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Brésil : Le Jour du Feu

27 Août 2019, 16:15pm

Publié par Bolivar Infos

 

La police enquête sur des incendies provoqués par au moins 70 personnes qui ont participé à un groupe de messages le 10 août et coordonné des actions pour mettre le feu à des camps et à des bois : le nombre de foyers a augmenté subitement en Amazonie.

 

A Altamira, Pará, la municipalité dans laquelle il y le plus d'incendies et de déforestation au Brésil, le District de Cachoeira da Serra, l'un des pôles agricoles que les agriculteurs se disputent le plus, on se souvient encore du pire incendie de l'histoire le de Pará, qui a eu lieu le 10 octobre. Cette date est pour toujours ici « Le Jour du Feu. »

 

Il est bien connu que plus de 70 personnes, d'Altamira et de Novo Progresso, entre syndicalistes, agriculteurs, commerçants et accapareurs de terres se sont organisés dans un groupe de WhatsApp pour incendier les côtes de la BR-163, la route qui relie cette région de Pará aux ports du fleuve Tapajós et de l'état du Mato Grosso.

 

Leur intention était de montrer au président Jair Bolsonaro qu'ils soutiennent ses idées de « réduire » le contrôle d'IBAMA et peut-être d’obtenir l'annulation des amendes pour violations environnementales.

 

A la demande du Procureur de Novo Progresso, le Délégué de la Police Civile, Daniel Mattos Pereira, a entendu certaines personnes liées au « Jour du Feu » mais jusqu'à présent personne n'a été arrêté.

 

Les entités des municipalités de Castelo dos Sonhos et de Novo Progresso ont reçu de nombreuses plaintes d'agriculteurs qui disent avoir subi des préjudices à cause du feu.

 

Beaucoup de haies détruites, de pâturages, de cultures et d'animaux tués, tous dévorés par le feu. Après que la dénonciation du « Jour du Feu » ait été rendue publique, une nouvelle version a circulé dans toute la région. L'éleveuse Nair Brizola, de Cachoeira da Serra se fait l'écho d'une histoire que nous avons entendue partout. Elle est venue à nous alors que je conduisait le long de Bucha Road où notre équipe faisait un reportage sur un incendie.

 

« Etes-vous de l'environnement ? » a-t-il crié de sa camionnette

  • Non, nous sommes des journalistes.

  • Bien, c'est génial, » a-t-elle dit ensuite 

  • Qui met le feu, ici ? Lui ai-je demandé.

  • C'est l'ICMBio [cet acronyme désigne l'Institut Chico Mendes pour la Conservation de la Biodiversité]. Il y avait là une moto noire qui brûlait tout ici. Et ils sont venus sur ma propriété avec cette bicyclette attachée à leur camionnette. C'était écrit sur la porte. »

 

Sans savoir que notre conversation était enregistrée, Nair continue :

 

« Ces gens, s'ils viennent chez toi, ils viennent armés, ils t'arrêtent, ils te prennent ton téléphone portable. Tu ne peux rien faire. Sur les camions qui ont fait toute terreur, il était écrit ICMBio. Le président Bolsonaro a raison quand il dit que ces ONG sont en flammes, » ajoute-t-elle.

 

« Mais il a dit aussi que ça peut être les agriculteurs, » lui ai-je répondu.

 

« Je ne vais pas dire que l'un ou l'autre ne fait pas ça mais ce feu qu'ils ont mis là, près de la route, ce ne sont pas les fermiers. »

 

La végétation très sèche à côté du chemin continue à prendre feu qui interrompent le trafic sur la BR 163. en entrant sur les chemins de terre, nous trouvons une énorme zone de bois qui brûle.

 

Un grand incendie brûle près d'une zone de forêt primaire. Le feu se trouve à un endroit stratégique, près du bois, juste quand le vent attise les flammes. A côté du conducteur du tracteur, Erisvã da Conceição Silva, il y a un quadrillage sur le sol, qui autrefois a été un bois et prépare la zone pour planter des graines.

 

« Qui a mis le feu ? » lui demandai-je.

« Cet incendie vient du chemin de l'autre côté. » Elle montre le côté opposé au bois où il serait pratiquement impossible d'avoir mis le feu pour une raison simple : il n'y avait pas le feu là.

 

Pendant que nous parlions avec lui, le feu a percé entre les arbres. Des oiseaux et des insectes sont sortis du bois désespérément. Nous avons continué là à enquêter sur le « Jour du Feu » que personne n'oubliera jamais. Le 10 août 2019, quand ont éclaté plusieurs incendies criminels en Amazonie, ils ont fait peur au monde entier : les états de: Rondônia, Acre, Amapá, Mato Grosso, Amazonas et Pará ont brûlé en même temps. Des incendies se déclarent spontanément pendant la saison sèche mais pas de cette importance.

 

Ibama a été alerté 3 jours avant le « Jour du Feu, » il a prévenu Moro mais celui-ci l'a ignoré.

 

26/08/2019 Urbs Magna

 

Cet acte a été étiqueté sur WhatsApp par plus de 70 paysans de la région d'Altamira (AP) pour montrer au président Jair Bolsonaro qu'ils soutiennent ses idées de « réduire » le contrôle. Ibama a demandé l'aide de la force Nationale qui, à ce moment-là, a été autorisée par Moro à prendre des mesures énergiques « contre les actions des étudiants » et non contre les incendiaires de l'Amazonie. 3 jours avant le collusion de 70 paysans de la région d'Altamira, Pará, sur Whatsapp pour incendier la forêt amazonienne, 10 août, Ibama, une agence du Ministère de l'Environnement, avait reçu une alerte du Procureur Fédéral concernant cette action appelée « Jour du Feu. » L'information vient de Carla Aranha, de la revue Globo Rural, publiée dimanche soir (25).» La manifestation des agriculteurs, si elle est menée à bien, conduira à de graves violations environnementales qui pourraient même échapper au contrôler et éviter l'identification des auteurs individuels étant donné qu'elle a été conçue collectivement, » a dit le MPF au gérant exécutif d'IBAMA à Santarém, Roberto Fernandes Abreu.

 

Selon ce rapport, la réponse d'IBAMA au MPF, datée du 12 et signée par Roberto Victor Lacava e Silva, gérant exécutif suppléant d'IBAMA, informe que les actions d'inspection ont été entravées parce qu'elles « impliquaient des risques de sécurité pour les équipes dans les champs. » Le document dit aussi que « puisque des lettres demandant le soutien de la Force de Sécurité Nationale avaient été envoyées » ignorées jusqu'alors le ministre de la Justice, Sergio Moro.

 

Le Jour du Feu

 

Un rapport publié dimanche (25) par le site de la revue Globo Rural révèle que plus de 70 paysans et des accapareurs de terres ont décidé sur Whatsapp d'incendier simultanément les côtes de BR163 dans la région d' Altamira, Pará, le 10août, qu'on a appelé « le Jour du Feu. » Après l'annonce de cette action, les paysans ont changé leur version et ont rendu responsables les organisations non gouvernementales (ONG) de l'incendie qui consumait l'Amazonie, se faisant l'écho de la version propagée par Bolsonaro. 

 

l'Armée

 

Le 8 août, 2 jours avant « le Jour du Feu, » Moro a émis une ordonnance autorisant l'Armée à agir contre les protestations d'étudiants qui occupaient l'Esplanade du Ministère à Brasilia.

 

L'ordonnance 686, publiée aujourd'hui au Journal Officiel de la Fédération, stipulait que les agents pouvaient agir « de façon épisodique et planifiée les 7, 12 et 13 août 2019, » à la demande du Ministère de l'Education (MEC).

 

En avril, Moro avait déjà libéré l'Armée pour accompagner et, si besoin, réprimer des manifestations à Brasilia pendant le campement Terre Libre, une marche d'indigènes de diverses parties du Brésil vers a capitale fédérale qui a lieu depuis 15 ans.

 

Le campement indigène à Brasilia a été critiqué par le président. Lors d'une émission en direct sur Facebook, il a qualifié cet événement de « coup d'Etat » et dit que ce serait « le contribuable » qui paierait la facture.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2019/08/26/brasil-denuncian-que-en-grupos-de-wasap-hacendados-coordinaron-prender-fuego-a-la-amazonia-apoyaban-asi-a-bolsonaro/

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