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Venezuela : Le Groupe de Contact n'a pas trouvé de « solution ». Quel rôle peut jouer Cuba?

25 Mai 2019, 16:31pm

Publié par Bolivar Infos

 

Mardi s'est achevée la troisième réunion du Groupe International de Contact (GIC) qui avait débuté lundi pour traiter de la crise politique que vit le Venezuela aiguisée par la tentative ratée de coup d’État organisée par le député d'opposition Juan Guaidó contre le Gouvernement du président Nicolás Maduro.

 

C'est la troisième réunion du conclave convoqué par les pays de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), la Bolivie, l'Equateur et l'Uruguay, et des représentants de l’Allemagne, de l'Espagne, de la France, de l'Italie, des Pays Bas, du Portugal et du Royaume Uni.

 

Jusqu'à présent, le seul point commun entre les pays participants a été de chercher une « solution politique, pacifique et démocratique » pour le Venezuela mais depuis sa création, le 7 février, il n'a pas pu concrétiser cet objectif.

 

Justement, mardi, le délai de 90 jours imparti pour trouver une proposition réalisable s'est achevé : « On fera une évaluation du Groupe de Contact lui-même et des aspects sur lesquels il n'a pas avancé, » a déclaré le sous-secrétaire uruguayen aux Affaires Etrangères, Ariel Bergamino, selon La Diaria.

 

En quoi a-t-il échoué ?

 

Pour Luis Quintana, professeur de géopolitique, l'erreur du GIC a été de se donner pour mission la principale demande de l’opposition vénézuélienne : organiser d'hypothétiques élections bien que le président Nicolás Maduro ait été réélu avec plus de 60 % des voix en ai dernier.

 

« En faisant cela, le Groupe se et du côté de l'une des parties, » indique Quintana, « et cela ne contribue pas à une solution consensuelle. »

 

La veille de la première réunion à Montevideo, Uruguay, en février dernier, le Gouvernement de Tabaré Vásquez et celui du Mexique avaient proposé le Mécanisme de Montevideo, en quatre étapes, qui privilégie le dialogue dans une perspective « de respect du Droit International et des Droits de l’Homme. »

 

Il y avait 4 phases :

Dialogue immédiat

Négociation

Engagements

Mise en place

 

Cette proposition avait eu le soutien de Caracas et de ses alliés dans la région mais après la première rencontre, Federica Mogherini, la haute représentante de l'Union Européenne pour les Affaires Etrangères et la Politique de Sécurité avait souligné l'importance « d'un processus électoral crédible le plus rapidement possible. » Immédiatement, la Bolivie, le Mexique et la CARICOM avaient désapprouvé le déclaration finale.

 

La seule « avancée » évidente du GIC a été d'encourager la remise « d'aide » conformément aux principes internationaux de l'aide humanitaire comme on l'avait envisagé. En effet, le président Maduro avait annoncé en février que son Gouvernement acceptait un plan d'aide des Nations Unies.

 

Equilibre constructif

 

Le professeur Quintana considère que maintenant, le GIC est appelé à agri comme un facteur « d'équilibre constructif » qui, à son avis, peut contribuer à ce que les parties (le Gouvernement et l'opposition) « soient dans les conditions pour s'asseoir et discuter, » surtout depuis l'appel au soulèvement militaire lancé par le chef du Parlement vénézuélien.

 

Le chancelier vénézuélien Jorge Arreaza, a affirmé récemment que le Gouvernement était prêt à engager un dialogue dans le cadre de la Constitution du pays.

 

Du côté des détracteurs de Maduro, même si certains secteurs modérés de l’opposition, loin de al couverture médiatique qui accompagne Guaidó, soutiennent la proposition de dialogue, le chef de l'Assemblée Nationale vénézuélienne écarte cette possibilité, presque à l’unisson avec la Maison Blanche.

 

Cuba, à la demande du Groupe de Lima

 

La réunion de ce mardi aura lieu dans l'attente d'une éventuelle médiation de Cuba, à la demande du Groupe de Lima lui-même, composé de pays qui reconnaissent Guaidó comme « président par interim » et ont le soutien de Washington.

 

Samedi, le chancelier de Cuba, Bruno Rodríguez, a confirmé qu'il avait rencontré Mogherini. Sur son compte Twitter, il a dit qu'il avait eu une « conversation cordiale » à propos du Venezuela et qu'il garderait « le contact » avec la fonctionnaire européenne.

 

Le même jour, le président cubain, Miguel Díaz Canel, a discuté avec le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et mis en avant la nécessité d'un dialogue avec le président Maduro « basé sur le respect de la souveraineté du Venezuela » et du « Droit International. »

 

Quintana souligne qu'aussi bien le Canada que l'Union Européenne savent que Cuba est un pays allié du Venezuela qui peut ajouter des propositions importantes pour dégager une solution viable : « L'accompagnement de Cuba dans n'importe quel processus peut être aussi important que le rôle que joue la Russie en ce moment, » dit-il.

 

Pour le moment, il est clair que le position la plus solide que pourrait manifester le GCI ce mardi est le rejet de « l'usage de la force » pour surmonter la situation politique actuelle au Venezuela, une position sur laquelle tous les pays convoqués au Costa Rica sont d'accord, même les pays du Groupe de Lima.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2019/05/07/venezuela-grupo-de-contacto-concluye-su-plazo-sin-alcanzar-una-solucion-en-venezuela-que-papel-puede-jugar-cuba-analisis/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2019/05/venezuela-le-groupe-de-contact-n-a-pas-trouve-de-solution.quel-role-peut-jouer-cuba.html