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Venezuela : Piètre Canada 

21 Février 2020, 17:58pm

Publié par Bolivar Infos

par Guy Roy

«La plus grande réalisation de la réunion du Groupe de Lima de l’an dernier (2019) à Ottawa a été une déclaration énergique affirmant qu’une force militaire extérieure, notamment des États-Unis, n’était pas une option pour déloger Nicolas Maduro du pouvoir, a rappelé M. Rowswell, ancien ambassadeur du Canada au Venezuela» (L'Actualité). Celui-ci travaille par contre toujours à démettre le président élu Nicolas Maduro comme le démontre son accueil chaleureux, mais complètement ignoré au Québec, de Juan Guaido à Ottawa dernièrement.

 

À la direction du Centre International du Canada, un tink tank inféodé aux États-Unis, M. Rowswell ne tarit pas d'éloges pour Guiado qu'il prétend être une solution à la résolution des problèmes du Venezuela alors que perdure l'ignoble blocus économique américain soutenu par l'ancienne ministre d'Affaires Mondiales Canada, Madame Freeland, délogée à la suite des élections par le ministre Champagne, qui a cessé depuis de réclamer plus de sanctions contre le peuple vénézuélien et son gouvernement légitime, celui du Parti Socialiste Unifié du Venezuela de Nicolas Maduro. Comme Québécois, est-il plus avisé qu'il n'y parait que Madame Freeland ?

 

Les menaces militaires des États-Unis rencontre donc l'opposition «énergique» du Canada et du Groupe de Lima, nous dit M. Rowswell. Empêtrés dans leurs contradictions, ces pays participent tout de même à la guerre économique, par sanctions interposées, contre le régime légitimement élu de Maduro. Leur tentative de gagner Cuba à cette opération, comme le planifie Rowswell, rencontrera sans doute un refus poli car ce pays répète qu'il est un allié inconditionnel de la révolution au Venezuela.

 

C'est donc en se faisant des illusions sur sa stratégie que le pauvre Canada «dirige» le Groupe de Lima. Disons que la volonté de donner une longue portée à cette stratégie risque de faire long feu devant les prétentions de régler la «crise humanitaire» avec un Guaido corrompu associé aux narcotraficants colombiens. Y a -t-il un avenir dans «l'aide humanitaire» du Canada qui devra entrer en concurrence avec la politique de souveraineté alimentaire soutenue par les paysans vénézuéliens qui prennent le pouvoir dans les communes instaurées par Chavez ?

 

Est-ce que la révolution bolivarienne a un ennemi raisonnable dans ce Canada prétendant offrir l'alternative du retour d'une bourgeoisie compradore au peuple vénézuélien ? Est-ce que le Canada continuera de se mettre à dos les pays qui supportent le Venezuela, et son président à la tête des Pays non-alignés, ou son échec n'est-elle pas plutôt prévisible s'il persévère à donner à sa stratégie de confinement du Venezuela une allure de long terme et de supposée «aide humanitaire» quand on sait quel sort a été réservé à la tentative des États-Unis eux-mêmes d'utiliser cette tactique pour venir à bout d'un régime dont l'armée reste fidèle aux frontières du pays ?

 

L'option militaire étant pratiquement écartée par le Groupe de Lima et le Canada pour éviter ce que Maduro promettait aux États-Unis comme accueil sur son territoire, un autre Vietnam, le Canada aura-t-il le choix de se retrancher vers des appels vains à la communauté internationale qui lui refusera sans doute le siège sollicité au Conseil de Sécurité pour le peu de souci qu'il a du droit des peuples à l'autodétermination y compris sur son propre territoire pour le Québec et les nations autochtones ?

 

Vraiment, comprendre l'attitude coloniale du Canada face au Venezuela comme le prolongement de ses politiques libérales intérieures, ne sera pas une très lourde tache pour le monde tel qu'il est devenu à l'ONU, après les luttes de libération nationale de l'ancien Tiers-Monde, en contradiction avec ce que les diplomates canadiens se l'imaginent toujours soumis aux impératifs de l'impérialisme. Ce sera une leçon de plus pour un Canada piteusement subalterne des États-Unis incapable d'une politique étrangère indépendante de ce pays dominant en déclin. Mais le réveil pourrait être brutal pour l'État canadien en mal d'influence internationale qui se traduira par une association avec la perte de prestige de son allié dégradé par les politiques de Donald Trump que Justin Trudeau n'ose pas affronter.

 

Envoyé par Guy Roy (guyroy.gr@videotron.ca) à partir du formulaire bolivarinfos.over-blog.com/contact accessible sur votre blog. 

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