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Amérique Latine : L'Amérique Latine en flammes

29 Octobre 2019, 17:55pm

Publié par Bolivar Infos

 

« Le Chili en Etat d'Urgence, l’Équateur en Etat de siège, la Colombie en crise humanitaire, le Pérou en crise politique, le Brésil paralysé, l'Argentine détruite, le Paraguay épuisé, l’Amérique Latine en flammes. » 7 pays d'Amérique du Sud soumis aux ajustements structurels du Fonds Monétaire International (FMI) qui ont succombé au chaos politique. Actuellement, ils sont gouvernés par la terreur et la faim. Dans le reste de l’Amérique Latine, la situation est la même et même pire : Haïti déchirée, le Honduras démoli, le Guatemala qui vit sa tragédie, le Salvador sous la terreur et le Mexique qui essaie de se libérer de ses chaînes.

 

L'Amérique Latine, en grande partie, a été pénétrée comme jamais par la politique des Etats-Unis et les ajustements de son bras financier, le FMI. Les ajustements du FMI sont les mêmes pour tous les pays de la région. Ils commencent avec une première torsion du bras en éliminant ou en réduisant les dépenses publiques. Suit l'application du ‘shock’ en privatisant tous les biens publics, l'épargne des travailleurs accumulée pendant des décennies en quelques décrets. L'étape suivante est « la flexibilisation » de la relation entre les travailleurs et les patrons des entreprises qui réduit sensiblement les salaires.

 

L'application des ajustements est mise en place par des régimes « forts. » Ils doivent convaincre de gré ou de force que c'est pour le bien du pays qu'ils sont sacrifiés. Les mesures répressives vont de pair avec la résistance du peuple : Pinochet au Chili, Fujimori au Pérou, Salinas de Gortari au Mexique et tant d'autres... Au Panamá les ajustements du FMI ont favorisé les patrons du capital de façon extraordinaire. Dans les années 1970, 66% de la richesse produite dans le pays faisaient partie de la masse salariale des travailleurs. Au début du XXI° siècle, la relation s'était inversée, 66% de la richesse allaient aux patrons et seulement les 34% restant arrivaient aux travailleurs et à leur famille.

 

L'application des ajustements s'accompagne de promesses vides qui endorment les travailleurs pendant un certain temps. La promesse la plus populaire des Gouvernements des patrons est que la concentration des richesses entre les plus riches a une limite. L'accumulation de richesses débordera du verre et tombera comme une « pluie » pour profiter aux travailleurs et aux autres secteurs qui se sont appauvris. Cette promesse n'a jamais été réalité. Au contraire, la pauvreté devient de plus en plus intolérable et toute communication devient impossible entre les riches et les pauvres, entre les capitalistes et les travailleurs.

 

Au XXI° siècle, on a vu des explosions sociales dans toute la région suite aux politiques d'ajustement. L'Argentine l'a déjà expérimenté 2 fois. Le Pérou et l’Équateur aussi. En Haïti règne un Etat permanent d'insurrection et de répression. Ce que certains appelleraient un « résultat catastrophique. » A la fin du siècle dernier et au début de celui-ci, les mesures d'ah-justement (néolibéralisme) ont démontré qu'elles étaient inutiles. Elles ont permis aux patrons du capital de s'approprier plus de richesses en créant des personnalités qui possèdent des milliers de millions de dollars d'avoirs. Mais en même temps, en lançant dans l'abîme de la pauvreté des millions de travailleurs. La recette néolibérale a prouvé qu'elle est insoutenable.

 

Pour affronter le chaos provoqué par les Etats-Unis et le FMI en Amérique Latine, des Gouvernements démocratiques appelés « rosés » sont apparus : Chávez au Venezuela, Correa en Equateur, Kirchner en Argentine, Lula au Brésil, Zelaya au Honduras, des gouvernements issus de « fronts » au Nicaragua et au Salvador, qui ont présenté des programmes plus favorables aux travailleurs. Les oligarchies de ces pays se sont déclarées en état de guerre. Elles ont reçu le soutien de ce qu'ils appellent « la société civile » (classe moyenne haute) et des Etats-Unis. Dans de nombreux cas,la réaction a réussi. Dans d'autres, la résistance a réussi à arrêter les Etats-Unis (Venezuela, Bolivie) mais cela leur a coûté très cher.

 

Les Etats-Unis se sont lancés contre les slogans de Chávez, Lula, Kirchner, Evo et Correa qui proclamaient des changements et même dans certains cas, le socialisme (à la Bernie Sanders). Mais le FMI a rejeté l'idée de distribuer les richesses nationales de façon plus juste. Les récentes insurrections au Honduras,en Argentine, en Equateur et au Chili sont la preuve de l'échec des politiques qui appauvrissent les peuples. La seule formule qui peut réussi dans le pays de la région, c'est l'unité régionale. Seul un bloc peut affronter les puissances mondiales et ses instruments financiers.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.cubadebate.cu/especiales/2019/10/27/america-latina-en-llamas/#boletin20191027

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2019/10/amerique-latine-l-amerique-latine-en-flammes.html