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Venezuela : Guaidó représente la formule coloniale portoricaine pour le Venezuela

16 Mai 2019, 16:32pm

Publié par Bolivar Infos

 

L'art vit des temps difficiles, le pavillon du Venezuela s'ouvre à la Biennale de Venise le dimanche 19 mai. Le Gouvernement Bolivarien répond ainsi à la controverse et au sabotage qui, cette année encore, ont perturbé, il y a 8 jours l'inauguration de l'exposition, utilisée comme forum par ceux qui souhaitent voir le Venezuela revenir à l'état de soumission coloniale en inventant, dit le ministre de la Culture, Ernesto Villegas, dans cette interview, une espèce d'Etat libre associé identique au modèle portoricain. »

 

Au milieu d'un attaque brutale et concentrique qui et le Venezuela dans la ligne de mire d'une invasion militaire des Etats-Unis, le processus bolivarien réagit par la culture et à la créativité. Nous avons vu cela encore une fois en participant à des assemblées de rues qui ont été organisées récemment partout dans le pays pour recueillir des propositions à présenter au Président Nicolás Maduro qui l'avait demandé à tous es secteurs lors de la gigantesque marche du 1° mai.

 

Ministre Villegas, une explosion artistique contre les drones bourrés d'explosifs?

 

L'impérialisme étasunien et ses laquais européens appliquent les formules les plis viles contre le Venezuela mais la volonté, la dignité et l'engagement historique du peuple vénézuélien sont plus forts que toutes les formules, aussi dures et cruelles qu'elles soient. Bien sûr, elles nous ont causé beaucoup de dommages, y compris à la culture et aux arts. Mais cela multiplie les raisons de nous accrocher à notre identité culturelle riche et diverse. La Foire Internationale du Livre du Venezuela, en 2018, a déplacé plus de 600 000 personnes en seulement 10 jours. Récemment, le Festival de Théâtre de Caracas a également été mené à bien avec une grande affluence populaire et d'admirables propositions théâtrales. Participer à des événements culturels est un droit aussi bien pour es artistes que pour le peuple et pour nous, ça a encore plus d'importance quand la réalité matérielle nous lance un défi. La force de nos gens vient de loin, elle nous a permis de résister et de gagner. Nous avons dans nos veines le sang des libérateurs, en particulier de Bolívar, l'homme des difficultés. Nous sommes un peuple qui condense tous les exploits de l'indépendance de l’Amérique du Sud, nous nous sentons prisonniers de cette résistance et de cet engagement. Le commandant Chávez, quand il a conçu la Révolution Bolivarienne, a retrouvé ces racines, les racines d'Ezequiel Zamora, Simón Rodríguez, Manuelita Sáenz, et cela nous donne une force particulière pour affronter les difficultés. D'où vient cette force ? De Simón Bolívar. D'où continue-t-elle à couler ? De Chávez. Et je veux mettre particulièrement en avant la force et la résistance des femmes. Dans le processus bolivarien, la plupart des organisations sont dirigées par des femmes qui sont les piliers de la bataille pour la vie et la dignité.

 

Qu'est-ce que le Venezuela amène à la Biennale ?

 

A Venise, nous amenons la métaphore des 3 fenêtres : l'identité dans e temps et l'espace. Les axes de l'exposition sont le pétrole, l'ancestralité, es migrations, la rébellion et l'anti-impérialisme. Les œuvres de 4 artistes vénézuéliens Gabriel López, Ricardo García, Nelson Rangel, et d'une Vénézuélienne qui réside en Espagne, Natalie Rocha, sont exposées : une petite partie de notre intense production artistique traversée par le thème de la rébellion et de l'anti-impérialisme qui s'écoule aussi dans l'aspect de al migration qui a eu lieu depuis les temps ancestraux. Un art vivant et présent malgré le blocus économique et la persécution financière que nous subissons mais qui n'ont pas empêché le pavillon vénézuélien d'ouvrir ses protes e 19 et réponde aux attentes et à la solidarité des nombreuses personnes qui viendront sans doute nous rendre visite.

 

Nelson Rangel, un des artistes dont les œuvres sont exposées mais qui n'a pas pu venir à cause de problèmes de santé, a dit qu'il aimerait attribuer l'argent qui avait été destiné à financer son voyage aux enfants qui attendent une greffe de moelle osseuse en Italie et qui risquent leur vie à cause du blocus économique et financier imposé par l'impérialisme étasunien et européen. L'opposition vénézuélienne en Italie, pendant ce temps, t'accuse d'avoir négligé la biennale. Pourquoi as-tu pu ouvrir seulement maintenant ? Quelles difficultés as-tu rencontrées ?

 

Les ressources que le Venezuela a déposées dans des banques internationales n'ont pas pu être transférées. Le Venezuela a l'argent mais on ne lui permet pas de l'utiliser. Les banques appliquent les ordres du Gouvernement des Etats-Unis. Comme c'était arrivé pour la Biennale d'Architecture, cette année aussi, nous avons subi les effets d'un blocus économique et financier qui empêche même les transactions pour l’achat d'aliments, de médicaments qui sauvent des vies et nous ne parlons pas de la réalisation d'événements culturels. L'année dernière, pour la Biennale d'Architecture, les fonds envoyés par l'intermédiaire de la Banque Intesa San Paolo ont été gelés. Aujourd'hui aussi, nous sommes l'objet de restrictions bancaires pour transférer des fonds de notre compte à l'ambassade et ceux que nous avons envoyés par l'intermédiaire d'une banque internationale n'a pas atteint sa destination. Nous sommes obligés de faire des tours et des détours, évidement, toujours dans le cadre de la légalité et de la transparence mais cela ralentit beaucoup les transactions. Il est très triste et regrettable qu'une exposition d'art soit traitée comme un acte criminel comme si les artistes étaient des criminels. Ce devrait être sans problème, pour un pays, d'utiliser ses propres ressources pour installer une exposition d'art n'importe où dans le monde, au lieu de quoi, nous nous sommes vus obligés de faire des acrobaties pour être présents à Venise. 

 

Ces jours-ci, le Groupe de Contact dans lequel l'Europe est présente se réunit à Caracas. Que peut-on en attendre ?

 

Pour nous, le dialogue en tant qu'alternative à la guerre est le bienvenu. Le président Nicolás Maduro Moros, en tant que chef de la politique indépendante et souveraine du Venezuela, a accueilli favorablement ce mécanisme. Nous persistons dans notre disposition à discuter, à nous rencontrer, même avec les secteurs les plus récalcitrants de l'opposition vénézuélienne, en espérant qu'ils accepteront de se mettre dans le cadre de la Constitution et abandonneront cette aventure, cette folie, cette décision regrettable de demander à une puissance étrangère d'imposer par la force leur volonté à notre pays. C'est quelque chose de vraiment singulier qui s'est produit dans la politique vénézuélienne : les membres de l'opposition ont demandé l’intervention militaire pour installer un Gouvernement fantoche qui n'est pas le résultat de la volonté souveraine du peuple, qui n'est pas le résultat d'élections mais du caprice d'une puissance comme les Etats-Unis qui veut ramener le Venezuela à être un Etat colonial. Derrière cette politique «guaidoniste,» il y a un projet « annexionniste. » Le choc se situe entre un Etat légitime et souverain présidé par Nicolás Maduro et un espèce d'Etat libre associé sur le modèle de Porto Rico qu'ils veulent nous imposer en marge de la Constitution. Un projet que nous n'accepterons pas mais cela ne nous empêche pas de suivre le chemin politique pour résoudre les problèmes du Venezuela.

 

Le « président autoproclamé » Juan Guaidó a demandé explicitement au Pentagone d'envahir le Venezuela. Que peut-il arriver ?

 

Le projet d'invasion du Venezuela est condamné à la défaite. Notre attente est que cela arrive le plus rapidement possible et ne se matérialise pas. En effet, la plupart des Vénézuéliens ne sont pas d'accord avec une formule de cette sorte comme le démontre la baisse de participation aux derniers meetings de l'opposition bien qu'ils soient organisés dans les secteurs où ils ont la majorité, dans l'est de Caracas: La Mercedes, par exemple, où un gigantesque drapeau étasunien a été levé avec un petit drapeau du Venezuela Cette image triste et troublante ne représente pas le sentiment de la majorité des Vénézuéliens. Evidemment, les opposants ne soutiennent pas la solution militaire à cause des conséquences qu'elle aurait en termes de mort et de destruction et à cause des effets qu'elle aurait sur la nation vénézuélienne. Nous, par essence, sommes bolivariens, nous avons été forgés dans les idéaux d'indépendance du libérateur et dans les principes qu'il nous a laissés par écrit. Qu'un pays, si puissant qu'il soit et peu importe les bombes atomiques qu'i possède, nous réduise à nouveau à l'état de colonie nous irrite profondément. C'est un projet qui choque la nature des Vénézuéliens. Mais si cette hypothèse se concrétisait, elle échouerait de toute façon parce que le peuple vénézuélien ne resterait pas les bras croisés. Il y a plus de 2 000 000 de miliciens qui se sont inscrits pour défendre leur patrie où que ce soit. Au Venezuela, l'impérialisme étasunien se trouverait avec un Vietnam beaucoup plus près de ses frontières que le précédent. A cette époque-là, le Che Guevara disait : construire 1, 2, 100 Vietnam. Aujourd'hui, l'invasion du Venezuela provoquerait un conflit qui s'étendrait certainement à tout le continent. Et pour cette raison, même dans les Gouvernements vassaux comme celui de la Colombie, il y a des membres qui ne soutiennent pas la voie de l'intervention impérialiste. Par conséquent, ce projet que j'appelle « l’État libre associé, » la formule portoricaine pour le Venezuela, est condamnée à la défaite qu'une intervention armée se produise ou pas. Nous sommes plus près de l'indépendance de Porto Rico que de la recolonisation du Venezuela.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://albaciudad.org/2019/05/ministro-ernesto-villegas-guaido-representa-la-formula-colonial-puertorriquena-para-venezuela/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2019/05/venezuela-guaido-represente-la-formule-coloniale-portoricaine-pour-le-venezuela.html