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Cuba : Carburants : les gringos ferment les vannes et nous accusent ensuite

13 Février 2020, 19:28pm

Publié par Bolivar Infos

Les mesures d'agression non conventionnelles et sans précédent dans la pratique internationale, visant à priver Cuba de son approvisionnement en carburant, ont conduit à des situations extrêmement complexes qui ont un impact sur la vie quotidienne des citoyens et sur l'ensemble de l'économie

 

Auteur: Gladys Leidys Ramos Lopez | informacion@granmai.cu

11 février 2020 14:02:52

 

L’impatience se lisait sur tous les visages. Pas un sourire sur les dizaines et les dizaines de visages qui, à 3h20 ce lundi après-midi, attendaient leur tour à la station-service El Tangana, située à l’intersection de la rue 15 et du Malecon, le boulevard du Front de mer. La file d'attente de véhicules était longue. Malgré tout, l'ordre régnait.

 

« Ce n'est rien par rapport à ce que nous avons vécu vendredi et samedi derniers », signale Yaimara Machin Valera, qui est spécialiste commercial du ravitaillement en carburant à El Tangana.

 

Selon cette fonctionnaire, vendredi dernier, la station-service a reçu l'instruction de vendre une plus petite quantité d’essence, en raison de la disponibilité insuffisante de carburant.

 

Dans ces circonstances, explique-t-elle, la priorité a été donnée aux véhicules qui paient par carte magnétique, car le but est de protéger les activités de l'économie et certains services essentiels.

 

« La situation est difficile, mais nous ne pouvons pas nous décourager », signale Ricardo Leyva, venu acheter du carburant pour son véhicule. « C’est le blocus qui nous crée ce problème », ajoute-t-il, sans s’énerver.

 

Mais, selon Yaimara Machin Valera – les personnes que nous avons interrogées dans d'autres stations-service de la capitale sont aussi de cet avis –même si la cause principale du problème (le blocus économique) est claire, les gens ne le comprennent pas toujours, et vont même jusqu’à culpabiliser le personnel, voire les autorités à différents niveaux. Cependant, affirme-t-elle : « il n'y a pas eu d'incidents majeurs ici ».

 

« En ces temps de pénurie, nous expliquons aux clients que nous respections les instruction s», souligne Yosvani Valdés Salermo, chef de quart de la station service située à l'angle de l’Avenue G et de la rue 25. Ceci dit, nous estimons que l'argument devrait être plus précis, afin de dissiper les doutes et les malentendus.

 

Pour sa part, Yoel Miguel Pérez Ponce, chef de quart au centre de services La Rampa, a abordé la question différemment. Il a fait du dialogue un instrument contre l'opportunisme et la mauvaise foi « de deux ou trois personnes qui ont tenté de se servir du malaise logique des clients pour attribuer la responsabilité du problème à celui qui n’y est pour rien et, par là même, acquitter le vrai coupable (le gouvernement des États-Unis) ».

 

Il y a aussi eu des individus sans scrupules aux points de vente de Santa Catalina et Boyeros, et eux aussi en auront été pour leurs frais : ils ont reçu des réponses intelligentes et fermes de la part du personnel et d’un groupe de sportifs qui se trouvaient dans la file.

 

Le comportement des individus qui ont tenté de manipuler les clients des stations-service de La Rampa et de Santa Catalina y Boyeros semblait répondre à la logique perverse révélée dans le mémorandum secret du 6 avril 1960 du Département d'État étasunien, où l'intention de ce pays contre Cuba est manifeste.

 

Rappelons que ce document soulignait que « […] Le seul moyen prévisible de priver les dirigeants de la Révolution de leur assise est par le désenchantement et la désaffection basés sur l’insatisfaction et les difficultés économiques. […] Il faut mettre en pratique au plus vite tous les moyens possibles pour affaiblir la vie économique de Cuba. »

 

Les mesures d'agression non conventionnelles et sans précédent dans la pratique internationale, visant à priver Cuba de son approvisionnement en carburant, ont conduit à des situations complexes extrêmes qui ont un impact sur la vie quotidienne du citoyen et sur l'ensemble de l'économie.

 

Par exemple, sur cent Cubains qui utilisent chaque jour les transports publics, environ 30 sont privés de ce service en raison du manque de carburant, ce qui représente plus de 200 millions de passagers par an, comme l'a récemment fait remarquer le quotidien Granma.

 

Par ailleurs, la situation du transport de marchandises pour l'approvisionnement du réseau de magasins de détail et d'autres services est l'une des principales causes de la pénurie de produits demandés par la population, bien qu'ils soient disponibles à différents points d'expédition, à l'intérieur du pays comme à l’étranger.

 

Ce lundi après-midi – près de 60 ans après l’entrée en vigueur de ce blocus implacable –, alors qu'ils étaient témoins de l'impatience qui régnait devant les stations-service de La Havane, les journalistes de Granma ne pouvaient pas s’empêcher de penser aux expressions de confiance et de tranquillité que l’on aurait pu lire sur de nombreux visages dans les hôpitaux du pays, qui ne manqueront pas de cette ressource énergétique qui aujourd'hui fait défaut dans l'Île.

 

http://fr.granma.cu/cuba/2020-02-11/carburants-les-gringos-ferment-les-vannes-et-nous-accusent-ensuite