans notre pays.

 

À cet égard, a expliqué la vice-présidente de l'Union des juristes de Cuba, l'égalité effective est liée non seulement à l'égalité formelle, mais aussi à l'égalité réelle, à la valorisation de la différence et de l'équité, c'est-à-dire à toutes les mesures que nous devons prendre pour que ceux qui ont toujours été vulnérables puissent y parvenir et jouir réellement de cette égalité devant la loi, qui est consacrée dans notre Constitution.

 

Selon Gonzalez Ferrer, un autre des grands défis du nouveau code consiste à souligner et à renforcer la responsabilité familiale d'un point de vue émotionnel, éducatif, formatif et économique dans la prise en charge des membres, comme les mères ou pères qui, pour des raisons particulières, prennent seuls soin des fils et filles, des personnes handicapées et âgées, pour répondre au problème du vieillissement de la population cubaine ; de personnes en raison de leur orientation et identité de genre ; en confirmant la notion tutélaire et affective de la famille cubaine à laquelle nous aspirons.

 

AU SEIN DES FAMILLES CUBAINES

 

Mayda Alvarez Suarez, directrice du Centre d'études de la Femme de la Fédération des femmes cubaines, s'est entretenue avec des parlementaires sur la reconfiguration des familles cubaines et leur diversité dans la Cuba d’aujourd’hui.

 

La chercheuse a attiré l'attention sur le contexte actuel de l'institution familiale, marqué, entre autres éléments, par l'impact d'une crise structurelle systémique, le blocus économique exercé par les États-Unis sur notre pays et les conséquences de la crise de la période spéciale, les nouveaux scénarios qui ont émergé avec la mise à jour du modèle économique, les technologies de l'information et de la communication, et en particulier la dynamique démographique.

 

Parmi les tendances qui caractérisent les changements survenus au sein de la famille cubaine, la spécialiste a souligné le fait que le nombre de petites familles augmente, de même que celui des ménages où les deux conjoints travaillent, le nombre de couples qui vivent ensemble sans formaliser leur union, la baisse des naissances et l’augmentation du nombre d’enfants nés hors mariage.

 

Elle a ajouté que l'un des principaux problèmes de l'environnement familial cubain de nos jours est l'hyperbolisation de la fonction économique au détriment d'autres fonctions essentielles comme l'éducation. Cela va de pair avec la surcharge de travail des femmes dans les tâches ménagères et de prise en charge, les difficultés à concilier vie familiale et vie professionnelle, ainsi que les défis posés par la diversification de l'activité économique productive d'un groupe de familles.

 

S'il y a un élément qui met les familles cubaines à rude épreuve aujourd'hui, c'est bien celui de la prise en charge, a indiqué Mayda Alvarez. Les femmes cubaines ont une présence importante dans tous les espaces publics et nous sommes la majorité des techniciens et des professionnels de l'économie. Il y a également eu une augmentation du nombre de femmes célibataires responsables des foyers. Dans ce contexte, la prise en charge et la satisfaction des besoins des personnes âgées au sein de la famille continuent d’être exercées quasi-exclusivement par les femmes, y compris des femmes âgées qui s'occupent d’autres membres de la famille, selon la spécialiste.

 

Le temps et les efforts consacrés par la famille à l'accomplissement de la fonction économique, ainsi que l'existence actuelle limitée des services de soutien à domicile, ce qui surcharge considérablement les femmes, ont un impact négatif non seulement sur les difficultés à concilier vie familiale et vie professionnelle, mais aussi sur la supervision et la disponibilité du temps des parents et autres adultes envers les enfants et les jeunes.

 

Cependant, les facteurs de protection des familles cubaines associés au contexte et aux politiques sociales sont nombreux. Cet espace demeure une valeur essentielle pour les personnes, non seulement en tant qu'unité de coexistence, mais aussi en tant que réseau de soutien et espace primordial du tissu social, a expliqué Mayda Alvarez.

 

« Lorsque nous discuterons du nouveau code, il est essentiel de savoir de quelles familles il s'agit, d'être conscients de leur hétérogénéité et de ne pas perdre de vue le fait que cette loi doit ressembler et répondre à leur époque », a conclu la chercheuse.

 

TYPES DE FAMILLES

 

Unipersonnelles

 

Formées par une seule personne.

 

Familles nucléaires

 

Formés par l'une des combinaisons suivantes

 

Biparentale sans enfants : les deux conjoints sans enfants.

 

Biparentale avec enfants : les deux conjoints et leurs enfants.

 

Monoparentale : le père ou la mère et ses enfants.

 

Élargies

 

Formées par un ou les deux conjoints, les enfants, le cas échéant, et d'autres parents du chef de ménage jusqu'au quatrième degré de consanguinité et au deuxième degré d'affinité. Une ou plusieurs familles nucléaires ou aucune peuvent vivre dans une famille élargie.

 

Recomposées

 

Formées par n'importe lequel des types ci-dessus plus certaines personnes qui ne sont pas liées au chef de ménage. Une ou plusieurs familles nucléaires ou aucune d'entre elles peuvent vivre dans une famille recomposée.

 

http://fr.granma.cu/cuba/2019-05-22/pour-un-nouveau-code-de-la-famille-qui-reponde-au-projet-de-justice-sociale-de-la-revolution