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Venezuela : Radiographie des attaques d'espionnage avancé

12 Août 2019, 17:02pm

Publié par Bolivar Infos

 

la compagnie de sécurité slovaque ESET a découvert une attaque d'espionnage avancé contre la Force Armée nationale Bolivarienne (FANB) du Venezuela organisée par des hackers pour établir une carte de la situation des unités militaires les plus sensibles.

 

Même s'il ne dit pas clairement qui est derrière cette attaque, Dave Maasland, porte-parole de la compagnie, affirmé : « Cette attaque s'intègre dans les tensions politiques dans la région. »

 

Il dit aussi que cette action « semble être la version moderne de l'envoi à quelqu'un d'un cheval dans lequel les soldats attendent. »

 

Chevaux de Troie en bits, l'Amérique Latine dans l'objectif

 

Cette sorte d'attaques ont réussi en Equateur, en Colombie et au Nicaragua même si ESET affirme que les trois quarts des ordinateurs infectés se trouvent au Venezuela. La plupart appartient à des systèmes militaires mais les systèmes de la police et de la chancellerie ont aussi été attaqués.

 

Ils affirment que les attaquants qui font étalage de connaissances du jargon militaire et de leurs objectifs, sont à la recherche d'informations sur les routes de navigation, le logistique et les positions des systèmes militaires. En plus, ils ont utilisé des documents militaires qu'ils ont volés auparavant comme appât dans leurs courriers électroniques de phishing.

 

Le phishing est basé sur l'envoi de courriers électroniques qui semblent provenir de sources fiables (comme des banques, des compagnies d'énergie, etc...) mais qui en réalité, sont destinés à manipuler celui qui les reçoit pour lui voler des informations confidentielles. Un courrier électronique peut contenir des liens vers un site web préparé par les attaquants qui imite celui de l'entreprise légitime et sur lequel on invite la victime à rentrer des données personnelles.

 

Les chercheurs disent que les courriers électroniques contenaient aussi un malware qui a ensuite volé d’énormes quantités de documents confidentiels. Ils parlent d'un cas dans lequel un document militaire a été volé un jour et ensuite utilisé par les attaquants dans un courrier électronique de phishing. Entre mars et fin mai de cette année, 50 ordinateurs ont été infectés et l'attaque dure toujours, souligne ESET.

 

Ce que sait ESET et ce qu'elle ne sait pas

 

L'enquêteur d'ESET Alexis Dorais-Joncas a affirmé : « Dans ce cas, nous sommes assez sûrs que la plupart des victimes de ces hackers appartiennent à l'armée vénézuélienne, sur la base des documents qu'ils ont volés. »

 

Les enquêteurs soupçonnent le groupe de hackers d'être d'origine hispanophone et la fréquence de ses attaques a augmenté ces dernières années.

 

Les entreprises de sécurité contrôlent les nouvelles menaces assez rapidement en recevant des preuves de software malicieux grâce à leurs investigations mais il est difficile de déterminer les responsabilités car il est techniquement compliqué de prouver qui est derrière un pirate informatique.

 

Selon une autre entreprise de sécurité qui existe depuis longtemps, Kaspersky, le groupe de hackers est actif depuis 2010 et les enquêteurs lui ont donné le nom de «Machette».

 

Guerre électronique et infiltration de longue date

 

Les Gouvernements du monde entier sont victimes et auteurs d'attaques de hackers. Une des attaques les plus connues est celle des Etats-Unis et d'Israël contre des installations nucléaires en Iran mais on accuse aussi la République Islamique d'attaquer des pays occidentaux en représailles.

 

En 2015, on a appris qu'avec le soutien de l'Ambassade à Caracas, l'Agence Nationale de Sécurité (NSA) des Etats-Unis a espionné pendant des années quelques 10 000 employés de la compagnie d'Etat Petróleos de Venezuela (PDVSA) et emmagasiné les noms et les mots de passe de 900 d'entre eux. C'est ce qu'ont révélé Telesur et la revue électronique The Intercept. Le document a été révélé par l'ex employé de la NSA réfugié en Russie, Edward Snowden.

 

Le Gouvernement vénézuélien a affirmé régulièrement que les Etats-Unis sont infiltrés au Venezuela. Il a démontré comment les récentes coupures générales d'électricité ont été provoquées par Washington qui, depuis des années, espionne plusieurs pouvoirs de l'Etat vénézuélien.

 

Le président Nicolás Maduro affirme aussi que les Étasuniens ont utilisé leurs capacités d'espionnage pour s'infiltrer et organiser des coups d'Etat.

 

En mars dernier, le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a indiqué que l'exploration radio-électronique des Etats-Unis avait augmenté de 800%. 

 

Récemment, le 27 juillet dernier, le Commandement Stratégique Opérationnel de la Force Armée Nationale Bolivarienne (CEOFANB) a affirmé qu'à nouveau, des avions espions des Etats-Unis ont survolé illégalement la zone d'information aérienne du Venezuela.

 

Ils ont précisé qu'il s'agissait d'un avion EP-3E qui a pénétré dans la région d'information de vol (FIR) de Maiquetía à 10:58 (heure locale,14.58 GMT) , le samedi et l'a quittée 3 heures plus tard sans que les services du déplacement aérien du Venezuela aient réussi à établir de communication avec l'avion intrus. Quelques jours plus tôt, la FANB avait détecté 2 avions de reconnaissance des Etats-Unis dans la FIR de Maiquetía.

 

Face aux accusations du Gouvernement vénézuélien, le chef du Commandement Sud des Etats-Unis, Craig Faller, a déclaré qu'ils réalisaient des vols de surveillance « totalement professionnels, »ce qui a obligé le Gouvernement vénézuélien à porter plainte devant l'Organisation des Nations Unies (ONU). 

 

Le ministre de la Communication, Jorge Rodríguez, a affirmé qu'il ait possible qu'on ait provoqué la panne générale du lundi 22 juillet dernier depuis ces avions et la FANB a rappelé à ce moment-là que cette année, il y a eu 76 incidents similaires qui représentent «une grave menace pour la sécurité» des avions qui transitent tous les jours au nord de la zone économique exclusive dans laquelle le Venezuela est « le garant de la sécurité. »

Toute la doctrine globale de l'espionnage contre le Venezuela

 

En espionnant la FANB et PDVSA, la moelle épinière du pays, les réseaux de renseignement étasuniens renforcent leur exercice de l'Etat Policier et cherchent à affaiblir les structures de pouvoir du Gouvernement vénézuélien. Il ne s'agit pas de stratégies d'espionnage isolées mais de la mise en place d'une doctrine globale de guerre non conventionnelle qui infiltre le domaine militaire, financier, politique et de l'information.

 

Mission Vérité a déjà fait savoir comment ont été créés des dossiers avec de fausses informations de renseignement préparés par des acteurs ayant intérêt à fomenter l'invasion militaire du Venezuela. C'est le dossier intitulé « La dernière défense de Maduro: la survie du Venezuela grâce à l'entreprise criminelle mixte bolivarienne, » réalisé par l'organisme qui se nomme lui-même « Centre d'Etudes Internationales et Stratégiques (CSIS) qui a participé activement au siège de l'ambassade du Venezuela à Washington en avril et en mai derniers.

 

Par ces actions, le Pentagone aplanit le terrain pour intensifier la guerre non conventionnelle contre le Venezuela pour s'approprier non seulement ses ressources mais faire la leçon à toute initiative politique contraire à son hégémonie qui naît sur le continent.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://albaciudad.org/2019/08/radiografia-de-los-ataques-de-espionaje-avanzado-contra-venezuela/

URL de cet article : 

http://bolivarinfos.over-blog.com/2019/08/venezuela-radiographie-des-attaques-d-espionnage-avance.html