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Venezuela : Corruption et tutelle : le triangle Almagro, Pompeo et Guaidó

23 Juin 2019, 16:40pm

Publié par Bolivar Infos

 

Ces derniers jours, le secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains (OEA) Luis Almagro, exprime sur Twitter son malaise évident et la nécessité d'enquêter sur les éventuels actes de corruption à cause du détournement et de la mauvaise gestion par l'équipe politique du président autoproclamé Juan Guaidó des ressources fournies pour l'entretien des Vénézuéliens qui ont émigré à Cúcuta.

 

Le twitt de Mr. Almagro fait suite à la dénonciation par PanAm Post, le 14 de juin dernier, de la gestion des ressources destinées à ce qu'on appelle « l'aide humanitaire. » Une opération qui justifie l’intervention des Etats-Unis, de l'Union Européenne et des Gouvernements associés au Groupe de Lima contre le Venezuela mais a aussi comme précédent la « révélation » faite par The Washington Post le 4 juin: la conversation du Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Mike Pompeo, dans laquelle il expose les difficultés pour unifier l'opposition vénézuélienne dans laquelle il y a « 40 candidats au poste de Président. »

 

Ces 2 situations semblent destinée à rendre public et notoire le malaise éprouvé par les organisateurs (ou pour mieux dire, les tireurs de ficelles) de l'opération contre le Venezuela et son Gouvernement socialiste dirigé par le Président Nicolás Maduro.

 

Le secrétaire général de l’OEA exprime la nécessité d'enquêter sur les éventuels faits de corruption comme s'il cherchait à se démarquer des éventuels actes de détournement et de mauvaise gestion de fonds par une direction politique dont il est l'un des « pères fondateurs. »

 

Il se démarque aussi du « péché originel » de l'opération contre le Venezuela qui a débouché sur un échec sans précédent et endommagé la réputation des agents politiques des Etats-Unis, de l'Union Européenne (avec l'Espagne à sa tête), de la Colombie, du Chili, du Pérou, de l'Argentine, du Brésil et d'autres moins visibles mais acteurs évidents d'une manœuvre de « changement de régime » et de la tentative de destruction de la souveraineté d'un pays indépendant.

 

Mais que cache l'inquiétude de Mr. Almagro concernant les fonds assignés à l'aide humanitaire, étant donné qu'il sait que ces fonds ont été assignés pour stimuler et concrétiser un coup d'Etat ? Les fonds assignés à un coup d'Etat comme ceux remis au « Président par interim » (sans aucune légitimité, sans appareil d'Etat pour le soutenir) peuvent-ils avoir un contrôle vérifiable pour que l'inquiétude des tireurs de ficelles de l'opération contre le Venezuela soit justifiée ? 

 

Depuis quelques temps, on dit dans les clubs de réflexion que les Vénézuéliens ne sont pas capables de gérer l'immense richesse que la providence leur a donnée, c'est pourquoi on a besoin de mettre leur souveraineté sous tutelle pour que d'autres (plus capables et étrangers) gèrent ces richesses.

 

La dénonciation d'inefficacité et de corruption de l'élite d'opposition et la construction médiatique d'une « direction chaviste » incapable de gouverner parce qu'elle est socialiste, corrompue, qu'elle viole les Droits de l'Homme, justifie la création d'une instance intitulée Comité, Groupe ou Commission qui dirigerait le destin du Venezuela en tant que nation, c'est à dire, institutionnaliser un Comité International comme ceux qui existent dans des pays dévastés par des guerres civiles ou des désastres naturels.

 

Jusqu'à quel point cette inquiétude n'est-elle rien d'autre qu'une justification de la mise en place d'une institution internationale qui, en utilisant comme modèle la « Commission Internationale contre l'Impunité au Guatemala » finit par saper la capacité de l'Etat à prendre ses propres décisions, une instance qui aurait le droit de veto que lui donne le fait de veiller sur les intérêts de la « Communauté Internationale Néolibérale ? »

 

Il faut rappeler que les Etats-Unis ont diffusé l'idée que le Venezuela et par extension, toute la région des Caraïbes y compris l'Amérique Centrale, est une zone dans laquelle les institutions ont une faible capacité à résoudre, de façon autonome et indépendante, les problèmes des pays et à affronter les défis de l'avenir, c'est pourquoi leurs politiques de gouvernement doivent être mises sous tutelle.

 

La situation actuelle des pays de la région comme le crise politique et économique au Venezuela, la migration en Amérique Centrale et au Mexique, la situation sociale en Haïti, l'augmentation du trafic de drogues en Colombie, entre autres choses, sont des preuves, aux yeux de l'élite gouvernante des Etats-Unis, de l'impossibilité d'avoir des Gouvernements stables et qui se soutiennent eux-mêmes et cela provoque la nécessité de créer une zone à souveraineté limitée contrôlée par les Etats-Unis.

 

L'inquiétude manifeste du secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, comme celle des autres porte-parole internationaux de la politique contre le Venezuela semble déboucher que la nécessité d’intervenir, de contrôler le territoire et ensuite de mettre sous tutelle le Gouvernement. Ils ne veulent pas le chavisme mais ils ne veulent pas non plus leurs propres agents, créés et armés par eux-mêmes, ils veulent le contrôle direct, sans intermédiaire.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source ne espagnol :

http://misionverdad.com/OPINIóN/almagro-guaido-pompeo-la-corrupcion-el-tutelaje-y-la-incapacidad-de-gobernar

URL de cet article : 

http://bolivarinfos.over-blog.com/2019/06/venezuela-corruption-et-tutelle-le-triangle-almagro-pompeo-et-guaido.html