Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Venezuela : La feuille de route pour harceler le Venezuela en 2020

12 Janvier 2020, 18:25pm

Publié par Bolivar Infos

 

Le premier rapport de l'ONU sur le Venezuela disait que la crise vénézuélienne était due à la guerre économique des Gouvernements des Etats-Unis et du Canada. 

 

L'expert indépendant en Droits de l'Homme Alfred de Zayas a publié en 2019 un article dans lequel il indiquait que l'utilisation des Droits de l'Homme comme arme a transformé le droit individuel et collectif à l'assistance, à la protection, au respect et à la solidarité basés sur notre dignité et l'égalité en un arsenal hostile aux concurrents et aux adversaires politiques.

 

De Zayas est l'expert qui a été envoyé par le Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies au Venezuela pour élaborer un rapport sur ce qu'on appelle la crise humanitaire que vit le pays. Ce rapport, loin d'avaliser le discours médiatique international des Etats-Unis, a montré une réalité bien différente. De Zayas a estimé que l'une des causes les plus importantes de la crise vénézuélienne était les sanctions unilatérales mises en place par les Gouvernements des Etats-Unis et du Canada. 

 

Il a estimé que les sanctions et les blocus économiques modernes sont comparables aux sièges médiévaux des villes destinés à les obliger à se rendre. Les sanctions du XXI° siècle sont destinées à mettre à genoux non seulement des villes mais des pays souverains. Une différence, peut-être, est que les sanctions du XXI° siècle sont accompagnées de la manipulation de l'opinion publique grâce à de « fausses informations », des relations publiques agressives et une rhétorique pseudo-humaine destinées à donner l'impression que « la fin » des Droits de l'Homme justifie les moyens criminels.

 

La publication de ce rapport a été retardée de presque 1 an par le Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies, dirigé à ce moment-là par le Jordanien Zeid Raad Hussein.

 

Des yeux seulement pour le Venezuela 

 

Le 4 juillet 2019, après avoir été invitée par le Gouvernement de Nicolás Maduro lui-même, Michelle Bachelet publie un rapport sur la situation des Droits de l'Homme dans le pays.

 

L'ex-présidente chilienne, en plus de ne pas prendre en compte le rapport de De Zayas, a avalisé un document qui omet la version des victimes de la violence provoquée par la droite en 2017, selon Caracas.

 

Mais ça n'est pas fini. Le 18 décembre 2019, tandis qu'au Chili, plus de 300 personnes étaient mutilées par les forces de sécurité de Sebastián Piñera et qu'en Bolivie, la dictature de Jeanine Áñez massacrait les partisans d'Evo Morales, la commissaire aux Droits de l'Homme, Michelle Bachelet, préférait se focaliser sur le Venezuela.

 

Le rapport présenté, connu sous le nom « d'Actualisation orale sur la situation des Droits de l'Homme en République Bolivarienne du Venezuela, » inclut une série de « préoccupations » qui, vues à travers le filtre de l'expérience, deviennent les axes autour desquels tournera la stratégie du « siège et de l'asphyxie » que les Etats-Unis appliqueront contre le pays bolivarien.

 

La guerre de l'or vénézuélien : blocus financier total du Venezuela 

 

Bachelet expose son inquiétude à cause de l’impact que l'extraction de l'or, des diamants, du coltan et d'autres métaux dans l'Arc Minier de l'Orénoque a sur la façon de vivre des peuples indigènes et sur l'environnement.

 

Les sanctions imposées par le Département du Trésor des Etats-Unis en mars 2019 à la compagnie minière d'Etat vénézuélienne et à son président Adrián Antonio Perdomo Mata précèdent cette consternation de la haute commissaire.

 

La secrétaire au Trésor des Etats-Unis, dans une manifestation d'inquiétude environnementale inhabituelle qu'elle n'a pas appliquée quand la British Petroleum a déversé 780 000 000 de litres de pétrole dans le Golfe du Mexique et affecté les côtes de Floride, de la Louisiane et de Cuba, a déclaré qu'ils allaient poursuivre agressivement ceux qui sont impliqués dans le commerce illégal et imprudent de l'or de Maduro qui contribue à cette crise financière, humanitaire et environnementale.

 

D'autre part, pour poursuivre dans les doubles standards, la commissaire aux Droits de l'Homme a exhorté le Gouvernement vénézuélien a « démanteler les groupes armés illégaux présents dans l'Arc Minier de l'Orénoque. » Nous espérons seulement que cela s'applique aux groupes paramilitaires récents qui ont attaqué un poste militaire au sud du Venezuela qui, selon la vice-présidente vénézuélienne et le ministre de la Communication, Jorge Rodríguez, reçoivent un entrainement dans « des camps paramilitaires parfaitement identifiés en Colombie » et jouissent de la collaboration du Gouvernement.

 

L'impunité pour les personnalités politiques emprisonnées

 

Le 15 décembre 1812, le libérateur Simón Bolívar a écrit un document – connu sous le nom de « Manifeste de Carthagène » - dans lequel il explique les causes de l'échec de la première tentative pour instaurer la République.

 

« … L'impunité des délits d'Etat commis … par nos natifs et implacables ennemis... A chaque conspiration succédait un pardon et à chaque pardon, succédait une autre conspiration qu'on pardonnait à nouveau... » écrivait Bolívar.

 

200 ans plus tard, Michelle Bachelet demande « la liberté totale pour le député Juan Requesens et pour les autres prisonniers politiques. » Juan Requesens qui a participé activement à la conspiration destinée à assassiner le président de la République le 4 août 2018.

 

Pendant ce temps, des organismes des Droits de l'Homme palestiniens dénonçaient le fait que « jusqu'en 2015, 700 enfants palestiniens avaient été arrêtés par Israël mais au début d’octobre 2017, ce chiffre a atteint les 4 000. Le régime de Tel Aviv a arrêté plus de 1 467 enfants en 2017 et 1 063 en 2018 et 118 ont été arrêtés dans les 2 premiers mois de 2019. » 95% de ces enfants ont été torturés dans les prisons israéliennes, selon ces organisations.

 

Des élections libres dans le pays le plus contrôlé du monde

Bachelet a estimé qu'il était crucial qu'aux « élections prévues en 2020 au Venezuela, on garantisse des élections libres, impartiales, crédibles, transparentes et pacifiques. » Une chose avec laquelle le Gouvernement de Nicolás Maduro, dont le parti a annoncé qu'il y aurait des élections législatives en 2020, est tout à fait d'accord.

 

Mais un secteur radical de la droite vénézuélienne dirigé par María Corina Machado continue à lancer des appels pour aller vers une sortie par la force de la situation politique au Venezuela.

 

Le silence absolu de Bachelet face au coup d'Etat contre Evo Morales en Bolivie ne semble pas très cohérent avec ses paroles sur plus de démocratie pour le Venezuela.

 

Les FAES dans la ligne de mire

 

Il est possible que le Bureau du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme n'ait jamais appelé à la dissolution du Mossad, des Navy Seals, ou de tant d'autres groupes d'opérations spéciales associés à l'OTAN impliqués dans des crimes contre l'humanité autour du monde.

 

Les raisons ? Il ne s'agit pas du Venezuela.

 

Bachelet affirme qu'elle a enregistré « de possibles exécutions extrajudiciaires commises par les Forces d'Action Spéciale de la Police Nationale – connues sous le nom de FAES – dans certains quartiers du pays » et sans avoir besoin de plus, elle recommande « la dissolution des FAES et de prévenir l'éventuelle commission d'exécutions extrajudiciaires. »

 

De plus, pour alimenter le dossier que le Tribunal Pénal International prétend présenter contre Nicolás Maduro, elle écrit une ligne qui n'a rien d'innocent : « Au contraire, les FAES ont reçu le soutien du Gouvernement au plus haut niveau. »

 

Bien que Bachelet en personne reconnaisse que le Ministère Public a envoyé des informations disant qu'entre août 2017 et mai 2019, on avait condamné « 104 membres des forces de sécurité pour violation des Droits de l'Homme, » le Gouvernement vénézuélien doit être beaucoup plus actif aussi bien au niveau de la procédure que de la communication s'il ne veut pas que cette ligne d'attaque contre le Venezuela devienne un prétexte pour agresser le pays.

 

Malheureusement, et étant donné le peu de force qu'a manifestée Bachelet pour s'occuper des très graves cas de violation des Droits de l'Homme au Chili, en Palestine, au Yemen, en Libye ou aux Etats-Unis – où des dizaines d'enfants d'Amérique Centrale ont été enlevés ou sont morts en étant sous la garde de la police de l'émigration étasunienne – nous ne pouvons estimer son actualisation que comme un outil de plus de la structure de Lawfare utilisée pour attaquer les Gouvernements opposés à la ligne de Washington.

 

Combien y aura-t-il de carabiniers inculpés au Chili pour la mutilation des yeux de plus de 300 personnes ?

 

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2020/01/10/venezuela-la-hoja-de-ruta-para-el-asedio-en-este-2020/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/01/venezuela-la-feuille-de-route-pour-harceler-le-venezuela-en-2020.html